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Vivianne Perelmuter & Isabelle Ingold : La mémoire à vif (Les Recommencements)
Al Moon fume beaucoup, il est sans cesse en mouvement, parle, médite à voix haute, poursuit le fil de ses idées comme s'il lui fallait, pour avancer, ne jamais interrompre la trajectoire de la pensée. Toujours sur le départ, il cherche pourtant un nouveau départ, ou mieux : à recommencer. Mais recommencer suppose parfois de revenir là où tant de choses se sont passées, de se retourner vers un moment douloureux de sa propre histoire, de remonter son cours, d'en affronter les z

Simona Crippa
il y a 1 jour


Entretien avec Michèle Bacholle & Jacqueline Dougherty : L’« écriture imageante » (Annie Ernaux Beyond Words Images and Scenes)
Annie Ernaux (capture d’écran, MEP) « Ce qui sera bouffon, si on publie un jour ce journal d’écriture, en fait de recherche à 99%, c’est qu’on découvrira à quel point, finalement, la forme m’aura préoccupée. Bref, ce qu’ils appellent la littérature[1] ». La forme, dit Annie Ernaux. La forme avant tout, ce que nous appelons la littérature. Eh bien, ce sont des mots qui me reviennent à l’esprit, de manière cyclique, des mots auxquels se heurte quiconque tente de faire de l’écr

Sara Durantini
il y a 1 jour


Juliette Cordesse et Pauline Frachon : « Ramener le cinéma à une dimension collective » (Sois-belle et tais-toi !)
Qui a le pouvoir de faire image, de décider ce qui mérite d’être vu, conservé, canonisé et transmis ? Avec le cycle Sois belle et tais-toi !, le Forum des images interroge les rapports de pouvoir qui traversent les représentations des femmes et les gestes de résistance qui les déplacent. « Faire image autrement », c’est aussi l’un des enjeux de ce cycle, sur lequel je suis revenue dans un article il y a une quinzaine de jours. Afin de prolonger cette réflexion, il était impo

Simona Crippa
14 oct.


Judith Godrèche : Revenir sur des sensations restées sans nom (Mémoire de fille)
Il y a six ou sept ans, j’écrivais, à propos de Mémoire de fille, combien l’écriture d’Annie Ernaux m’avait bouleversée. Elle m’avait semblé si immersive, si immédiate. Une immédiateté d’autant plus saisissante que je songeais à l’effort qu’avait dû lui coûter ce retour en arrière : fouiller la mémoire, revenir sur des moments et des sensations longtemps restés sans nom. Car, au fond, nous sommes tous les enfants d’un été que « nous avons juré d’oublier et de ne jamais racont

Sara Durantini
30 sept.


Marie-France Pisier, la mort en fuite
Qui se souvient de Marie-France Pisier ?... Pour les jeunes générations, elle semble s'effacer de la mémoire cinéma. Malgré son nom remonté à la surface en 2021, dix ans après sa mort, dans les pages de La Familia Grande. Récit-séisme de sa nièce Camille Kouchner, où l’actrice-réalisatrice-romancière réapparaît, héroïque. Elle est la seule à briser l’omerta dans un clan qui protège les viols perpétrés par Olivier Duhamel sur son beau-fils mineur. Courage payé au prix d'une gu

Benoit Gautier
16 sept.


Annie Ernaux & Judith Godrèche : Mémoire, consentement et émancipation féminine (Mémoire de fille)
La première fois que j’ai lu Mémoire de fille d’Annie Ernaux, j’avais depuis longtemps dépassé l’âge de dix-huit ans, le même âge que la fille de ‘58. J’avais depuis longtemps laissé derrière moi ses insécurités, cette incapacité à savoir comment se comporter, ce besoin de plaire pour se sentir appartenir à un groupe, attitudes typiques de celles qui n’avaient pas reçu les outils sociaux et culturels nécessaires pour s’orienter dans le monde des adultes. De nombreuses années

