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Un chemin vers l’impossible : comment lire « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien ?
Thélyson Orélien (c) Cyril Dion/Grasset « L’affaire » Thélyson Orélien est désormais connue de toutes et tous. Une « affaire », parce qu’autour de C’était ça ou mourir se sont agrégés, en quelques jours, soupçons, accusations et emballements médiatiques, sur fond de campagne aux relents ouvertement racistes orchestrés par l’extrême droite. Jusqu’à l’éviction du roman de la sélection du Goncourt, au motif, qui reste à établir, qu’il aurait été écrit avec l’aide de l’IA. À

Charles Mouliès
il y a 14 heures


« Sois belle et tais-toi ! » ou faire image autrement
Sois belle et tais-toi (c) Films de la Butte Il y a des titres qui vieillissent mal. Et puis il y a ceux qui, à mesure que le temps passe, deviennent encore plus justes, même dans leur cruauté : Sois belle et tais-toi. Ce titre que Delphine Seyrig donne en 1976 à son film documentaire, appartient à cette seconde catégorie, il suffit aujourd’hui de le lire pour mesurer tout ce qu’il charrie de misogynie. Le cycle que le Forum des Images consacre à ce que le cinéma a fait — et

Simona Crippa
il y a 14 heures


Amandine Agić : « J’avais envie d’ajouter ma voix à celles de la petite internationale littéraire des diasporas yougoslaves et bosniennes » (D'un pays qui n'existe plus)
Amandine Agić (c) Marie Docher/L'Agency Avec D'un pays qui n'existe plus, Amandine Agić signe un des plus bouleversants premiers romans de cette rentrée littéraire. Paru aux éditions de l'Olivier, ce fort récit autobiographique dévoile l'histoire d'une jeune fille qui, issue de la seconde génération d'immigrés, née en France, raconte son expérience diffractée de la guerre en Ex-Yougoslavie dont dont père est issu. Être la descendante d'un pays démantelé et disloqué par la gue

Johan Faerber
il y a 4 jours


Fraternité, frères ? Petit additif à l’histoire française de la fraternité
« Je vous salue, patrie vietnamienne, patrie khmère, patrie laotienne, je vous salue frères et sœurs du Maroc, de la Tunisie, frères et sœurs d’Algérie… » Louis Aragon Discours au Congrès des peuples pour la paix, Vienne, décembre 1952 « Nous sommes tous des frères Gens de tous les pays » (Boris Vian, « Le Désereur », 1954, variante) En 2023, Alexandre de Vitry publiait aux éditions Gallimard une somme très érudite et passionnante dans certains de ses développements, L

Christiane Chaulet Achour
il y a 4 jours


Cracker l'époque : Marc Lazar
Que dit de notre démocratie le populisme qu’elle ne cesse de produire ? Le mot est partout : on le colle à Trump, à Mélenchon, à Le Pen, aux Gilets jaunes, sans jamais prendre le temps de le définir. Devenu une invective, il désigne pourtant une réalité bien concrète. D’où vient-il ? Que révèle-t-il de la manière dont on parle, en démocratie, au nom du peuple ? Dans cet épisode de Cracker l’époque, nous recevons Marc Lazar autour de son livre Pour l’amour du peuple. Histoir

Cracker l'époque
il y a 5 jours


Šeila Pohara : « Mon pays, la Yougoslavie, avait disparu, mais il nous restait nos histoires : il fallait les arracher à l’oubli » (Les Serments trahis)
Šeila Pohara (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Les Serments trahis, Šeila Pohara signe un premier fulgurant qui fait entendre une voix aussi rare qu'émouvante. Magistral roman autobiographique, Les Serments trahis raconte l'histoire d'une enfance heureuse dans la Sarajevo des années 80 avant que la Yougoslavie n'implose et ne laisse plus qu'un sillage de morts dont la famille de Šeila Pohara va connaître l'horreur continue. La guerre en Yougoslavie, largement oubliée ou

Johan Faerber
il y a 6 jours


La jeune création contemporaine à la recherche d’autres formes pour (se) raconter. Polyphonie du je(u)
Le récit de vie(s) s’est installé depuis quelques temps sur la scène théâtrale contemporaine, et la programmation de cette saison 2026-2027 s’inscrit dans cette lignée. Mais des variations, légères ou marquées, sont déjà perceptibles. Dans Casting Lear[1] qui a beaucoup fait parler de lui, la metteuse en scène Andrea Jiménez explore par exemple la relation père-fille au prisme du Roi Lear de Shakespeare, en dirigeant à chaque représentation un acteur différent qu’elle ne conn

