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Grégoire Sourice : « Pour continuer à écrire sur le lotissement et faire exister autrement mes avatars sur Le Bon Coin, j’ai compris qu’il fallait aller vers le roman »(SecondeMain)
Grégoire Sourice (c) Adrien Bardi Aucun doute possible : avec SecondeMain, Grégoire Sourice ne signe pas seulement son premier roman mais l’un des romans les plus remarquables de l’année. Paru aux éditions José Corti, ce récit, bref, incisif et elliptique, raconte l’histoire singulière de HB, jeune étudiant revenu chez ses parents, qui retrouve un ami d’enfance qui poste sur un site de revente en ligne, Seconde Main, des objets de toute sorte. Magnétique et ambiguë, leur amit

Johan Faerber
il y a 24 heures


La prison de fer sombre au soleil d'une hérésie - Notes sur "Théorie du navigateur solitaire" de Gilles Grelet
Photo du compte Twitter de Gilles Grelet (c) DR Hors du commun La lecture de Théorie du navigateur solitaire m’a rendu moins seul. Non que ma vie soit dépeuplée, ni celle d’un célibataire. Mais me voilà moins seul à oser déclarer une certaine forme de non-appartenance au monde - alors que ne s’affirme aujourd’hui que le contraire : l’appartenance totale, à la Terre ou à la nation, à une identité ou un groupe socio-économique, leur description sociologique valant pour impérat

Frédéric Neyrat
il y a 24 heures


Nan Marci : Un récitatif de la survie et de la tendresse (Le Bonheur vient d’en bas)
Nan Marci © site de l’autrice https://www.nanmarci.com « Outre un livre de poésie important, le Bonheur vient d’en bas donne l’impression d’être pris dans le processus d’invention d’une forme rare de subjectivité textuelle. Cette voix ne fait pas un reportage de la souffrance ni de la folie sociale. Elle ne les traite pas en décor ou en hashtag. Elle s’y heurte, s’y érafle, et de ces âpres contacts elle ouvre des béances dans leur matière d’où apparaissent des domaines respi

Federico Calle Jorda
il y a 2 jours


Sophie Fontanel : Le retour de la Sultane (Shéhérazade et la 602e nuit)
« Anahide n’avait rien fait d’autre avec moi que de m’ouvrir un destin […] Un livre, ça ne naît pas qu’à un endroit, ca naît d’une gerbe de concordances » (p. 253) Les Mille et une nuits sont un espace de création très particulier : le flou autour de leur naissance et de leur diffusion, leur construction précaire et fragmentée, leur résurrection par la traduction, par le rassemblement des textes et par leur voyage dans plusieurs langues expliquent, en partie, leur exception.

Christiane Chaulet Achour
il y a 2 jours


Cracker l'époque : Marc Crépon (épisode 2)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Marc Crépon, Philosophe, directeur de recherches au CNRS et auteur de Régression. Des temps sombres à venir publié début avril 2026 aux éditions Verdier. Nous avons cru certaines violences révolues. Elles reviennent : droits fragilisés, contre-pouvoirs attaqués, espaces critiques menacés. Ce que Marc Crépon appelle « régression » désigne une relégitimation progressive de la violence et de l’inacceptable. Faut-il s’y résigne

Cracker l'époque
il y a 6 jours


« Capturer les spectres : les voix fantômes de Sandra Moussempès » Chambre obscura (1994-2026) et Cassandre phonographiée
Sandra Moussempès (c) Corinne Salen Ce printemps, Sandra Moussempès fait paraître aux éditions MF son anthologie, Chambre obscura, une anthologie « augmentée », accompagnée d’une annexe sonore sous forme de QR code, Cassandre phonographiée, d’une préface écrite par la poétesse elle-même, et de six postfaces d’universitaires et d’auteurices. Retraçant trente-deux années d’un parcours poétique marqué par l’étrange et le sortilège, l’énigme et le non-dit, Chambre obscura a la pa

