Entretien avec Alexis Anne-Braun autour de "Galaxie du personnel"
- Clélie Millner

- il y a 4 minutes
- 12 min de lecture

Après deux romans, Ce qu’il aurait fallu dire (2020) et Le grand contournement (2022) publiés chez Fayard, Alexis Anne-Braun fait paraître un essai autothéorique chez Othello (une collection du Nouvel Attila), Galaxie du personnel. Le titre est une référence au nom du site (devenu depuis peu obsolète, il a été rebaptisé en 2025 Odyssée) qui concentre les données scientifiques des enseignants chercheurs en quête d’un poste et qui les informe de leur destin professionnel (auditions, refus…). La Galaxie du personnel, c’est bien sûr à la fois la périphrase parfaite d’un écrit à la première personne qui déploie par réseaux, autour des enjeux quotidiens de la fonction de chercheur, tout un univers singulier qui est celui de l’auteur.
Galaxie du personnel est presque revendiqué comme un livre d’autothéorie, pouvez-vous nous dire comment vous êtes venu à travailler à cette forme d’écriture, ce qui vous intéresse dans les démarches de Chris Kraus, Maggie Nelson et Jane Gallop auxquelles vous vous référez ?
J’ai d’abord rencontré Maggie Nelson. J’ai entendu son nom une première fois au cours d’une discussion avec une étudiante de l’université de Tulane alors que je faisais un voyage à la Nouvel-Orléans. Nous buvions un verre dans une grande maison en forme de cupcake qui donnait sur le golfe du Mexique. Je m’étais retrouvé là un peu par hasard, enivré par l’atmosphère du carnaval et par le sentiment d’être loin de chez moi. Le nom de Maggie Nelson a été prononcé sur un malentendu alors que j’expliquais à cette inconnue que je rédigeais une thèse sur le philosophe américain Nelson Goodman. En fait, ma première rencontre avec Maggie Nelson est une version de cette scène un peu grotesque dont j’analyse le scénario dans Galaxie du Personnel. Que répondre quand on nous adresse cette question « Vous travaillez sur quoi ? » « Qu’est-ce que vous cherchez ? ». Eh oui, qu’est-ce qu’on cherche quand on est chercheur ?
Maggie Nelson/Nelson Goodman. Évidemment, ce sont deux auteurs américains mais, à part ce Nelson qui pour l’un est un prénom et, pour l’autre, un nom de famille, ils ont peu de chose en commun. D’une certaine façon, cette Galaxie du Personnel tourne autour de cette homonymie étrange et comme extorqué. D’un côté la littérature, de l’autre côté la philosophie. D’un côté, la première personne, le « Je » de l’autothéorie et de la vie queer et de l’écriture féminine ; de l’autre côté le « Je » impersonnel et non-marqué de la philosophie, de la démonstration, d’un certain travail de la preuve. Deux codes de l’écriture que ce travail cherche à déstabiliser même s’il épouse plutôt, en fin de compte, celui de la littérature.
Jane Gallop, je l’ai rencontrée plus tard, en lisant Les Argonautes. Maggie Nelson assiste à une conférence de Jane Gallop au Graduate Center de CUNY au cours de laquelle on lui reproche d’avoir confondu une réflexion sur sa vie personnelle (et tout particulièrement sa grossesse et sa maternité), avec un discours social et cultivé sur les images et le pouvoir de la photographie. Cela s’apparente à une scène d’humiliation. Et nous sommes tous et toutes sujets à de telles scènes au sein de l’université. Ce qui est intéressant, c’est ce que cette scène nous dit aussi d’une certaine répudiation de la sphère de l’intime dans le discours universitaire, et cela alors même que Jane Gallop a été, dans les années 90, une grande théoricienne de l’écriture en première personne. La lecture de son essai Anecdotal Theory a été l’une de mes grandes découvertes théoriques ces dernières années.
