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Daria Marx : « Écrire 'Tuer le vieux', c’est pour moi transformer une position de victime en position d’autrice » (Tuer le vieux)
Daria Marx (c) Flammarion Un choc émotionnel, un tour de force narratif : Tuer le vieux de Daria Marx, premier roman de son autrice, s'impose comme l'un des romans les plus remarquables de cette rentrée. Dans une trame resserrée, trépidantes, la narratrice qui doit enfin pouvoir porter plainte contre son grand-père qui, enfant, l'a violée apprend que son rendez-vous au commissariat a été annulé. Qu'à cela ne tienne, elle décide de prendre le premier train pour aller en découd

Johan Faerber
il y a 7 heures


Claire Tencin : A proximité des altérités (Des Chemins pour se perdre)
« Les années se troublent dans ma tête avec le flux et le reflux des nouveaux arrivants » La question des migrants à accueillir ou à renvoyer « chez eux »… est une question on ne peut plus explosive et arpentée en tous sens en ces temps pré-électoraux. Celle des migrants mineurs isolés n’est pas moins sensible. On peut lire articles et études à ce sujet. En octobre 2019, un documentaire était disponible à la télévision et mettait la lumière sur une association, en Alsace, Sa

Christiane Chaulet Achour
il y a 7 heures


Iris Brey : « Partager les expériences du corps féminin » (Une réponse)
Léo Boeglijn (c) LLL Il y a des livres qui racontent une expérience et d’autres qui déplacent, à partir d’elle, les coordonnées mêmes de nos existences. Avec Une réponse, Iris Brey écrit depuis un lieu où le désir cesse d’être une évidence pour devenir une question : que se passe-t-il lorsque, au moment même où une femme devient mère, une autre possibilité de sa vie affective et sexuelle se révèle à elle ? De ce déplacement, le livre en explore les résonances, les contradict

Simona Crippa
il y a 1 jour


Jennifer Tamas : « Questionner la nature du pouvoir, tel qu’il est envisagé par les hommes », (Barbe Bleue contre-enquête. Ce qui fait trembler les hommes)
Jennifer Tamas (c) Bénédicte Roscot/Le Seuil Il faut parfois revenir aux récits que nous croyons connaître pour mesurer à quel point nous avons appris à ne plus les lire. Avec Barbe Bleue contre-enquête, Jennifer Tamas rouvre le dossier d’un conte que des siècles de lecture ont enfermé dans une évidence morale : une femme curieuse, un interdit transgressé, des cadavres, un mari meurtrier. Mais que se passe-t-il lorsque l’on déplace le regard, lorsque l’on prête enfin attenti

Simona Crippa
il y a 2 jours


Julia Kerninon contre son épigraphe (La Dernière des Wilberforce)
Julia Kerninon (c) Dorian Prost/L'Iconoclaste Deux familles se retrouvent sur une presqu'île, dix ans après la noyade d'une adolescente et le suicide d'un garçon, le temps d'une fête qui tourne au règlement de comptes. Le nouveau roman de Julia Kerninon s'ouvre sur une phrase de William Feaver, selon laquelle la maîtrise du langage n'est atteinte qu'à la condition de savoir « reconnaître ce qui est implicite, et non seulement ce qui est dit » (p. 11). C'est à cette phrase qu

Charles Garatynski
il y a 2 jours


Lucie Rico : « Le livre est né de cette idée vertigineuse : parfois, pour retrouver sa mémoire, il faut sortir de la mémoire des autres » (Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?)
Lucie Rico (c) Editions POL Aussi magistral formellement que profondément émouvant : avec Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, Lucie Rico signe l'un des meilleurs romans de cette rentrée. Après les épatants Chant du poulet sous vide et GPS, Rico livre un récit inattendu : une jeune femme, Jennifer, chargée de retranscrire des comptes rendus de plans de licenciements, constate, suite à un incident informatique, qu'il manque des lettres à son clavier mais surtout un

Johan Faerber
il y a 3 jours


Isabelle Pandazopoulos : « De la tranquillité ? Moi je crois qu’ils ont surtout besoin d’avoir de quoi penser le monde qui les entoure ! » (Mordre l’orage)
Isabelle Pandazopoulos (c) Chloé Vollmer/Gallimard Fanny est documentaliste dans un collège à Argenteuil. Elle vit à Paris avec Guillaume, professeur dans le supérieur, et leur fille Bérénice qui passe son bac. Hadrien, l’aîné, a déjà quitté le foyer. Tout bascule quand elle reçoit des appels d’une notaire à propos de l’héritage de sa mère adoptive et qu’un incendie se déclare dans l’immeuble où sa fille passe la soirée chez une amie. C’est ce qui l’a fait mordre l’orage.

