top of page


Mariana Alves : « La loge est un croquemitaine qui brise les rêves de ceux qui osent à peine y croire» (La Classe et la fonction)
Janine Niepce (c) DR Tout commence par le cadre spatial, celui du 16e arrondissement parisien, dont la narratrice commence par décrire le luxe et le calme. Cependant, elle fait rapidement passer le regard des miroirs profonds à un lieu caché, invisibilisé : la loge du concierge. De courts chapitres, comme des poèmes en prose, parfois introduits par une sorte de titre en italique, racontent l’enfance de la « Grande petite » dans une de ces loges, et la vie de ses parents venu

Cécile Vallée
il y a 5 heures


Anne F. Garréta : savoir enchaîner, savoir adapter, savoir composer (DJ, Portrait de l’artiste en animale nocturne)
Anne F. Garréta et une amie (c) Anne F. Garréta Par-delà les clichés associés au métier de DJ, le nouveau livre d’Anne F. Garréta, intitulé DJ, Portrait de l’artiste en animale nocturne, donne à voir l’essence d’un art dont la littérature parle peu, et que l’autrice fut la première à utiliser dans Sphinx (1986) pour construire un personnage de roman. Aujourd’hui comme alors, la mémoire et l’expérience personnelle servent de fondement à l’écriture, mais selon deux modalités t

Anne Boquel
il y a 6 jours


Louisa Yousfi : « Je revendique le droit de disparaître dans le travail de la forme » (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) Anthony Francin/La Fabrique Avec La Grande méthode, Louisa Yousfi signe un livre important. Important par sa force narrative, celle qui permet de creuser au plus profond de soi pour interroger ce qui reste du père quand celui-ci vient à mourir. Un texte qui n’hésite pas à dissoudre toutes les frontières génériques pour venir sonder les régimes de vérité, les régimes de croyances et offrir une parole neuve qui cherche à situer où nous sommes. Occidentée, la v

Johan Faerber
2 juin


Olivier Smolders : Liberté et résistance : leçons d’une histoire belge (Horace Van Offel. Histoire d’une trahison)
Le nom d’Horace Van Offel (1876-1944) ne dit pas grand-chose au public français. Même en Belgique, il a été vite oublié, malgré son rôle dans un épisode capital de l’histoire politique et culturelle du pays. En 1940, pendant quatre mois, Van Offel fut en effet le rédacteur en chef du journal Le Soir, dit « Le Soir volé », organe de presse choisi par les Allemands comme outil de propagande de l’idéologie nazie (il n’y avait pas en Belgique d’équivalent de la NRF). Rapidement d

Jan Baetens
2 juin


Mohamed Kacimi : Genèse d’un parcours (Feu de Dieu)
« Grâce à Sartre, Naziha m’a sauvé de la solitude : je comprends alors que je ne suis pas le seul enfant à refuser de porter le fardeau de Dieu » (p. 193) Le récit qui vient d’être édité – chez Actes Sud comme de nombreux écrits de Kacimi – Feu de Dieu, est tout à fait singulier par sa matière et sa virtuosité d’écriture qui, à mon sens, en fait une de ses créations, en dehors de l’écriture théâtrale, la plus achevée. Au fil des pages, nous sommes tour à tour enchantés, subj

Christiane Chaulet Achour
1 juin


Grégoire Sourice : « Pour continuer à écrire sur le lotissement et faire exister autrement mes avatars sur Le Bon Coin, j’ai compris qu’il fallait aller vers le roman »(SecondeMain)
Grégoire Sourice (c) Adrien Bardi Aucun doute possible : avec SecondeMain, Grégoire Sourice ne signe pas seulement son premier roman mais l’un des romans les plus remarquables de l’année. Paru aux éditions José Corti, ce récit, bref, incisif et elliptique, raconte l’histoire singulière de HB, jeune étudiant revenu chez ses parents, qui retrouve un ami d’enfance qui poste sur un site de revente en ligne, Seconde Main, des objets de toute sorte. Magnétique et ambiguë, leur amit

Johan Faerber
19 mai


La prison de fer sombre au soleil d'une hérésie - Notes sur "Théorie du navigateur solitaire" de Gilles Grelet
Photo du compte Twitter de Gilles Grelet (c) DR Hors du commun La lecture de Théorie du navigateur solitaire m’a rendu moins seul. Non que ma vie soit dépeuplée, ni celle d’un célibataire. Mais me voilà moins seul à oser déclarer une certaine forme de non-appartenance au monde - alors que ne s’affirme aujourd’hui que le contraire : l’appartenance totale, à la Terre ou à la nation, à une identité ou un groupe socio-économique, leur description sociologique valant pour impérat

