

L’Agonie des étoiles dans le ciel de Merzouga (Carnet de voyage dans le Sud marocain I)
(c) Jean-Michel Devesa Fin janvier, j’ai brièvement séjourné dans le Sud marocain avec un de mes (jeunes) parents, Guillaume Gauthier, un ethno-méthodologue et analyste conversationnel – élève de Lorenza Mondada –, en poste à l’université de Bâle. Au Maroc, chacun d’entre nous était déjà allé, à titre privé ou dans un cadre professionnel ; or, depuis une année, nous éprouvions l’un et l’autre le besoin de marcher dans le désert, Guillaume n’en avait jamais eu l’occasion et l

Jean-Michel Devésa
il y a 15 heures


Qu'est-ce qu'un souffle commun ? Une conversation entre Cyrille Martinez & Bruno Bonhoure
Une conversation sur le souffle commun qui animent Cyrille Martinez et Bruno Bonhoure : voilà qui permet de revenir sur les Enjeux contemporains à la faveur de l'une de ses dernières éditions qui s'interrogeait sur le "Faire Commun". Passionnant moment modéré par Sylvie Gouttebaron. A paraître en cette rentrée d'hiver, le nouveau récit de Cyrille Martinez : Cyrille Martinez, Comment habiller un garçon, Verticales, février 2026, 168 pages, 19,50 euros

Maison des écrivains et de la littérature
il y a 15 heures


Jonas Sollberger : « La fuite me fascine, peu importe ce qui nous fait fuir » (Viens Elie)
Jonas Sollberger (c) Zazzo/Minuit Aucun doute possible : avec Viens Elie, son premier roman qui paraît chez Minuit, Jonas Sollberger signe l'un des textes les plus puissants de cette rentrée d'hiver. La veille de partir pour le recrutement militaire, le jeune Elie s'aventure dans la forêt qui entoure la maison familiale avec son oiseau, Moïse. Mais l'oiseau s'enfuit. Il disparaît. Débute alors une recherche de plus en plus fiévreuse qui ressemble à une fuite avant. Roman poét

Johan Faerber
il y a 2 jours


Marwan Makhoul, la permanence du poème politique
Marwan Makhoul (c) DR Quatre vers avaient suffi à le faire connaître du monde entier : « Pour écrire une poésie qui ne soit pas politique / Il faut que j’entende le chant des oiseaux / et pour que je l’entende / il faut que le bombardier se taise ». Dans l’introduction à son anthologie de la poésie gazaouie publiée l’année dernière, le poète marocain Abdellatif Laâbi signalait à juste titre le « retentissement mondial » de ces vers qui ont fait l’objet de nombreuses repr

Khalid Lyamlahy
il y a 2 jours


Que faire des expositions ? Une conversation entre Thomas Schlesser & Dominique de Font-Réaulx
Dans le prolongement des Enjeux contemporains de ce mois de décembre 2025 organisés par Littératures sur Paroles et avant leur mise en ligne imminente, replongeons-nous dans une précédente édition des Enjeux au Vieux-Colombier avec une riche conversation entre Thomas Schlesser et Dominique de Font-Réaulx animée par Fransceca Isidori : alors que faire des expositions quand l'art n'est que mouvement ? Réponse ici.

Maison des écrivains et de la littérature
il y a 5 jours


Cracker l'époque : Candice Delmas (épisode 1)
Cette semaine nous avons le plaisir de recevoir Candice Delmas, philosophe et professeure à la Northeastern University (Boston), autrice de A Duty to Resist: When Disobedience Should Be Uncivil , livre traduit en français sous le titre Le droit de résister. Apologie de la désobéissance incivile (Éditions Hermann, 2022). Candice Delmas défend une thèse forte : dans certaines circonstances, désobéir n’est pas seulement un droit, mais un devoir. Et surtout, la désobéissance n’