Delphine Edy
il y a 6 jours


Elaine Mokhtefi (1928- 2026) : Un parcours d’exception
On apprend avec une immense tristesse le décès d’Elaine Mokhtefi à l’hôpital Mount Sinaî de New York, le 11 septembre 2026. Celle qui s’apprêtait à retourner en Algérie le 10 octobre ne pourra y aller, celle qui chérissait ces retours n’est plus là. On a beau se dire que mourir à 98 ans est dans l’ordre des choses, on ne peut accepter une disparition qui prive d’une vie exceptionnelle et d’une mémoire invisibilisée. Le 14 septembre 2026, El Moudjahid, quotidien national algé

Christiane Chaulet Achour
il y a 7 jours


Lilia Hassaine : « Une histoire d’hier. Une histoire d’aujourd’hui. » (Je)
Lila Hassaine (c) Cyril Dion/Gallimard Ce nouveau roman de Lilia Hallaine est un exemple magistral de ce que peut apporter une lecture actualisante d’un classique. Cette réécriture de La Prisonnière des sargasses (1966) de Jean Rhys, transfictionnalité de Jane Eyre, apporte, en effet, un éclairage contemporain sur le mécanisme de l’emprise masculine et le contexte colonial, tout en élaborant une intrigue romanesque réussie. « Chacune m’a regardée depuis son époque. Chacune s

Cécile Vallée
il y a 7 jours


Adèle Haenel : Prendre place, ouvrir l'espace, donner de la voix (Viser juste)
Elle prend place dans le fauteuil du présentateur télé. Elle s'assied, et plonge son regard bleu dans le cadran de la caméra. Elle nous regarde. Elle prend une grande inspiration, une deuxième, puis se lance dans la lecture du texte qu'elle a confié à la personne qui s'occupe du prompteur, juste avant l'émission. « Tu as pris une décision, cette fois-ci tu vas parler. » Et l'actrice de théâtre, en grève de l'industrie cinématographique, lentement, sans perdre des yeux sa cibl

Juliette Riedler
21 sept.


Emmanuelle Lambert : « Ma conscientisation féministe est venue progressivement à partir de souffrances de femmes que j’aimais » (La Meilleure)
Emmanuelle Lambert (c) Stock Si beau et si sensible : tels sont les mots qui viennent à l'esprit après avoir refermé le nouveau récit d'Emmanuelle Lambert, La Meilleure qui, en cette rentrée, paraît à La Maindonne. A partir d'archives photographiques personnelles, l'autrice sonde avec empathie et pudeur le lien affectif encore actif qui la lie à Maïra, sa meilleure amie. "La Meilleure", qui fournit par ailleurs littéralement l'un des meilleurs titres de cette rentrée, présent

Johan Faerber
21 sept.


Un modeste hommage, un portrait infini de Mireille Calle-Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) Droits réservés C’est Bernard Alazet qui m’a conduite jusqu’à Mireille. J’étais à la moitié de mon doctorat en littérature au Brésil, sur le point de partir à Paris avec une bourse afin de poursuivre mes recherches sur l’œuvre de Marguerite Duras. C’était une période sombre pour notre pays, avec un gouvernement de droite, réactionnaire, violent et hostile à la science, à l’enseignement, aux arts et aux universités. De nombreuses bourses d’études av

Isabela Bosi
18 sept.


La communauté aimante ou penser avec Mireille Calle-Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) Collection particulière/DR Lire, pour Mireille Calle-Gruber, ce serait un geste. Un geste à la fois ample et à chaque fois neuf, un geste qui se donne comme une puissance d’accueil, comme un souhait nu et premier où l’œuvre lue ne serait pas uniquement un texte, où l’œuvre deviendrait matière à lecture parce que l’œuvre apparaîtrait à chacun comme un don. Car lire, pour Mireille Calle-Gruber, ce serait peut-être le dévoilement de ce don, le geste pr

Johan Faerber
18 sept.