Sara Durantini
3 juin


Barcelone, Godard et la fraternité des métaphores
(c) Jean-Michel Devésa Ricard Ripoll et moi, nous avons fait connaissance grâce au surréalisme et à une certaine littérature que nous aimons, laquelle englobe le Nouveau Roman et Tel Quel. Les mânes de René Crevel et de Salvador Dali, qui intellectuellement et affectivement étaient très proches, ont de fait été les parrains de notre amitié, c’était il y a longtemps, au tout début du XXIe siècle, Ricard, mon cadet de trois printemps, était en poste à l’Université Autonome de

Jean-Michel Devésa
27 mai


Andrea Warner : « Les filles s’opposent aux pères, les travailleurs aux patrons, les femmes sont solidaires » (On ne laisse pas Bébé dans un coin)
Détail de couverture On ne laisse pas Bébé dans un coin © Hors d’Atteinte (Divulgation : j’ai revu le film Dirty Dancing d’Emile Ardolino avant de rédiger cette notice et bien m’en a fait car je serais autrement passée en partie à côté du texte de Warner). On ne saurait juger d’un livre par sa couverture ou par son titre, mais il est parfois difficile de ne pas tomber dans cette facilité. Ainsi en est-il du dernier livre de Andrea Warner, paru sous le titre The time of my

Catherine Poisson
6 mai


Laurence Briot et Juliette Cordesse : « Ce sens de la réplique qui est souvent l’apanage des femmes dans les textes de Jane Austen » (Jane Austen Forever)
À l’occasion du cycle Jane Austen Forever , qui se tient au Forum des images du 26 mars au 26 avril 2026 en partenariat avec Collateral, notre revue est allée à la rencontre de ses deux programmatrices : Laurence Briot et Juliette Cordesse. Conçu pour célébrer le 250e anniversaire de Jane Austen, ce cycle d’une ampleur remarquable explore la richesse et la vitalité d’une œuvre dont les multiples réinventions, du cinéma aux séries, ne cessent de s’actualiser et de se trans

Simona Crippa
1 avr.


MM & BB : le miroir se souvient
MM & BB by Andy Warhol © IABG « Marilyn était pour partie une reine, pour partie une enfant misérable, parfois à genoux devant son propre corps, parfois au comble du désespoir à cause de lui. » Arthur Miller « La Reine Bardot se tient juste là où finirait la morale et, à partir de quoi la jungle serait ouverte, de l’amoralité amoureuse. Un pays d’où l’ennui chrétien est banni. » Marguerite Duras Casque d’or bleu blanc rouge et canicule blonde made in USA, Brigitte Bar

Benoit Gautier
14 janv.


Anna Cazenave Cambet : les mots mis en lumière de Constance Debré (Love Me Tender)
Love Me Tender (c) Tandem Films Cela commence dans l’eau, et cela se termine au soleil. Entre-temps, quelque chose sèche. Pour savoir ce que c’est, il va falloir à Clémence beaucoup de patience. Love Me Tender est beaucoup de choses. D’abord, c’est une chanson d’Elvis Presley, enregistrée en 1956, où le King promet : « Love me tender, love me true / All my dreams fulfilled / For my darling, I love you / And I always will ». Et puis, dès 2020, chez Flammarion, c’est u

Ivan Berquiez
19 déc. 2025


Kaouther Ben Hania : L’enfance en Palestine (La voix de Hind Rajab)
« Viens me chercher » La Palestine au cœur Rappelons-nous les propos de la romancière palestinienne, Suzanne El Kenz, en 2024 : « De toutes les façons, quand bien même le monde entier veut oublier la Palestine, elle rattrape tout le temps […] Est-ce une chance ou une malchance d’être Palestinienne ? Je fais avec. La Palestine, c’est le thym. C’est l’huile. C’est beau. C’est moche. C’est violent par moments, mais c’est comme cela. Ghaza surgit à chaque fois, revient en