Cracker l'époque
il y a 5 jours


Elvira Hernández : une poésie de la mesure à l'intersection des engagements (Tout ce qui vole n’est pas oiseau)
Elvira Hernández (c) DR Porte-parole de la résistance anti-Pinochet et autrice d’un recueil essentiel de poésie politique, cinglante critique de l’alibi nationaliste de la dictature, La bandera de Chile (« Le Drapeau du Chili », livre écrit en 1981, immédiatement après l’arrestation de l’écrivaine, et publié seulement dix ans plus tard), Elvira Hernández, née en 1951, n’est que la deuxième femme à avoir reçu le grand prix national de poésie de son pays. Jusqu’ici, son œuvre

Jan Baetens
il y a 7 jours


Lire la nature : Festival littéraire ce samedi et dimanche au musée de la Chasse et de la Nature
Collateral voulait consacrer son agenda à un festival d'ampleur qui reçoit parmi ses autrices et ses auteurs des voix que notre revue suit avec attention. En effet, pour sa 8e édition, Lire la Nature propose un week-end où littérature, sciences, art, théâtre et écologie dialoguent en liberté. Les 31 janvier et 1er février, la Fondation François Sommer ouvre gratuitement les portes du musée de la Chasse et de la Nature et convie le public à deux journées foisonnantes imaginé

La rédaction
il y a 7 jours


Rémi David, « Le droit ? elle le voyait comme un outil puissant pour repositionner l’humain à sa place : ni en dehors ni au-dessus de la nature et du vivant. Parmi. » (Prélude à la goutte d’eau)
Rémi David (c) Francesca Mantonvani/Gallimard Qualifié de thriller écologique par l’éditeur, ce roman est également dystopique et postcolonial. Si ces étiquettes permettent de se faire une idée de ses thématiques et de la tension narrative du récit, elles restent insuffisantes pour présenter ce roman dont les ondes continuent à se propager bien après la lecture. « Après l’été, c’était encore l’été. Début octobre, dans la savane parisienne, comme dans tout l’Hexagone, la cani

Cécile Vallée
27 janv.


Voyages au bout de la psyché. lx : variations & Ce qui m’a pris de Marcos Caramés-Blanco
Le jeune auteur Marcos Caramés - Blanco revient à Théâtre Ouvert en proposant deux spectacles radicaux et instables, des portraits fragiles et fragmentaires d’êtres fissurés, en prise avec une violence qu’il leur faut traverser pour mieux s’en affranchir. ***** En octobre dernier, sur la scène de la petite salle de Théâtre Ouvert, on avait quitté Alann et Valentin (un spectacle écrit à quatre mains avec Pauline Peyrade) sur cette citation du réalisateur Leos Carax : «

Delphine Edy
27 janv.


Judith Godrèche : Vigilance féministe. Sempre ! L’archive contre l’emprise (Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux)
Judith Godrèche (c) Jonas Bresnan « Je vais vous raconter une histoire décousue, celle d’une enfant qui s’en sort » (p. 11). Dès cette phrase, le ton est donné : Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux (Seuil 2026) ne suit pas une simple linéarité, il se déploie comme un fil à la fois fragile et tenace, que le lecteur doit saisir afin de recomposer l’écheveau complexe de ce récit. Car entre mémoire, défense et résistance, Judith Godrèche ne se contente pas de

Simona Crippa
26 janv.


Lamine Ammar-Khodja fait l’éloge du « GPS algérien »
« On a tous un Algérien en nous » dit Bun Hay Mean dans un sketch… « L’Algérien, c’est ce sentiment de se dire que… Cette soif de liberté en fait, qu’il y a un monde plus grand que nous, qui essaie de nous "écraser", nous exploiter et qui se dit, mais NON, viens, on se lève ». Todd Sheppard, préface Né en 1983 à Alger, Lamine Ammar-Khodja est venu en France en 2002. Plus connu comme cinéaste que comme auteur, il se lance dans l’écriture en éditant, conjointement aux éditi

Christiane Chaulet Achour
26 janv.