De façon générale, ce qui m’intéresse dans les démarches de Chris Kraus, Jane Gallop ou Maggie Nelson, c’est cette écriture féminine très particulière : une écriture qui a côtoyé l’université, qui a soif de théorie (Kraus raconte, par exemple, son excitation d’ordre sexuel à lire de la théorie) et qui refuse d’être reléguée à la romance, au genre épistolaire, à l’anecdote. Cependant ces autrices n’abandonnent pas non plus ces stratégies discursives. On dirait qu’elles les retournent contre ceux, à l’intérieur des mondes académique et littéraire, qui les méprisent. Lecteur, j’avais plutôt été attiré par une littérature masculine, associée à une certaine modernité (Faulkner, Mann, Joyce, Melville, Bataille etc.) Tout à coup, je m’ouvrais au féminin, peut-être aussi à ma part féminine.
La seconde question découle de la première : comment ce goût de lecteur et de chercheur pour l’autothéorie vous a-t-il conduit à écrire un essai de ce type ? Quelle différence voyez-vous avec les deux romans que vous avez publiés et qui pourraient davantage se rapprocher de l’autofiction ?
J’ai écrit trois textes avant Galaxie du Personnel. L’approximation des choses est un carnet de voyage (en Corée du Sud, mais, en fait, il porte aussi sur tous mes autres voyages). Dans un carnet de voyage, c’est vrai, il est courant d’écrire « je ». Pourtant, j’avais mauvaise conscience à l’écrire et le texte est ponctué de réflexions d’ordre plus général sur la solitude, le tourisme, l’ennui. Dans ce texte j’essaye de distribuer le plus possible la parole et puis j’introduis des morceaux de fiction. A l’époque on m’avait d’ailleurs fait remarquer qu’il y avait comme un élan vers le roman qui n’était pas tout à fait assumé.
Ce qu’il aurait fallu dire est un journal qui suit mois après mois la vie d’un enseignant de philosophie dans un lycée de la Somme. Le texte est écrit en troisième personne, mais en effet, cela se rapproche de l’autofiction. C’était un livre dont le sujet et la forme se sont un peu imposés à moi. Chaque jour j’écrivais pour comprendre ce qui m’arrivait. Et puis, sachant qu’on tiendra un journal le soir, on accepte ce qui peut nous arriver de déplaisant, en anticipant déjà le plaisir qu’on aura plus tard à l’écrire. La première version du texte était d’ailleurs écrite en première personne, comme on écrit un journal sans penser à ses lecteurs. Puis, je suis passé à la troisième personne, j’ai transformé les noms, les histoires. En revanche, j’ai gardé les lieux, la géographie de la Somme. Au moment de la parution du livre, on me l’a beaucoup reproché. Les collègues du lycée où j’enseignais avaient eu l’impression que je salissais cette région ou que je m’appropriais une histoire qui n’était pas la mienne. C’était une leçon un peu douloureuse. Écrire c’est prendre le risque de blesser.
Alors, j’ai écrit Le Grand Contournement comme un roman, vraiment un roman, avec une multitude de personnages qui n’existent qu’au titre de ficta ou d’êtres de papier. Dans ce roman, le « je » est possiblement disséminé dans tous ces personnages, on l’entend peut-être dans le regard du narrateur, mais en fait, il est surtout absent. C’était aussi une façon de répondre à certains amis déçus de mon incapacité à sortir de la forme journal, de la forme carnet, de la forme personnelle. C’est difficile, en littérature, cette question de l’adresse. Pour qui écrit-on ? Qu’est-ce qu’on doit à ses lecteurs ? Comment les séduire ? Et comment se sert-on de l’écriture soi-même, pour toutes sortes de raisons, avouables et inavouables ?