Sasha Auffret
il y a 7 jours


« Colette, une grande sœur » : Histoire d’une amitié
J’étais une enfant lorsque, par pur hasard, j’ai rencontré la voix de Colette parmi les nombreux livres de la bibliothèque de mon village, un petit bourg niché entre champs de blé et alignements de peupliers et de tilleuls, entre fontaniles et canaux, avec d’un côté le Pô et de l’autre le Monte Baldo. J’étais une enfant qui ne savait rien de Saint-Sauveur-en-Puisaye, de Châtillon-Coligny, de Rozven, et surtout rien de Paris. Et pourtant, ces noms, si lointains et apparemment

Sara Durantini
il y a 7 jours


Camille Ruiz : « Lorsqu’on est assignée à la classe des femmes, on est d’abord une femme, et un chien est d’abord un chien » (Un chien arrive)
Camille Ruiz & Ziggy (c) José Corti Avec Un chien arrive, Camille Ruiz signe un des livres parmi les plus importants de ces dernières années. Paru aux éditions José Corti, ce livre se présente comme une enquête autour de Camille Ruiz et de son chien si singulier, Ziggy avec lequel elle tisse dans son quotidien brésilien un lien affectif très fort. Loin de se limiter à un exploration de la relation maîtresse-chien, cet essai, qui est aussi une prospection biographique, dévoil

Johan Faerber
12 mai


Penelope Lively : Kaléidoscopie existentielle (Moon Tiger)
Détail de couverture Moon Tiger © L’Olivier Claudia a soixante-seize ans et même si elle est hospitalisée et oscille entre veille et éveil, elle reste celle qu’elle a été par le passé – quoique cela recouvre plusieurs versions d’elle-même. Historienne anticonformiste, volontiers frondeuse, femme enveloppée d’un glacis de froideur caustique qui cache des souvenirs brûlants et un cœur qui a battu trop vite, trop fort. Voilà Claudia faite chair grâce à ses mots – la Claudia d’h

Cécile Péronnet
12 mai


Louisa Yousfi : De quelle méthode s’agit-il ? (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) La Fabrique Une gaouria au pays du père : « - Comment ressaisir les vieilles protections ? Les formules, les gestes, les rituels ? -Il faut les réinterpréter. Non pas les mimer, mais les réactiver ». Louisa Yousfi est journaliste et écrivaine. En 2022, elle a publié Rester barbare. En 2024-2025, elle a été pensionnaire à la Villa Médicis. D’où ce livre. Lorsqu’on consulte le site de son éditeur, on voit le nombre assez impressionnant de rencontres dans tout

Christiane Chaulet Achour
11 mai


Annemarie Schwarzenbach – ange rebelle
Annemarie Schwarzenbach (DR) Avec la publication simultanée d’un recueil d’essais et de quatre inédits relatant les séjours à Paris d’Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) entre 1928 et 1930, les éditions Payot mettent à l’honneur l’ange rebelle[1]. Cette heureuse initiative éditoriale est complétée par une bio graphique témoignant du vif intérêt que suscite tant l’œuvre que le parcours de la célèbre écrivaine et photographe helvétique. Précédemment, le travail de María Castre

Christophe Solioz
11 mai


Cracker l'époque : Marc Crépon (épisode 1)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Marc Crépon, Philosophe, directeur de recherches au CNRS et auteur de Régression. Des temps sombres à venir publié début avril 2026 aux éditions Verdier. Nous avons cru certaines violences révolues. Elles reviennent : droits fragilisés, contre-pouvoirs attaqués, espaces critiques menacés. Ce que Marc Crépon appelle « régression » désigne une relégitimation progressive de la violence et de l’inacceptable. Faut-il s’y résign

Cracker l'époque
7 mai


Agathe Charnet : « Face à la maladie, face à la catastrophe, face au drame, pour retrouver la joie, il faut refaire sens » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel Agathe Charnet vient de publier son premier « roman », Peut-être le hasard aux éditions Les corps conducteurs. Dans ce récit - dont Cécile Vallée s’est fait l’écho pour Collatéral en mars dernier –, elle revient sur la fin de vie de sa mère, professeure de philosophie, fauchée trop jeune par un Alzheimer précoce. Non seulement, l’autrice redonne à Marie-Pierre toute sa place de mère et de femme, en revenant sur le parcours de combattantes qu’el