Mettre ou ne pas mettre en scène ? Une conversation entre Arthur Nauzyciel & Eric Pessan
Dans le prolongement des Enjeux contemporains du mois de décembre et avant la mise en ligne de ces rencontres placées sous le signe de "Reprendre la parole", retour sur l'édition qui se plaçait sous le signe de Transmettre avec une très belle conversation entre Arthur Nauzyciel et Eric Pessan animée par Wolfgang Asholt.

Maison des écrivains et de la littérature
23 janv.


Cracker l'époque : Marwan Mohammed
Épisode spécial enregistré en public à l’Université Rennes 2 le mardi 20 janvier 2026, dans le cadre des dix ans des Mardis de l’égalité, en partenariat avec le Service culturel de l’Université Rennes 2. À cette occasion, nous avons reçu le sociologue Marwan Mohammed pour un long entretien autour de son livre tout juste paru, C’était pas gagné ! De l’échec scolaire au CNRS, histoire d’une remontada (Éditions du Seuil, 2026). Dans cet épisode, nous retraçons le parcours de

Cracker l'époque
22 janv.


Jeanne Etelain : « La zone est une manière de diviser mais pour multiplier : composer l’espace en ménageant sa propre ouverture » (Zones)
Jeanne Etelain (C) DR Espace instable, lieu de passage, symptôme de crise et foyer d’invention : la « zone » est devenue l’un des mots clés de notre imaginaire contemporain. De Tarkovski aux ZAD, de la psychanalyse à l’écologie politique, cet entretien revient sur un essai philosophique qui fait de la zone un concept opératoire pour penser notre présent. Refusant la définition close, Jeanne Etelain propose une enquête transdisciplinaire sur ces espaces indéterminés qui déplac

Fabien Aviet
21 janv.


Matthias Zschokke : Un arrondi de l'infini (Pierre le Gris)
Matthias Zschokke (c) DR Nous connaissons tous le principe visuel nommé vase de Rubin. Popularisé notamment par les images d'Épinal, il s'agit d'un dessin en apparence évident – comme un vase –, mais qui en y regardant de plus près cache d'autres formes — par exemple des têtes de profil qui se regardent. Une fois ces nouvelles formes aperçues, elles prennent pour ainsi le devant de la scène de notre regard et le dessin initial n'est plus du tout aussi évident. Tel semble êt

Guillaume Augias
21 janv.


Alain Blottière : « En commençant par nous priver de ciel étoilé, Elon Musk, à dessein, prépare la fin de notre vie sur la terre voire notre extinction définitive » (Le ciel a disparu)
ALAIN BLOTTIERE ©Edouard_Monfrais-Albertini En 2026, dans une oasis égyptienne, par une nuit de pleine lune, un écrivain de soixante-quinze ans contemple le ciel étoilé lorsque le passage des satellites Starlink vient lui gâcher ce spectacle féerique. Il décide alors de tuer Elon Musk. Le récit de son projet alterne avec le commentaire qu’en fait son petit-fils adoptif, vingt-cinq ans plus tard. Au-delà du réquisitoire contre le milliardaire étatsunien, dont la dangerosité d

Cécile Vallée
20 janv.


Julia Lepère : « La poésie ne m’a jamais quittée mais il me fallait également créer de toutes pièces ce monde qui n’existait encore nulle part ailleurs » (La Mer et son double)
Julia Lepère (c) Astrid de Crollalanza./Editions du sous-sol Gothique, baroque et envoûtant : voilà des termes bien rares qui disent par leur force le véritable plaisir qui se manifeste après lecture du premier roman de Julia Lepère, La Mer et son double qui vient de paraître aux Editions du sous-sol. Si on connaît son autrice par sa poésie, ce récit se singularise par l’histoire conjointe d’une naufragée recueillie en haute mer sur un navire au moment même où vient d’y dispa

Johan Faerber
19 janv.