Tu étais belle et de gauche : pour Mireille Calle Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) DR Chère Mireille, Merveille qui rime, c’est facile, tu ne l’aurais pas utilisé, mais c’est ce que je pense de toi. Tu disparais, tout à coup, je t’avais écrit un mail, tu répondais toujours, tu m’avais laissée sans réponse. C’était bizarre, puis l’annonce de ta disparition, à la fin de l’été. Un choc. Difficile imaginer que ce corps-écriture n’était plus. Toi qui étais l’infinie littérature. Toi qui es d’abord apparue dans ma vie par tes é

Simona Crippa
18 sept.


Cracker l'époque : Olivier Neveux
Une nouvelle saison s'ouvre pour "Cracker l'époque", podcast des imaginaires politiques dont Collateral est l'heureux partenaire. Cette année, des changements : nouveau logo pour une nouvelle formule : un épisode par invité.e chaque semaine pour baliser en ces temps de changements les forces vives en présence. Premier invité de la saison : Olivier Neveux. Que peut le théâtre dans les mauvais temps nouveaux ? Face aux violences du monde, le théâtre peut sembler dérisoire.

Cracker l'époque
17 sept.


Elise Lespade : « Je voulais idéalement faire un objet littéraire qui se tienne à mi-chemin entre 'Top Gun' et Sophocle » (Paradisi Gloria)
Elise Lespade (c) Cyril Dion/ Le Cercle Ouvert Un premier roman en forme d'événement littéraire comme on en lit rarement : tels sont les mots qui viennent à l'esprit en achevant la lecture du magistral Paradisi Gloria d'Elise Lespade qui vient de paraître aux toutes nouvelles éditions du Cercle Ouvert. Grand texte, fort texte : en près de 800 pages, la romancière raconte notamment le destin romanesque d'Alexis de la Paz, orpheline qui fut major à Polytechnique, au destin puis

Johan Faerber
16 sept.


Marie-France Pisier, la mort en fuite
Qui se souvient de Marie-France Pisier ?... Pour les jeunes générations, elle semble s'effacer de la mémoire cinéma. Malgré son nom remonté à la surface en 2021, dix ans après sa mort, dans les pages de La Familia Grande. Récit-séisme de sa nièce Camille Kouchner, où l’actrice-réalisatrice-romancière réapparaît, héroïque. Elle est la seule à briser l’omerta dans un clan qui protège les viols perpétrés par Olivier Duhamel sur son beau-fils mineur. Courage payé au prix d'une gu

Benoit Gautier
16 sept.


Rachida Brakni : L’effacement (La Part absente)
Quel plaisir que la lecture de ce roman à l’écriture alerte et sans langue de bois, à l’inventivité si près de convictions qui n’enlèvent rien à la force de suggestion de l’écriture ! Une séquence historique que l’on veut oublier ou maquiller et une réalité sociologique à l’odeur de racisme dans la société française : oser parler de la guerre d’Algérie sans réserve sur le désir d’indépendance des Algériens, en choisissant la violence faite aux femmes et oser parler de la stig

Christiane Chaulet Achour
15 sept.


Blanche Leridon : Nos indécisions, nos infidélités, nos abandons (Nos inachèvements)
Blanche Leridon © Tony Trichanh Quiconque a lu Fragments d’un discours amoureux de Barthes lorsque l’ouvrage est sorti en 1977 (la nouveauté de la forme et le plaisir se sont émoussés avec le temps) se souvient avec ravissement de l’émerveillement provoqué par le texte : « Mais bien sûr », « C’est tout à fait cela », « Comment n’ai-je pas su mettre les mots sur ce sentiment ? ». Car Barthes formulait au plus juste et avec brio ce que nous avions tous, peu ou prou, ressenti d

Catherine Poisson
15 sept.


Célia Houdart : « J’ai souhaité qu’une érotique dicte la composition même du roman, la manière dont le réel et la fiction se tressent, se vivifient, s’excitent, font l’amour » (Notre-Dame-des-Anges)
Célia Houdart / Fondation Jan Michalski © Tonatiuh Ambrosetti Avec Notre-Dame-des-Anges, qui vient de paraître chez POL, Célia Houdart signe non seulement un des plus beaux romans de la rentrée mais confirme qu'elle est, depuis bientôt 20 ans, l'une des voix majeures de la littérature contemporaine française. Une voix rare et précieuse qui trouve ici une nouvelle inflexion, inédite, celle qui fait plonger la romancière dans des archives familiales, les 2332 lettres d'amour qu

Johan Faerber
14 sept.
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