Delphine Edy
6 mai


Andrea Warner : « Les filles s’opposent aux pères, les travailleurs aux patrons, les femmes sont solidaires » (On ne laisse pas Bébé dans un coin)
Détail de couverture On ne laisse pas Bébé dans un coin © Hors d’Atteinte (Divulgation : j’ai revu le film Dirty Dancing d’Emile Ardolino avant de rédiger cette notice et bien m’en a fait car je serais autrement passée en partie à côté du texte de Warner). On ne saurait juger d’un livre par sa couverture ou par son titre, mais il est parfois difficile de ne pas tomber dans cette facilité. Ainsi en est-il du dernier livre de Andrea Warner, paru sous le titre The time of my

Catherine Poisson
6 mai


Marielle Hubert : « Mon livre est un lieu de recueillement puisque je ne sais pas s’il existe une tombe où aller déposer mon hommage » (Selon toi)
Marielle Hubert (c) Aurélie Foussard Beau et poignant : tels sont les mots qui viennet à l'esprit pour qualifier le troisième récit de Marielle Hubert, Selon toi qui vient de paraître chez POL. Après Ceux du noir et Il ne faut rien dire, la romancière propose ici de rendre hommage à Pascale Lemée, sa professeure de théâtre : Pascale l'aimée qui, vite, va lui offrir le goût des planches et de la plume. Soeur de Yann Lemée, le Yann Andréa de Duras, c'est aussi à l'oeuvre de Dur

Johan Faerber
5 mai


« Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein revisited »
Détail de couverture, Le Ravissement de Lol V. Stein © Simona Crippa Depuis quelques années, il me semble que des boucles de ma vie se bouclent. J’ai exploré d’abord ce que j’appellerais des champs d’intérêt partiels mais séparés de mon existence. Plus tard, mes périples se sont élargis à des zones plus larges qui se chevauchaient. À présent je me sens prise dans un flux ‘global’ qui se ramifie à nouveau vers des champs anciens, mais irrigués différemment. Tout au long de la

Elke de Rijcke
5 mai


Madeleine Pelletier féministe : la nuance à son radical
Madeleine Pelletier (c) DR Radical. Étymologie : racine. Madeleine Pelletier, dans son féminisme, retourne au radical de la pensée : elle l’enracine dans des prémisses rigoureuses et une finesse chirurgicale, en dépit de ce qui survit de sa réputation de fauteuse de trouble virago : la femme sera libre, ou ne sera pas. Loin d’être une misandre dégainant pistolets et canifs à toute occasion, elle se montre en réalité particulièrement critique et nuancée vis-à-vis du « féminis

Pauline de Toffoli
4 mai


Evelyne Trouillot : Le nom du père, l’origine occultée (Sara Sans-Souci)
Evelyne Trouillot (c) DR Que devient un nom quand nul ne le porte » (p. 24) « Quiconque arrive ici sait que cette vaste demeure fut construite au début du XIXe siècle, pour un roi noir et par des Noirs tout juste sortis de l’esclavage. Ainsi, le voyageur est vite déchiré entre le sentiment de désolation qui façonne le présent de Sans-Souci et la conscience furtive d’une gloire révolue. Il y a si peu à voir ici, et tant à deviner. Quiconque arrive ici arrive trop tard, lon

Christiane Chaulet Achour
4 mai


Cracker l'époque : Frédéric Keck (épisode 2)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Frédéric Keck, philosophe, anthropologue et directeur de recherche au CNRS. Il est l’auteur, avec Héloïse Chochois à l’illustration, de la bande dessinée Les animaux malades des humains. Au procès des zoonoses, publiée le 16 avril 2026 chez La Découverte-Delcourt. Visons, chauves-souris, poules, singes, rats et vaches y sont appelés à la barre pour répondre des crimes dont ils sont accusés : avoir transmis aux humains des mala

Cracker l'époque
30 avr.


Cracker l'époque : Chowra Makaremi (Festival Susurre)
Nouvel épisode enregistré en public le 26 avril 2026 à la Gaîté Lyrique, dans le cadre du festival Susurre. Au micro, Chowra Makaremi, anthropologue, dont le travail tient ensemble, avec une rare justesse, l’expérience intime de la violence et l’analyse des formes contemporaines du pouvoir. Elle a publié en septembre 2025 : Résistances affectives. Les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté (La Découverte). Elle défend une thèse pour le moins terrifia

Cracker l'époque
27 avr.
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