Rencontre autour de Frantz Fanon, Alger, décembre 2025
L’année de commémoration de la naissance de Fanon dans son île de Martinique en 1925 vient de se terminer. Les colloques, rencontres, mises en scène de ses textes, films, créations de toutes sortes ont été nombreux et la synthèse n’en est pas encore faite. Ses deux pays, de naissance, la Martinique, et d’adoption, l’Algérie, n’ont pas été en reste et leurs apports sont encore à connaître. Le média numérique Twala a choisi de commémorer, les 6 et 7 décembre 2025, le centenair

Faïka Medjahed
19 janv.


Filmer la musique : une conversation avec Bruno Monsaingeon
Comment filmer la musique ? Une question ardente qui se place au coeur de l'entretien que David Christoffel mène avec Bruno Montsaingeon. Une conversation des Enjeux Contemporains qui, en 2024, portaient sur la question de la transmission, et en particulier à l'pccasion de cet échange sur la transmission des films musicaux.

Maison des écrivains et de la littérature
16 janv.


Cracker l'époque : Agnès Giard (épisode 2)
Cette semaine nous avons le plaisir de recevoir Agnès Giard, anthropologue et journaliste, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage : Les amours artificielles au Japon: Flirts virtuels et fiancées imaginaires (Albin Michel) Au Japon, de plus en plus de personnes se déclarent en couple avec des personnages de fiction issus des mangas ou des jeux-vidéos. Loin d’être fous, ces « ficto-sexuels » tentent de réinventer l’amour en rejetant les rôles traditionnels associés

Cracker l'époque
15 janv.


Marion Quantin : « Je me suis offert la liberté de jouer avec la mort de mon père, de son vivant » (Ton Cadavre exquis)
Marion Quantin (c) DR/POL. Surprenant, provocateur et puissamment aimant : tels sont les mots qui viennent à l’esprit après la lecture du premier roman de Marion Quantin, Ton Cadavre exquis qui vient de paraître chez POL. Devant une table de travail en métal, une jeune femme cherche elle-même à embaumer le corps de son père mort. Dans une geste de la thanatopraxie se dévoile peu à peu un récit qui fait retour sur cette figure paternelle pour trouver à la fois l’histoire de ce

Johan Faerber
14 janv.


MM & BB : le miroir se souvient
MM & BB by Andy Warhol © IABG « Marilyn était pour partie une reine, pour partie une enfant misérable, parfois à genoux devant son propre corps, parfois au comble du désespoir à cause de lui. » Arthur Miller « La Reine Bardot se tient juste là où finirait la morale et, à partir de quoi la jungle serait ouverte, de l’amoralité amoureuse. Un pays d’où l’ennui chrétien est banni. » Marguerite Duras Casque d’or bleu blanc rouge et canicule blonde made in USA, Brigitte Bar

Benoit Gautier
14 janv.


Dahlia de la Cerda : « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c'est un homme qui l'a écrit» (Mexico Médée)
Dahlia de la Cerda (c) Editions du Sous Sol « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c'est un homme qui l'a écrit mais je peux encore changer mon présent, si c'est une femme qui écrit ce présent, et qu'elle m'aide à me racheter, qu'elle me donne de la profondeur, qu'elle me rend complexe avec mes erreurs mais aussi des vertus. » ( Mexico Médée ) C’est ce que propose Dahlia de la Cerda dans cette sorte de fanfiction féministe et mexicaine du mythe de Médée. On retrouve

Cécile Vallée
13 janv.


La commode comme catalyseur de fiction : Olivia Ruiz, Laurent Mauvignier
« Se taire et brûler de l’intérieur est la pire des punitions qu’on puisse s’infliger » Federico Garcia Lorca Dans leur édito du 5 janvier 2026 , Simona Crippa et Johan Faerber tracent les grandes lignes de ce qui leur apparaît comme des dominantes et des convergences des romans disponibles à cette rentrée d’hiver. Ils la mettent en écho avec « l’étonnante rentrée littéraire de septembre 2025 dont on n’a pas fini d’entendre parler ». Le prix Goncourt s’est imposé avec co

Christiane Chaulet Achour
13 janv.


