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Amina Damerdji : Dans la gueule du loup
« Peut-être était-ce cela même que j’étais allée chercher, un peu de lumière au fond de la haine » (p. 14) J’apprécie d’autant plus un livre qu’il me fait aussi dériver vers d’autres lectures. Dans la gueule du loup d’Amina Damerdji a eu cette vertu que j’aime par-dessus tout. Oui, bien sûr, elle écrit pour se délivrer, en quelque sorte, de sa soirée au château de Plieux avec Renaud Camus, le loup et sa cour de louveteaux. Mais pas seulement. Pour se délivrer aussi des fron

Christiane Chaulet Achour
2h


Addie E. Citchens : Satire à fleur de peau (Les Révérentes)
Addie E. Citchens © Britt Smith/Gallimard Le premier roman d’Addie E. Citchens, traduit par David Fauquemberg, s’ancre dans une ville fictive du Mississippi, Dominion, dont le nom annonce déjà ce qui suivra. Les premières pages donnent d’ailleurs le ton : l’histoire compilée de l’Église missionnaire baptiste des Sept Sceaux déborde d’anecdotes sarcastiques. Ici, les femmes se soumettent ; les hommes font plier ou rompent. Ici, le Verbe sert à justifier l’injustifiable ou peu

Cécile Péronnet
2h


Aïda N’Diaye : « L'absence de honte du pouvoir néo-libéral repose sur une croyance dans l’idéologie du mérite » (La Honte)
Aïda N'Diaye (c) Audoin Desforges/Flammarion Avec La Honte qui paraît chez Autrement dans la collection "Les Grands mots", Aïda N'Diaye signe l'un des essais majeurs de cette année. Un grand et fort texte sensible où la philosophe et productrice à France Culture choisit d'interroger ce sentiment en sondant sa mécanique et sa fabrique d'indicible et de silence. Emotion purement négative, la honte est ce qui retranche socialement mais devient aussi le ferment d'une liberté poss

Johan Faerber
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Christelle Taraud : La fabrique des victimes, le pouvoir des agresseurs (Mais pourquoi elle est pas partie avant ? #contrôle coercitif : une mise au point vitale)
Christelle Taraud (c) Capture d'écran/DR « Mais pourquoi elle est pas partie avant ? » La question revient comme une rumeur sourde, lancinante, à chaque fois qu’une femme est tuée par son conjoint ou son ex-compagnon. Elle se veut relever du bon sens — je l’ai malheureusement souvent entendue — elle est pourtant l’un des mécanismes les plus tenaces de la culpabilisation des victimes. Comme si partir était toujours possible, comme si les violences n’avaient pas précisément po

Simona Crippa
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Cracker l'époque : William Acker
Cette semaine dans Cracker l’époque, William Acker, juriste et militant antiraciste, retrace l’histoire de l’antitsiganisme à travers les siècles : comment les persécutions religieuses ont amené aux théories raciales puis au génocide durant la Seconde Guerre mondiale ; comment les catégorisations administratives, décidées par les législateurs, ont amené à des politiques de relégation, obligeant les Voyageurs à vivre sur des aires d’accueil implantées de façon systémique à pro

Cracker l'époque
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Pourquoi Christa Pike, condamnée à mort et exécutée, s’est réveillée et remise à parler ?
(c) capture d'écran Condamnée à mort, Christa Pike a été exécutée le 30 septembre 2026 dans une prison du Tennessee ; mais elle a survécu. De ce retour improbable de la maison des morts, il nous faut imaginer la cause : et si l’histoire de Christa Pike nous disait quelque chose de notre capacité individuelle et collective à survivre malgré tout ? À échapper à la violence d’État, à la cruauté - au pire ? Une enquête métaphysique. Il ne s’agit pour moi ni d’héroïser Christa P

Frédéric Neyrat
23 oct.


Cracker l'époque : Yanis Mhamdi
Cette semaine, Cracker l’époque reçoit Yanis Mhamdi pour une conversation autour de son documentaire Alice au pays des colons, sorti en salles le 22 avril 2026. Yanis Mhamdi, journaliste d’investigation, reporter et réalisateur à Blast, a choisi de documenter ce qu’il appelle la « colonisation du quotidien » à travers la lutte pacifiste de deux Palestiniens : Alice, qui affronte les colons et l’armée pour récupérer le terrain de sa famille, et Alaa, jeune homme d’un village

Cracker l'époque
22 oct.