Frédéric Neyrat
19 mai


« Capturer les spectres : les voix fantômes de Sandra Moussempès » Chambre obscura (1994-2026) et Cassandre phonographiée
Sandra Moussempès (c) Corinne Salen Ce printemps, Sandra Moussempès fait paraître aux éditions MF son anthologie, Chambre obscura, une anthologie « augmentée », accompagnée d’une annexe sonore sous forme de QR code, Cassandre phonographiée, d’une préface écrite par la poétesse elle-même, et de six postfaces d’universitaires et d’auteurices. Retraçant trente-deux années d’un parcours poétique marqué par l’étrange et le sortilège, l’énigme et le non-dit, Chambre obscura a la pa

Sasha Auffret
13 mai


Camille Ruiz : « Lorsqu’on est assignée à la classe des femmes, on est d’abord une femme, et un chien est d’abord un chien » (Un chien arrive)
Camille Ruiz & Ziggy (c) José Corti Avec Un chien arrive, Camille Ruiz signe un des livres parmi les plus importants de ces dernières années. Paru aux éditions José Corti, ce livre se présente comme une enquête autour de Camille Ruiz et de son chien si singulier, Ziggy avec lequel elle tisse dans son quotidien brésilien un lien affectif très fort. Loin de se limiter à un exploration de la relation maîtresse-chien, cet essai, qui est aussi une prospection biographique, dévoil

Johan Faerber
12 mai


Penelope Lively : Kaléidoscopie existentielle (Moon Tiger)
Détail de couverture Moon Tiger © L’Olivier Claudia a soixante-seize ans et même si elle est hospitalisée et oscille entre veille et éveil, elle reste celle qu’elle a été par le passé – quoique cela recouvre plusieurs versions d’elle-même. Historienne anticonformiste, volontiers frondeuse, femme enveloppée d’un glacis de froideur caustique qui cache des souvenirs brûlants et un cœur qui a battu trop vite, trop fort. Voilà Claudia faite chair grâce à ses mots – la Claudia d’h

Cécile Péronnet
12 mai


Louisa Yousfi : De quelle méthode s’agit-il ? (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) La Fabrique Une gaouria au pays du père : « - Comment ressaisir les vieilles protections ? Les formules, les gestes, les rituels ? -Il faut les réinterpréter. Non pas les mimer, mais les réactiver ». Louisa Yousfi est journaliste et écrivaine. En 2022, elle a publié Rester barbare. En 2024-2025, elle a été pensionnaire à la Villa Médicis. D’où ce livre. Lorsqu’on consulte le site de son éditeur, on voit le nombre assez impressionnant de rencontres dans tout

Christiane Chaulet Achour
11 mai


Annemarie Schwarzenbach – ange rebelle
Annemarie Schwarzenbach (DR) Avec la publication simultanée d’un recueil d’essais et de quatre inédits relatant les séjours à Paris d’Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) entre 1928 et 1930, les éditions Payot mettent à l’honneur l’ange rebelle[1]. Cette heureuse initiative éditoriale est complétée par une bio graphique témoignant du vif intérêt que suscite tant l’œuvre que le parcours de la célèbre écrivaine et photographe helvétique. Précédemment, le travail de María Castre

Christophe Solioz
11 mai


Agathe Charnet : « Face à la maladie, face à la catastrophe, face au drame, pour retrouver la joie, il faut refaire sens » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel Agathe Charnet vient de publier son premier « roman », Peut-être le hasard aux éditions Les corps conducteurs. Dans ce récit - dont Cécile Vallée s’est fait l’écho pour Collatéral en mars dernier –, elle revient sur la fin de vie de sa mère, professeure de philosophie, fauchée trop jeune par un Alzheimer précoce. Non seulement, l’autrice redonne à Marie-Pierre toute sa place de mère et de femme, en revenant sur le parcours de combattantes qu’el

Delphine Edy
6 mai


Eliot Ruffel : « L’écriture est un moyen de me confronter à des choix qui s’imposent dans la narration quand il serait parfois difficile de les faire dans la vie » (Pilote automatique)
Eliot Ruffel (c) Patrice Normand/L'Olivier Une grande et forte réussite : tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour qualifier le second roman d’Eliot Ruffel, Pilote automatique qui vient de paraître à L’Olivier. Après le formidable Après ça qui fut l’un des temps forts de la rentrée 2024, Eliot Ruffel revient avec un récit qui sonde à nouveau le malaise conjoint de la masculinité et des jeunes adultes dans ce personnage d’Oscar. Employé comme livreur d’électroménager, l

Johan Faerber
15 avr.