Julien Viteau : « Être reconnaissable pour ce qu’on a écrit mais aussi ce qu’on n’a pas écrit, c’est quand même quelque chose, non ? » (Chiens)
Julien Viteau (c) Laurent Fiévet Assurément, une des très grandes et très fortes révélations de cette rentrée d’hiver : difficile de penser autrement après avoir lu le remarquable premier roman de Julien Viteau, Chiens qui vient de paraître chez Verdier. Dans un récit ramassé, à la voix incandescente, Viteau raconte l’été 1985, celui de ses quinze ans, l’adolescent qu’il fut dans un été au Touquet qui « sentait le chien mouillé ». Un récit autobiographique mais pas uniquement

Johan Faerber
12 janv.


Christelle Taraud : Une historienne sur les lieux du crime (Les Filles-au-diable)
Christelle Taraud (c) Charlotte Krebs/Le Seuil Afin de rédiger Les Filles -au-diable. Retrouver les « sorcières » de Steilneset, 1620-2022 (La Découverte, 2026), Christelle Taraud se rend à l’extrême nord de l’Europe, sur l’île de Vardø, dans le Finnmark norvégien, l’un des épicentres majeurs de la chasse aux « sorcières » en Europe moderne. Ce déplacement s’inscrit dans un paysage aujourd’hui marqué par le mémorial de Steilneset, ouvert en 2011, dernière œuvre monumentale

Simona Crippa
12 janv.


Qui a peur de la sororité ? Dialogue entre Lamia Berrada-Berca & Laure Gouraige
Pour ouvrir cette année 2026 et creuser le sillon de cette rentrée d'hiver, quoi de mieux que d'en tirer le fil sororal en revenant sur cette passionnante conversation entre Lamia Berrada-Berca et Laure Gouraige sur la sororité et les questions d'identité. Une conversation des Enjeux Contemporains sur le "Faire Commun" animée par Jean-Marc Moura.

Maison des écrivains et de la littérature
9 janv.


Cracker l'époque : Agnès Giard (épisode 1)
Cette semaine nous avons le plaisir de recevoir Agnès Giard, anthropologue et journaliste, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage : Les amours artificielles au Japon: Flirts virtuels et fiancées imaginaires (Albin Michel) Au Japon, de plus en plus de personnes se déclarent en couple avec des personnages de fiction issus des mangas ou des jeux-vidéos. Loin d’être fous, ces « ficto-sexuels » tentent de réinventer l’amour en rejetant les rôles traditionnels associés

Cracker l'époque
8 janv.


Théo Casciani : « Il me fallait ouvrir un univers parallèle pour pouvoir ausculter ce qui se cache derrière notre réalité » (Insula)
Théo Casciani (c) Jules Moskovtchenko/POL Aucun doute possible : avec Insula, Théo Casciani signe un des récits les plus puissants de cette rentrée d’hiver, et sans doute de ces dernières années. Après le remarquable Rétine, ce second roman propose un éblouissant et émouvant récit qui, dans un futur imminent dominé par l’extrême droite, voit l’apparition d’un curieux jeu de réalité virtuelle baptisé Insula. A cette enquête autour de la dimension nouvelle qu’offre ledit jeu se

Johan Faerber
7 janv.


Vincent Broqua, Anne Portugal : écrire en toute confluence (Et là je me mets en danseuse)
La critique d’un livre peut prendre les formes les plus variées : le compte rendu, avec ses doses variables d’analyse et d’empathie ; le dénigrement ou l’hommage, y compris sous forme de pastiche ; la continuation du texte sur d’autres modes, entre émulation (version haute) et plagiat (version basse). De fait, aucun livre n’existerait sans lecture préalable ; ni aucune lecture sans envie ou amorce d’écriture. Et là je me mets en danseuse , livre à quatre mains de Vincent B

Jan Baetens
7 janv.