Cécile Vallée
il y a 3 jours


Gouzel Iakhina : Eisenstein, la révolution en montage (Eisen)
Gouzel Iakhina (c) Wiktoria Bosc La littérature au défi de la biographie de Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein (1898-1948). Après Dominique Fernandez[i],Gouzel Iakhina relève le gant avec brio. Née à Kazan capitale de la république du Tatarstan (Russie), l’écrivaine vit depuis 2023 à Almaty (Kazakhstan)[ii]. Après ses études de l’anglais et de l’allemand, elle obtient un diplôme de l'École de cinéma de Moscou et se spécialise dans l’écriture de scénarios. Le fil rouge est pate

Christophe Solioz
il y a 6 jours


La photographie en toutes lettres : l’exposition entre regard et mots
Claudine Doury, Artek, Le camp Kiparisini, Crimée ARTEK, 1994 Collection d’entreprise Neuflize OBC © Claudine Doury Cela faisait déjà de nombreuses années que j’avais lu, pour la première fois, un extrait de L’Usage de la photo d’Annie Ernaux et Marc Marie. Je me souviens de cette lecture comme d’un moment de faim insatiable. J’étais affamée des mots d’Ernaux, habitée par un besoin avide et irrépressible de me nourrir de cette écriture. Ce qui alimentait sans cesse ce besoin

Sara Durantini
il y a 6 jours


Anne Godard : « Je voulais utiliser la forme romanesque pour immerger les lecteur.ices dans la langue de l’inceste » (Nous aussi)
Anne Godard (c) Stéphan Gladieu/Actes Sud Avec Nous aussi, Anne Godard signe un des romans clefs de cette rentrée littéraire de la démasculinisation et des héritages au féminin. Pour ce très beau troisième roman qui parait chez Actes Sud, la romancière nous présente, à travers un "on" indéfini, une grande famille de la haute bourgeoisie qui, très liée, vit ensemble dans un immeuble du 5e arrondissement parisien. Mais derrière d'heureuses apparences se dévoilent autant de viol

Johan Faerber
2 sept.


Laura Kasischke : le ciel et l’eau en mille morceaux (Baignade surveillée)
Laura Kasischke © Francesca Mantovani /Éditions Gallimard La reine des fantômes, de la tension assourdie, dissèque un drame. Le 16 juillet 1961, Richie Manning se noie dans le grand bain puisque la corde le séparant du petit bassin n’a pas été tendue, que la maître-nageuse n’a rien vu, que les nageurs ont continué à barboter avec inconséquence. Dans chaque chapitre, elle examine à la loupe une esquille du décor, un personnage, un ressenti, comme si elle grossissait les détai

Cécile Péronnet
2 sept.


Emma Marsantes : « En suivant ces destins de femmes opprimées, j’ai réalisé combien, paradoxalement, le patriarcat a détruit les deux sexes » (N’efface pas mes cercles)
Eléonore Pironneau (c) Verdier Avec N'efface pas mes cercles, Emma Marsantes signe indéniablement l'un des plus puissants romans de cette rentrée littéraire et sans doute son récit le plus fort. A la manière d'une contre-saga fulgurante, la romancière propose une enquête sur le suicide d'Elsa, la mère de sa narratrice Mia, qui, un jour de 1980, renverse la morale et la chaise. Avec une rare fulgurance, Emma Marsantes explore l'héritage de cette culpabilité que le patriarcat s

Johan Faerber
1 sept.


Phoebe Hadjimarkos Clarke : « Les filets de sang sont des chemins » (Le Livre des souterrains)
Phoebe Hadjimarkos Clarke (c) Astrid di Crollalanza/Editions du sous-sol La rentrée littéraire 2026 signe un retour attendu : celui de Phoebe Hadjimarkos Clarke, autrice franco-américaine qui s'est fait remarquer en 2024, avec Aliène (Prix Livre Inter). Dans son nouveau roman, tout aussi halluciné que son précédent, la jeune autrice nous plonge dans un récit à peine moins dystopique qu'elle semblait le prévoir. * Nous entrons d'abord dans le roman comme dans une salle d

Apolline Limosino
1 sept.


Il faut démasculiniser la rentrée littéraire
Un an après La Maison vide, que reste-t-il pour celles et ceux qui restent ? Comment aborder, pour le public comme pour la profession, cette rentrée littéraire 2026 après ce splendide roman de Laurent Mauvignier, Goncourt 2025 vendu désormais à près d’un million d’exemplaires, qui, par effet de miroir, a peut-être laissé à son tour la maison littérature vide ? Comment se saisir ainsi des 461 romans francophones et étrangers qui paraissent en cette rentrée 2026 après un roman

Simona Crippa & Johan Faerber
31 août


Beata Umubyeyi Mairesse : Dépasser la honte (La solidarité des ébranlés)
Beata Umubyeyi Mairesse « Ce livre est aussi le récit d’un combat contre la honte, la mienne, celle des deux hommes sur la photo, celle d’un groupe de jeunes militantEs français rencontrés à l’orée de ma vie active. La honte, un sentiment si répandu que peut-être le connaissez-vous également ? » Le 4 juin 2024, le récit si marquant de la romancière franco-rwandaise était présenté dans Collateral. A cette rentrée de septembre 2026, c’est un tout autre récit qui vient nous sol

Christiane Chaulet Achour
31 août
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