Je dirais donc que ce dernier texte est le plus personnel, car j’y fais un usage tout à fait assumé de la première personne. J’ai eu un plaisir formidable à écrire des phrases à la tournure aussi simple et claire que « je trouve que », « je pense que ». Peut-être est-ce un anglicisme, comme me l’avait fait remarquer un jour mon éditeur ? Il est certain que cette écriture s’est trouvée en lisant de l’autothéorie, en pratiquant cette phénoménologie de la petite fille bavarde. Par moment, je vois des ressemblances avec l’emploi du « je » dans les comédies de Stand-Up. « Ce matin, je marche dans la rue et je tombe sur… ». Même si l’autothéorie est plus énervée et s’écrit depuis une autre scène : celle du trauma, de la fragilité de la vie, des difficultés de la réalité.
En vous lisant, je me suis demandé, si à travers le prisme du quotidien de l’enseignant chercheur et de ses questionnements, vous n’interrogiez pas en réalité de façon plus ample la place du travail dans la société et dans la vie de l’individu. Dans quelle mesure penser votre expérience peut-il servir d’« étude de cas » à cette problématique bien plus vaste ?
Vous avez raison, et j’aime bien l’expression d’ « étude de cas » que vous utilisez, car cela me fait penser à Chris Kraus qui, dans son texte I love Dick, explique qu’elle veut faire de sa relation amoureuse avec Dick, une étude de cas pour penser le régime de l’hétérosexualité en général. Lorsque je détaille, par exemple, mon emploi du temps, ou mes frustrations, il m’arrivait de me demander : « Mais au fond, quelle différence avec d’autres métiers ? ». On a tous besoin d’excitation ou de repos ou de reconnaissance, ou de sens. On est agacé de répondre à des mails, agacé de faire des budgets, d’écrire des lettres de recommandation…en bref, de faire toutes ces autres choses qui ne tombent pas exactement dans la définition de notre vocation : écrire ou chercher (mettez à la place de chercher ce que vous voulez : jouer, soigner, cuisiner, transporter, réparer, construire). Cette structure du plutôt que…envahit toutes les sphères professionnelles et pas seulement celle du chercheur. L’épidémie de covid a été aussi un moment intéressant pour penser ma relation au travail. Je pouvais continuer à exercer mon activité, comme si rien n’avait changé ou presque : lire, écrire, enseigner. Est-ce que cela voulait dire que ma vie était déjà confinée ? Et comment est-ce que je me situais vis-à-vis des autres qui d’un coup avaient la même vie que moi, ou presque ? Est-ce qu’ils allaient m’envier ou me plaindre ? Toutefois, tout est dans ce « ou presque ». Ce qui m’a également intéressé, c’est d’analyser cette profession-vocation de chercheur dans sa profondeur historique, disons. Par exemple, quand on étudie l’emploi du temps de Barthes, on se rend compte que le métier a changé, ou le monde. Ce qui revient au fond à la même chose. Barthes pouvait consacrer presque quatre ou cinq heures par jour à ses « dossiers », c’est-à-dire à lire et à écrire. Le reste du temps, il le consacre à l’amitié et à la mondanité. C’est hallucinant, en vérité. Son problème, c’est le même que celui qu’entrevoit Proust : la monde ou l’écriture. En un sens, cela reste un problème pour le chercheur aujourd’hui. Seulement, ce n’est pas le même monde, et pas la même écriture. Cette opposition le monde ou l’écriture n’a pas la même connotation bourgeoise. Aujourd’hui cela ressemble plus d’ailleurs à un « et » qu’à un « ou ». Par exemple faire la vaisselle et corriger trente copies. Barthes évoque par exemple la difficulté à se garer près de la Sorbonne, lorsqu’il s’agace contre les désordres du quotidien. Notre monde est plutôt fait de trajets de RER, de dossier d’évaluation, de canicules, de signatures électroniques, de sidération.
L’autothéorie – qui n’a pas de définition figée – est associée le plus souvent à une démarche politique, à une forme d’urgence à faire connaître des marges impensées de l’expérience, à faire entendre des voix peu écoutées. Comment votre livre, qui traite d’une existence qui ne peut être considérée comme marginale, se positionne-t-il dans ce cadre ?