Quand le poème outre-chante (Sur "Outrechanter" de Laure Gauthier)
Laure Gauthier (c) DR La tête tu sais n’est rien sans le CORPS Le serpent de bible a une VOIX La pensée est là pour dé-LIER Mais les chants, pas besoin d’y CROIRE sous la surface, apprends à VOIR outre-toi chante, c’est ça le SENS (Voix I, « Le serpent b. », Outrechanter , p. 66) Outrechanter , le dernier livre de poésie de Laure Gauthier, rassemble deux recueils, le terme des lamentations et le serpent b. . Les deux textes s’inscrivent dans la fente de l’histoire littér

Elke de Rijcke
6 janv.


Ham Nghi, le prince d'Annam déporté à El Biar, Alger
Ham Nghi dans son jardin à la villa d'El Biar Ham Nghi ans son jardin à la villa d'El Biar Ham Nghi, l’Empereur peintre d’El Biar Lorsqu’on déambule dans le silence feutré du Musée des Beaux-Arts de Hanoi, l’œil s’habitue aux délicates transparences de la peinture sur soie, berceau d’un art national. Les salles bruissent d’une mémoire subtile : les paravents, les rouleaux, les visages de femmes aux traits diaphanes. Et puis, soudain, une rupture. Une petite toile, intit

Arezki Metref
6 janv.


Pauline Peyrade : « Je ne voulais pas que l’écologie soit le sujet du livre, mais qu’elle le structure, qu’elle en soit la forme » (Les Habitantes)
Pauline Peyrade (c) Mathieu Zazzo/Editions de Minuit Beau et fort : voilà ce qui vient spontanément à l’esprit après avoir refermé Les Habitantes, le second roman de Pauline Peyrade qui vient de paraître aux Editions de Minuit. Après le fulgurant L’Âge de détruire, couronné par le Goncourt du premier roman et en parallèle d’une riche carrière dramaturgique, la jeune autrice signe un singulier et très riche récit, celui d’Emily qui, recluse et solitaire, vit dans la forêt en

Johan Faerber
5 janv.


Une rentrée rurale, intime et vocale pour rebattre les cartes du contemporain ?
Comment évoquer cette rentrée d’hiver 2026 qui des mois durant va nous occuper sans revenir avant tout sur l’étonnante rentrée littéraire de septembre 2025 dont on n’a pas fini d’entendre parler ? Comment débuter notre éditorial d’hiver sinon en faisant retour sur ces quatre courts mois qui, de mémoire de contemporain, ont été de loin le théâtre de l’une des rentrées littéraires parmi les plus resserrées ? De fait, comme rarement, la rentrée littéraire de septembre 25 a opér

Simona Crippa & Johan Faerber
5 janv.


Dire le viol de Méduse, relectures féministes d'un mythe fondateur
Collage féministe (c) DR « Il ne faut pas que le passé fasse l’avenir » Hélène Cixous, Le Rire de la Méduse Ces jours-ci, une séquence discursive qui a enflammé les réseaux sociaux révèle avec une acuité troublante la persistance des logiques de domination à l’œuvre dans le traitement des violences sexuelles. Vous savez de quoi il en retourne. Brigitte Macron qualifie, en privé, les féministes qui ont fait irruption dans la salle de spectacle où se produisait Ary Abittan, de

Simona Crippa
29 déc. 2025


Azélie Fayolle : « Faire de la lecture et de l’écriture des actes de dissidence » (Subvertir le male gaze)
Azélie Fayolle © Aude Boyer/@uzaigajin Après Des femmes et du style (Divergences, 2023), Azélie Fayolle poursuit une réflexion exigeante et stimulante sur les régimes de représentation qui structurent nos imaginaires littéraires. Dans Subvertir le male gaze (Divergences, 2025) elle propose une relecture ambitieuse d’un concept longtemps cantonné au champ cinématographique, en l’appliquant à la littérature. L’autrice traverse de larges corpus afin de mettre à jour les mécan

