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  • Photo du rédacteurLa Rédaction

Collateral : quelques mots de présentation



Collateral est une revue culturelle née d’un constat brûlant sur les temps sombres que nous traversons. A l’heure où la catastrophe écologique apparaît désormais sans retour et à l’heure où s’opèrent des bascules politiques, économiques et sociales d’une brutalité inouïe, le temps n’est peut-être plus seulement aux dénonciations. Car sans doute notre temps critique sinon le temps de la critique ont-ils irrésistiblement changé en nous intimant, à notre tour, une profonde mutation. Désormais piégé dans un présent apparemment sans issue, notre temps n’est-il ainsi possiblement plus exclusivement voué aux condamnations des effondrements, aux réquisitoires contre les maltraitances et autres diatribes contre les violences qui nous condamnent. Peut-être le temps est-il venu où il ne s’agit plus uniquement de dénoncer mais bien plutôt d’énoncer. D’ouvrir la parole à l’action, d’ouvrir la pensée à la possibilité d’habiter le monde à nouveau et de le réinvestir par le déploiement de la culture. Se donner la chance d’inventer, pas à pas, une critique capable de tourner la page.

 

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Collateral est le nom que s’est ainsi trouvé naturellement cette revue afin de répondre à ce paradigme nouveau d’une énonciation et d’une critique actives. Car Collateral, c’est avant tout le nom qui recherche dans la culture un effet comme on parle d’effets collatéraux, à savoir autant de gestes qui, par la culture et depuis elle, appellent à transformer le monde. Collateral comme ce qui peut permettre de conjurer les dégâts de ce monde : un désir alors de venir frayer avec ce réel qui fait parfois défaut, un souhait de maintenir la littérature et les arts à hauteur de vie.

Collateral enfin qui, comme son étymon l’indique, se donne comme cet enfant encore inconnu de la critique, appartenant à la même famille en raison d’un auteur commun mais ne descendant pas les uns des autres. Collateral comme l’espoir d’une critique libre qui ne sombre pas dans la promotion commerciale et mondaine, qui s’invente au gré de l’histoire et de l’actualité et qui, comme tout effet collatéral, délaisse le centre pour effectuer des pas de côté, dessiner de nouvelles lignes théoriques avant d’ouvrir de nouveaux fronts de réflexion.

 

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Collateral aura donc pour vocation première de poser la littérature comme un acte social à hauteur de la vie des femmes et des hommes, et de tous ces autres que nous sommes. Mener la littérature au souci de nos existences, c'est peut-être renoncer à l'imaginaire romantique dont nous sommes encore les unes comme les uns irrémédiablement prisonniers. Et dès lors ouvrir à trois zones d’actions pour Collateral.

Tout d’abord, Collateral se présente chaque semaine comme une revue traitant de l’histoire culturelle, aussi bien de son actualité que de son acuité à raison de plusieurs articles du lundi au vendredi. Si Collateral rendra compte des parutions les plus récentes, la revue cherchera toujours à trouver la ligne collatérale de nos présents et de nos devenirs : celle qui pourrait faire effet dans le débat, qu’il s’agisse du débat littéraire, historique ou encore politique. Car littérature et politique sont au cœur de la réflexion de la revue mais non pour hurler sur tous les toits, et toujours plus facilement, que la littérature est politique. Il ne s’agira ainsi jamais de sombrer dans la facilité mondaine, souvent académique, d’une littérature politique qui n’est, à tous les coups, ni littéraire, ni politique. Où politique ne sera jamais ici le synonyme malingre, poussif et éditorialiste de polémique. Ou pire encore : de la littérature engagée à l’heure où même les emballages de betteraves au supermarché signalent que « Vos betteraves sont engagées pour la planète ». Littérature est bien plus ou bien moins que politique. Littérature et politique afin de s’interroger ensemble comment, du formalisme le plus radical au roman le plus débonnaire formellement, on peut faire politiquement de la littérature.

A ce titre, sous la forme d’un dossier mensuel nourri de lignes hebdomadaires de recherche, de questionnements et d’investigations, Collateral tirera un fil critique qui aura vocation à interagir sous la forme de grands entretiens mais aussi de dialogues entre les différentes œuvres ou les différents intervenants. Pour en rechercher l’effet. Avec, tous les dimanches à 18h, un édito qui dévoilera les enjeux pour la semaine à venir.

La deuxième zone d’effet collatéral consiste à trouver de nouvelles formes pour œuvrer à la critique. La faire sortir de l’espace simplement numérique pour trouver une nouvelle manière de dialoguer. Collateral se fera ainsi agrégateur de pratiques, à savoir hébergeur de débats singuliers où la parole est donnée aux autrices et aux auteurs. Dans Collateral, il y a toujours plus d’effets collatéraux, à commencer par le Podcast, Cracker l’époque qui, tous les jeudis à 18h, interroge l’époque et sa complexité en tendant le micro à une écrivaine, un écrivain. Poser la culture non comme une simple analyse politique mais comme un agir social. Collateral a aussi la vocation d’accueillir une autrice ou un auteur en résidence artistique chaque année sur le site lui-même. Collateral pourra ainsi dévoiler un texte en cours ou donnera l'occasion à l'écrivain d'intervenir sur un sujet que l'actualité réclame.

Enfin, la troisième et ultime zone d’effet collatéral, ce sera aussi un moment où la rédaction de Collateral quittera son bureau pour réinvestir des lieux d’échanges, de dialogues et de rencontres. A venir bientôt…

           

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Collateral, plus qu’un manifeste : des manifestations.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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