La première lectrice de ce texte, qui était mon ancienne éditrice, m’avait dit que ça ressemblait à un livre de Maggie Nelson mais qui, au lieu de raconter sa grossesse et sa vie de famille avec une personne TRANS, aurait eu un problème administratif à gérer. Maggie Nelson qui doit refaire sa qualification, Maggie Nelson qui doit refaire son passeport. Cela peut sembler un peu embarrassant, formulé ainsi.
Vous avez raison, l’autothéorie est une écriture située. Ses formes les plus convaincantes se rattachent à une démarche politique de dénonciation et d’analyse de la violence, de l’institution et de la domination.
De ce point de vue, j’étais parfois mal à l’aise d’emprunter ses formes littéraires les plus identifiables (l’emploi de la première personne, l’utilisation des marges pour les citations etc.) pour raconter une existence qui n’avait rien de remarquable ni d’intéressant. Au point que je ne suis pas certain que l’on puisse véritablement classer ce texte dans le genre (mais y en a-t-il un ?) de l’autothéorie. D’ailleurs, je ne suis pas un transfuge de classe, je ne suis pas une personne racisée, ma vie n’est pas menacée et depuis que j’ai commencé d’écrire ce texte, j’ai même trouvé un poste à l’université. Heureusement que je suis pédé et que je suis juif et que j’ai connu, moi aussi, quelques scènes d’humiliation. Mais à prendre les choses ainsi, je pense qu’on embarque le genre de l’autothéorie dans un projet politique et littéraire un peu étrange.
D’ailleurs, la situation de l’autothéorie me paraît peut-être plus équivoque que celle que vous présentez : ses autrices et ses auteurs se trouvent dans une zone souvent incertaine, à la fois de pouvoir et de vulnérabilité, à l’intérieur de l’institution et sur ses bords. En vérité, on peut être dominé.es dans certaines situations et être dominant.es dans d’autres situations. Certains auteurs sont très conscients de ces situations socialement troubles et aussi, pour cette raison même, intéressantes sur le plan théorique et sur le plan littéraire. C’est la force des auto-analyses à la Pierre Bourdieu ou à laDidier Eribon. Dans le même genre, j’ai été fasciné par le livre de Claudia Rankine, une poétesse et essayiste américaine, qui décrit le racisme épistémique de la société états-unienne depuis son expérience d’universitaire célèbre qui voyage en classe affaire.
Le livre est très marqué d’une part par l’autodérision, les jeux d’ironie, et d’autre part par une sorte de métadiscursivité au carré : à l’autothéorie qui est déjà un genre réflexif, qui pense le geste de s’écrire, vous ajoutez une réflexion sur la démarche autothéorique elle-même. Est-ce une proposition pour alimenter ce « genre » en constitution ? pour le mettre en mouvement, l’interroger ? Ou encore pour contribuer à mettre en mouvement la définition même de la philosophie, son sérieux systémique, abstrait, éloigné du « personnel » ?
J’ai participé pendant la dernière phase d’écriture du texte à un groupe de réflexion en littérature sur l’autothéorie. Il y a eu des contagions, c’est évident, entre les lectures que je faisais et le texte que j’écrivais. Par exemple, cette réflexivité dont vous parlez est au départ de mon travail sur l’autothéorie, puisque j’avais consacré un article de philosophie au texte de Bourdieu, Esquisse d’une auto-analyse. Ce texte de Bourdieu ne relève pas de l’écriture féminine, mais il intègre un discours sur la réflexivité (qui est un concept important des sciences sociales) à un récit qui peut, par certains aspects, sembler anecdotique (la vie de l’internat, l’accent béarnais etc.). En revanche, je ne cherche pas à alimenter le genre ou à en proposer une définition. Je cherche plus à proposer un cadre au lecteur afin qu’il comprenne d’où part ce « je » de l’écriture.