Simona Crippa
19 déc. 2025


Anna Cazenave Cambet : les mots mis en lumière de Constance Debré (Love Me Tender)
Love Me Tender (c) Tandem Films Cela commence dans l’eau, et cela se termine au soleil. Entre-temps, quelque chose sèche. Pour savoir ce que c’est, il va falloir à Clémence beaucoup de patience. Love Me Tender est beaucoup de choses. D’abord, c’est une chanson d’Elvis Presley, enregistrée en 1956, où le King promet : « Love me tender, love me true / All my dreams fulfilled / For my darling, I love you / And I always will ». Et puis, dès 2020, chez Flammarion, c’est u

Ivan Berquiez
19 déc. 2025


Cracker l'époque : Sébastien Charbonnier (épisode 2)
Cette semaine nous avons le plaisir de recevoir Sébastien Charbonnier à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage : La fabrique de l’enfance. Anthropologie de la comédie adulte (2025, Lundimatin) L’enfance est la catégorie la plus dominée, la plus violentée et pourtant la moins pensée comme rapport de pouvoir. Deux épisodes pour faire entendre les vérités politiques que portent les enfants, défaire la figure de l’Adulte, comprendre ce qui fonde les rapports sociaux lié

Cracker l'époque
18 déc. 2025


Kaouther Ben Hania : L’enfance en Palestine (La voix de Hind Rajab)
« Viens me chercher » La Palestine au cœur Rappelons-nous les propos de la romancière palestinienne, Suzanne El Kenz, en 2024 : « De toutes les façons, quand bien même le monde entier veut oublier la Palestine, elle rattrape tout le temps […] Est-ce une chance ou une malchance d’être Palestinienne ? Je fais avec. La Palestine, c’est le thym. C’est l’huile. C’est beau. C’est moche. C’est violent par moments, mais c’est comme cela. Ghaza surgit à chaque fois, revient en

Christiane Chaulet Achour
17 déc. 2025


Joe Dassin, le chant d’Orphée
Et je me souviens, je me souviens des marées hautes Du soleil et du bonheur qui passaient sur la mer Il y a une éternité, un siècle, il y a un an. Toto Cutugno, Vito Pallavicini/Claude Lemesle, Pierre Delanoë Dans la seconde moitié du XX e siècle, la télévision envahit en masse les maisons et la contamination des images fait son œuvre dans nos quotidiens, nos souvenirs. Aujourd’hui, l’écran devenu minuscule s’infiltre partout, vampirise nos cellules, pille notre âme. Le

Benoit Gautier
17 déc. 2025


Écrire une nouvelle histoire du corps féminin en scène
Henri Matisse - La Danse (1909-1910) vous verrez mon corps actuel voler en éclats et se ramasser sous dix mille aspects notoires un corps neuf [1] Il y a quelques jours je proposais une analyse critique d’ Un jour sans vent (Une Orestie) de Céleste Germe, dans laquelle la metteuse en scène nous offre une contre-plongée incandescente à la tragédie originelle et crée un dispositif théâtral poétique pour les voix trop longtemps silenciées des femmes. Et force est de const

Delphine Edy
16 déc. 2025


Mathilda Di Matteo : « Plus je creusais derrière les masques et les boucliers, plus je gagnais en profondeur de champ » (La Bonne Mère)
Mathilda Di Matteo (c) Marie Rouge Si la couverture acidulée annonce bien le rythme romanesque enlevé, les personnages désopilants et émouvants, le ton dynamique, percutant et drôle de ce premier roman de Mathilda Di Matteo, elle pourrait dérouter le lecteur qui ne voudrait pas seulement se divertir. Pourtant, ce roman, comme ceux présentés dans l’édito de cette rentrée littéraire, propose « une politique des mères, de la maternité et du matrimoine contre les violences pat