Hawa Djabali, écrivaine algérienne (1949-2026) : Un féminisme dissident
« Lorsque j'écris une pièce, ou lorsque je la joue, je voudrais donner à penser.Lorsque j'écris un roman, je voudrais donner à vivre. Parce qu'une seule vie, une seule peau, c'est trop peu pour prendre vraiment sa place dans le monde ». Noirs jasmins, La Différence, 2013, p.162 Le décès de Hawa Djabali a été annoncé le 18 septembre 2026 à Béziers, à l’âge de 77 ans. Quelques mois auparavant, elle publiait, aux éditions du Canoë, un ouvrage regroupant différentes contrib

Christiane Chaulet Achour
21 oct.


Nicole Fernandez Ferrer : « Nous vivons dans une société hétéropatriarcale capitaliste et violente »
Capture d'écran des Insomuses Comment les femmes ont-elles repris la parole et la caméra pour échapper aux rôles que le cinéma leur assignait ? Au fil du cycle « Sois belle et tais-toi ! » qui se déroule au Forum des Images depuis le 15 septembre jusqu’au 1ernovembre, cette question traverse les films, les gestes de résistance et les imaginaires féministes. Nicole Fernandez Ferrer, présidente du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, œuvre à préserver ces images qui raconte

Simona Crippa
19 oct.


« Ce que le porno dit de nous » : 23 et 24 octobre 2026 (Sous nos regards)
Sous nos regards (c) DR La lecture de Sous nos regards. Récits de la violence pornographique m’avait bouleversée : livre choral, publié au Seuil en avril 2025, il est le résultat de l’écriture de quinze écrivaines qui ont recueilli et mis en mots les témoignages de femmes victimes des violences de l’industrie pornographique. Des récits singuliers qui donnent tous ensemble à voir un système de domination masculine et hétéronormative dont les agressions et viols se prolongent

Simona Crippa
19 oct.


Victoria Kaario : « Il s’agissait de regarder là où ça fait mal et de mettre en mot ce qui m’apparait comme le plus grand des bénéfices secondaires : le recul » (Mon œil)
© Aminata Beye Pour clore le cycle de ses entretiens de la rentrée littéraire, Collateral a choisi de mettre en avant l'un des premiers romans parmi les étonnants et sensibles de cette saison : Mon oeil de Victoria Kaario paru aux éditions Verdier. Récit d'expérience, récit d'expérimentation, Mon oeil débute sur le strabisme de la narratrice pour s'intéresser progressivement à ce qui ne nous regarde pas. Ou plutôt sur cette vie familiale qui regarde la narratrice : celle de l

Johan Faerber
16 oct.


Rachida Brakni, Akram Belkaïd : Prix littéraires de la Grande Mosquée de Paris
Le 13 octobre 2026, le jury des prix littéraies de la Grande Mosquée de Paris a décerné à Rachida Brakni le prix du meilleur roman pour La Part absente et à Akram Belkaïd ; le prix du meilleur essai pour Chroniques du Ramadhan. Pour rappel au cas où on n’aurait pas eu le temps de les lire… Le 15 septembre 2026, Collateral était au rendez-vous pour inciter à la lecture du second roman de Rachida Brakni, sous le titre « L’effacement (La Part absente) ». Deux projets y cohabite

Christiane Chaulet Achour
16 oct.


Jaakko Yli-Juonikas et l’administration du cerveau
© Sampo Korhonen Patient du CHU de Turku, Silvo Näre fait l’objet d’une enquête criminelle et entend Gereg Bryggman, une voix autoritaire présentée comme le véritable héros de son histoire. Neurologues compromis, policiers, parents, firmes pharmaceutiques et malades se croisent dans un récit de 229 chapitres dont le lecteur choisit parfois la suite. Paru en Finlande en 2012, Neuromaniac arrive pour la première fois en français dans une traduction de Sébastien Cagnoli et une

Charles Garatynski
16 oct.