Christiane Chaulet Achour
17 déc. 2025


Joe Dassin, le chant d’Orphée
Et je me souviens, je me souviens des marées hautes Du soleil et du bonheur qui passaient sur la mer Il y a une éternité, un siècle, il y a un an. Toto Cutugno, Vito Pallavicini/Claude Lemesle, Pierre Delanoë Dans la seconde moitié du XX e siècle, la télévision envahit en masse les maisons et la contamination des images fait son œuvre dans nos quotidiens, nos souvenirs. Aujourd’hui, l’écran devenu minuscule s’infiltre partout, vampirise nos cellules, pille notre âme. Le

Benoit Gautier
17 déc. 2025


“Chantal A, Bruxelles” : une lettre d’admiration de Vincent Dieutre à Chantal Akerman
Chant A, Bruxelles (c) La Huit production Le réalisateur Vincent Dieutre consacre son dernier film à la cinéaste belge Chantal Akerman, disparue il y a tout juste dix ans. Présenté en clôture des Rencontres du cinéma documentaire de Montreuil , au cinéma Le Méliès, ce 02 décembre, Chantal A, Bruxelles donne la parole à certaines des femmes que la réalisatrice a inspirées, connues, aimées. Pas plus un hommage qu’une méditation sur le deuil, un récit nécrologique ou encore

Morgan Crochet
2 déc. 2025


Tout ce que le ciel permet ou quand la peur dévore l’âme
Tout ce que le ciel permet © Universal Pictures « Ce que Douglas Sirk a aimé, c’est par exemple Tout ce que le ciel permet. Jane Wyman est une riche veuve dont Rock Hudson taille les arbres. Dans le jardin de Jane fleurit un arbre d’amour qui ne fleurit que là où il y a un amour. De Jane et de Rock naît le grand amour, mais Rock est de quinze ans plus jeune que Jane ; et Jane est totalement intégrée à la vie sociale d’une petite ville américaine. Rock est un primitif et Jane

Benoit Gautier
26 nov. 2025


Lin Jianjie : Qui sur le banc des accusés ? (Brief History of a Family)
Brief History of a Family (c) DR La famille chinoise au cœur de ce film pourrait être une famille d’ici. Mais pas n’importe laquelle: la famille qu’on voit, symbole de la classe moyenne supérieure ayant profité de l’essor économique chinois depuis le tournant du millénaire, doit son identité à la distance qu’elle a su créer entre elle-même et les classes populaires, rendues ici quasi invisibles (le film tient du huis clos et les scènes d’extérieur montrent un pays qui semble

Jan Baetens
26 nov. 2025


François Ozon, « son » Etranger : Une adaptation réussie
"L'Etranger" de François Ozon (c) DR « En travaillant sur les documents, les archives, en rencontrant des historiens, des témoins de l’époque, j’ai réalisé à quel point les familles françaises ont toutes un lien avec l’Algérie et qu’il y a encore souvent un silence de plomb qui pèse sur nos histoires… Il était essentiel pour moi de contextualiser l’histoire. Albert Camus écrit L’Étranger en 1939, et le livre est publié en 1942, en pleine colonisation française de l’Algérie.

Christiane Chaulet Achour
22 oct. 2025


De la page à l’écran : l’écriture visuelle d’Annie Ernaux
C’est d’abord une attitude que je veux avoir par rapport au sujet du texte, c'est-à-dire une observation la plus objective possible, un regard non empathique qui permette d’échapper à l’expression d’un vécu spontané. Ensuite, c’est trouver l’écriture – le « style de la distance » – qui fasse juste « voir », comme au cinéma, pas n’importe lequel, celui qui est avare de dialogues, de psychologie, celui qui suscite l’émotion et la réflexion par le comportement des personnages. T

Sara Durantini
15 oct. 2025


Chantal Akerman : un souvenir
"Je, tu, il, elle" de Chantal Akerman 5 octobre 2015. Dix ans qu’est morte Chantal Akerman. L’occasion d’un bref hommage parfaitement...

Marie-Odile André
8 oct. 2025


"Muganga - Celui qui soigne" : Un film de Marie-Hélène Roux à voir absolument
« Muganga - celui qui soigne » réalisé par Marie-Hélène Roux Petites Poupées Production « Le monde ferme les yeux » Un film en ce mois de...

Christiane Chaulet Achour
24 sept. 2025
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