Pour ce qui concerne la définition de la philosophie, c’est encore autre chose. D’abord les auteurs et les autrices qu’on associe le plus souvent à l’autothéorie n’entretiennent pas un rapport simple à la philosophie. Paul Preciado, par exemple, envisage de la décapiter dans Testo-junky. En même temps, il décrit aussi son texte et l’autothéorie en général, comme un « assemblage sans solution de continuités de réflexions philosophiques, récits de séances d’administration d’hormones, de registres détaillés de pratiques sexuelles »[1]. Maggie Nelson, de son côté, place la philosophie dans les marges de ses textes. Mais on ne peut qu’être frappé aussi par sa fascination pour Wittgenstein – qui n’est pas un philosophe qui s’exprime dans une écriture très personnelle et dont on ne sait, d’ailleurs, pas grand-chose de ses traumatismes, de pratiques sexuelles et de sa vie privée.
Il y a néanmoins un usage singulier du « je » dans les textes de Wittgenstein, un « je » de dialogues, de méditations. Il reste quelque chose de cet usage grammatical du « je » dans les textes de Maggie Nelson et dans Galaxie du personnel. C’est un « je » qui enchaîne des questions, donne des réponses provisoires et qui à la fin laisse toutes choses en l’état. Lorsque j’écris : « Est-ce qu’un déjeuner que je prends avec un collègue cesse de (ou se met à) compter comme du travail si je me mets à parler de notre séminaire commun ou de mes dernières découvertes intellectuelles ? Et que dire de la promenade que je fais pour me changer les idées, ou plutôt pour essayer de mettre en ordre le plan d’un article ou d’un ouvrage ? Est-ce que cela cesse d’être du travail si je m’arrête pour regarder un oiseau (ou un lapin dans la forêt de pins de la BNF) ? » - cette grammaire du « je » wittgensteinien revient. Je commente ce passage à dessein car s’il se déploie dans cette grammaire philosophique particulière qui a inspiré quelqu’un comme Maggie Nelson, il montre aussi quelque chose de mon effort pour mettre en mouvement dans ce texte, la définition de la philosophie, d’interroger ce qu’elle est, comment elle se fait, dans quelle situation il est question de la philosophie, d’en faire, d’en lire, d’en écrire.
Quelle est la dimension épistémologique de ce va-et-vient extrêmement varié, ces rencontres que vous opérez entre des considérations personnelles, anecdotes, quelques souvenirs d’enfance, des références à votre corpus de thèse, à des auteurs que vous affectionnez, des citations, mais aussi des passages très drôles sur la Thora ou Woody Allen ? Quel est l’objectif du portrait de cette « galaxie » ?
D’abord, je pense qu’il s’agissait de réunir des passions qui étaient devenues trop séparées. Lire de la philosophie analytique le jour, lire de la littérature américaine le soir. Écrire une thèse de philosophie, écrire un roman. Il fallait réunir tout ça et se mettre en quête d’une nouvelle façon d’écrire. Quand Barthes imagine écrire un roman, il parle de Vita Nuova. C’est par là que s’ouvre aussi Galaxie du Personnel. Je voulais trouver une nouvelle façon de dire « je » et aussi une nouvelle façon d’écrire, de lire et d’étudier.
J’avais aussi envie de passer des frontières (de genre, de médium, de style, de code). J’aime beaucoup lorsque le poète Wayne Koestenbaum dit qu’il a envie de baiser Adorno ou lorsque Maggie Nelson, dans un même paragraphe, évoque Wittgenstein et la sodomie. Je trouve ça évidemment très drôle. Toutefois, il ne faut pas se tromper. Il ne s’agit pas d’une satire façon Aristophane, mais plutôt d’une reconnaissance et d’une acceptation du fait que nous sommes des êtres compliqués, avec des désirs qui vont dans toutes les directions.

Alexis Anne-Braun, Galaxie du personnel, Othello, mai 2026, 18 euros, 192 pages
Note
[1] P. Preciado, Testo-junky, p. 12.

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