à Hélène Perlant, une lettre de loin
(c) Jean-Michel Devésa Depuis quelque temps, entre nous, chère Hélène, il est beaucoup question de lettres. Et pas seulement parce que désormais nous habitons à mille deux cents kilomètres l’un de l’autre. Ces lettres auxquelles je fais allusion, ce sont celles, « volées », qui traînent sur les manteaux des cheminées et qui demeurent invisibles à la semblance de celle qu’a imaginée Edgar Allan Poe ( The Pulaned Letter , 1844) et du commentaire desquelles bien des psychanalys

Jean-Michel Devésa
15 avr.


Vitaliano Trevisan : De la littérature de chantier (Works)
Vitaliano Trevisan (c) Tiziana Cera Rosco S’il est rare que les esprits de géométrie soient fins, et que les esprits fins soient géomètres, il est des auteurs qui rassemblent, selon une grâce devenue peu courante, une manière d’y mêler le génie technique à l’observation de l’esprit du temps qui faisait, jadis le bonheur de certains esprits de la Renaissance italienne. Avec une longueur de retard sur celle-ci, l’oeuvre de Vitaliano Trevisan, Works, parue en 2016 chez Einaudi

Edouard de Montvalon
14 avr.


Pablo Gubitsch : Quand les mots photographient le réel (Quitter Forbach)
Pablo Gubitsch (c) Hippolyte Cail Quitter Forbach est l’œuvre d’un primo-romancier, né en 1998, que la présentation de l’éditeur résume parfaitement : « Pablo a quitté Forbach, une petite ville du bassin minier lorrain, en 2017. Ses notes sont au cœur de ce récit, dans lequel il tente de maintenir en vie un passé pas si lointain mais déjà disparu, fait d’anecdotes, d’excitation, d’histoires incomplètes, d’espoirs et de désillusions. » C’est aussi une œuvre qui en évoque de

Jan Baetens
14 avr.


Entretien avec Lénaïg Cariou : "Prendre langue"
Lénaïg Cariou (c) DR les dires de Lénaïg Cariou sont nés d’un projet d’entretiens radiophoniques, avant de devenir une série de poèmes conversationnels. Ils proposent de travailler la parole recueillie comme un matériau, de faire de la poète non pas seulement celle qui parle, mais celle qui écoute, et retranscrit. Dans la retranscription poétique, des paroles se perdent, d’autres se modifient : c’est un résidu de paroles, passées au crible de la mémoire. Des traces de dia

Raphaël Sigal
8 avr.


Ocean Vuong : Parce que « la vie est belle » (L’Empereur de la joie)
Ocean Vuong (c) DR Hai – la « mer » en vietnamien – est arrivé dans le Connecticut à deux ans. Désormais jeune homosexuel, aspirant écrivain, endeuillé de bientôt vingt ans, « au beau milieu de la nuit de l’enfance », il n’arrive pas à se passer de la douce torpeur promise par la « magie des comprimés » opioïdes-poison. Il pleure Noah, mort trop tôt, et sa mère dont il s’est éloigné par crainte de la décevoir une nouvelle fois. Celle qui travaille dans un salon de manucure d

Cécile Péronnet
8 avr.


Ismaël Jude : « La poésie, ce ne serait pas revenir à la nature. Ce serait revivre la séparation et essayer de venir à bout de la scission de notre langage avec la nature. »(Une vie de Jasmin)
Ismaël Jude (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Une vie de Jasmin, qui vient de paraître chez Verticales, Ismaël Jude signe un des plus beaux contes de printemps. Suivant Jasmine, fille-fleur, le récit se déploie, entre conte et fable, pour tracer la vie d'un personnage à fleur de peau, qui ne cesse de s'exposer à des métamorphoses au contact d'un monde qui peine à l'accueillir. Derrière le merveilleux de ce monde se donne à lire avec acuité une forte réflexion politique s

Johan Faerber
7 avr.
bottom of page