Cracker l'époque : Mackenzy Bergile
Épisode exceptionnel avec Mackenzy Bergile, danseur, chorégraphe, pianiste et écrivain, enregistré en public le lundi 12 octobre, en partenariat avec le service culturel de l’Université Rennes 2, au Conservatoire de Rennes. Alors que l'université est bloquée et que le mouvement lycéen et étudiant se poursuit, nous avons tenu à maintenir cette rencontre. Parce que ces moments de mobilisation sont aussi des moments où il importe de continuer à penser, de discuter et d'ouvrir d

Cracker l'époque
15 oct.


Juliette Cordesse et Pauline Frachon : « Ramener le cinéma à une dimension collective » (Sois-belle et tais-toi !)
Qui a le pouvoir de faire image, de décider ce qui mérite d’être vu, conservé, canonisé et transmis ? Avec le cycle Sois belle et tais-toi !, le Forum des images interroge les rapports de pouvoir qui traversent les représentations des femmes et les gestes de résistance qui les déplacent. « Faire image autrement », c’est aussi l’un des enjeux de ce cycle, sur lequel je suis revenue dans un article il y a une quinzaine de jours. Afin de prolonger cette réflexion, il était impo

Simona Crippa
14 oct.


Pierre Adrian : « Ces souvenirs, je les raconte, parce que sans eux l’été n’existerait pas. Le mois d’août est mémoire. Il est le ressac du passé sur plages » (Le pays des étés)
Pierre Adrian (c) Francesca Mantovani/Gallimard Le personnage principal est la maison familiale du narrateur, celle de ses vacances en Bretagne. Elle était déjà au centre du récit Que reviennent ceux qui sont loin, publié en 2022, dans lequel le narrateur, trentenaire, racontait son retour en Bretagne après lui avoir préféré, pendant plusieurs étés, d’autres mers, d’autres lieux, pour fuir ce temps ritualisé des vacances estivales en famille. Pourtant, il se rend compte que

Cécile Vallée
14 oct.


Polina Panassenko : « Si vous n'allez pas chercher le membre de votre famille qui a disparu dans les camps, personne ne pourra le faire à votre place » (À voix haute)
Polina Panassenko (c) Patrice Normand/L'Olivier Grand et éclatant beau livre que livre Polina Panassenko avec À voix haute, son second roman qui paraît cette rentrée à L'Olivier. Comme un écho diffracté à son premier texte, Tenir sa langue, la romancière dévoile ici ce qu'il advient à sa narratrice qui revient à Moscou pour y étudier l'art théâtral. Mais rapidement ce retour mosovite va prendre un tour politique violent par lequel la jeune femme va être conduite à mener une e

Johan Faerber
13 oct.


Jean Sénac, ou l'Algérie comme blessure et comme promesse
Cent ans ; oui, c'est l'âge qu'aurait eu Jean Sénac s'il avait vécu jusqu'à nous, aujourd'hui. Mais il est mort à quarante-sept ans. Mort brutale, assassiné à coups de couteau dans sa cave de la rue Élisée-Reclus à Alger. Mort pauvre, marginalisé, abandonné. Pourtant, rares sont les poètes qui auront incarné à ce point ce que la poésie porte de plus sublime et de plus douloureux : la beauté et la blessure, l'amour et la révolte, le chant et le combat. Car il faut le dire d'e

Arezki Metref
13 oct.


L’écriture-jazz de James Baldwin
Hanny Fries, James Baldwin, stylo à bille sur papier sur carton, 17.3 x 12 cm., 1965 © Fondation Righini-Fries Zürich, DR James Baldwin (1924-1987) loin d’un conte de fées littéraire. Le centenaire de sa naissance permit d’honorer l’écrivain trop souvent présenté de manière réductrice comme militant noir du mouvement pour les droits civiques et figure de proue de la libération gay[1]. La poétesse et artiste contemporaine Harmony Holiday dénonce clairement : « il est presque

Christophe Solioz
12 oct.


"Cadavérée" de Jean-Michel Devésa
« Le passé n’est vivant que dans la mémoire » « L’élaboration de ce roman serait-elle aussi astringente que l’ingurgitation d’un tord-boyaux ? Son auteur serait-il promis à une cadavérisation en torsions et spasmes – un volvulus ? » (p. 44-45) Jean-Michel Devésa revient, à cette rentrée littéraire, avec une septième œuvre, Cadavérée, seconde publication chez l’éditeur Le Temps des cerises. Récit ? Essai ? Bien difficile à dire car il est impossible de le classer, comme s

Christiane Chaulet Achour
12 oct.
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