Cécile Vallée
16 déc. 2025


Charles Coustille : « Ce qui est le plus perturbant, c’est l’invasion de notre société par le vocabulaire du management » (Bilan de compétences)
Charles Coustille (c) Jean-François Paga/Grasset Enlevé, drôle, léger mais aussi profondément politique : impossible, à la veille de ces vacances de fin d'année, que vous ne lisiez pas l'excellent premier roman de Charles Coustille, Bilan de compétences qui vient de paraître chez Grasset. Au fin fond de la Seine-et-Marne, à Coulommiers, un jeune enseignant, Charles C, se prend de passion pour une collègue qu'il entreprend de séduire via les applications de rencontres en usant

Johan Faerber
15 déc. 2025


Une carte sensorielle de la vie (« Les mondes de Colette »)
Exposition Colette (c) Sara Durantini Colette échappe. Elle échappe aux définitions nettes comme aux étiquettes rassurantes. On dit que les catégories aident à s’orienter, mais Colette semble se dérober même à celles-ci. C’est peut-être précisément dans cette impossibilité de l’encadrer que nous pouvons aujourd’hui l’approcher, tenter de la recomposer en une figure entière, de la reconstruire à partir de ses mille reflets. Nous pouvons la lire sans plus de superstructures,

Sara Durantini
15 déc. 2025


Quel avenir pour les ruines ? Une conférence d'Alain Schnapp
Aujourd'hui, dans l'Observatoire, retour sur les Enjeux contemporains au Vieux Colombier avec une très belle conférfence d'Alain Schnapp sur les ruines : que faire des ruines ? Que faire de cette archéologie ? Comment transmettre ? Et surtout : quel avenir pour les ruines ?

Maison des écrivains et de la littérature
12 déc. 2025


Cracker l'époque : Sébastien Charbonnier (épisode 1)
Cette semaine nous avons le plaisir de recevoir Sébastien Charbonnier à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage : La fabrique de l’enfance. Anthropologie de la comédie adulte (2025, Lundimatin) L’enfance est la catégorie la plus dominée, la plus violentée et pourtant la moins pensée comme rapport de pouvoir. Deux épisodes pour faire entendre les vérités politiques que portent les enfants, défaire la figure de l’Adulte, comprendre ce qui fonde les rapports sociaux lié

Cracker l'époque
11 déc. 2025


Artémis n’a jamais chassé que les chasseurs
Artémis assise - Fresque de Pompeï (c) DR – Les hommes méprisent les animaux, après les avoir adorés – une véritable fascination : 90 % des dessins pariétaux sont des représentations d’animaux. – C’est prêt ! Si ma Dame veut bien se donner la peine… Pier s’est mis en quatre. Artémis lui sourit, s’installe. – Ils méprisent les animaux d’être restés des animaux. Ils leur en veulent de n’avoir pas cherché à sortir de leur condition, d’avoir accepté sans br

Sophie Loizeau
10 déc. 2025


Sophie Loizeau : "Ce que je souhaite, c'est que de plus en plus de terres soient mises à l'abri de toute prédation humaine"
Sophie Loizeau (c) Collection particulière Sophie Loizeau est poète, elle vit à Versailles. Son œuvre, constituée d’une quinzaine de livres, est marquée par la présence de la nature et des animaux qu’elle défend. Une nature qui fraye le fantastique et le mythologique, avec l’art sous toutes ses formes, avec le désir et la sexualité. Collateral vous propose d'ouvrir un dossier en deux temps : entretien et inédit de la poète autour de la question de la cause animale. Entretien,

Lorna Blum
10 déc. 2025


Un jour sans vent (Une Orestie) : Das Plateau brûle pour Eschyle et enflamme la scène d’une fièvre poétique
(c) Simon Gosselin Avec ce nouveau spectacle, Céleste Germe signe un geste esthétique fort, d’une actualité brûlante. En déplaçant notre regard sur les zones d’ombre de cette tragédie originelle, elle nous offre une contre-plongée incandescente et crée un dispositif théâtral poétique pour les voix trop longtemps silenciées des femmes. ****** Sur la scène du Théâtre Public de Montreuil, on dirait qu’un petit théâtre antique a été convoqué pour mieux être déplacé et réinv

Delphine Edy
9 déc. 2025














































