top of page


Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot : « Ce qui nous passionne chez Arno Schmidt, c’est sa manière d’être moderne : expérimental mais sachant raconter des histoires »
Arno Schmidt (c) DR Un grand entretien avec Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gaillot, des éditions Tristram, qui, à l’occasion de la parution de la récente parution de Paysage lacustre avec Pocahontas d’Arno Schmidt traduit par Claude Riehl, reviennent sur leur monumentale édition des oeuvres de l’écrivain allemand en français. Maurice Nadeau introduit Arno Schmidt en France en l’accueillant d’abord dans sa collection « Lettres Nouvelles » aux éditions Julliard puis en le publi

Christophe Solioz
24 juin


Mariana Alves : « Écrire ce récit, au-delà de l’hommage, a été clairement un acte militant » (La Classe et la fonction)
Indéniablement, avec La Classe et la fonction, Mariana Alvès signe un des très grands récits de cette année, comme on en lit rarement. En un style sec et ramassée, elle livre un premier roman, celui du récit mesuré mais poignant de la « Grande Petite » qui, fille de concierges portugais, va scruter la loge où ses parents exercent. Un lieu ramassé sans intimité, au cœur du 16e arrondissement, où locataires et propriétaires, les « Autres », les font se sentir comme des fantômes

Johan Faerber
23 juin


Gwendoline Soublin : « En ce moment, on a besoin d'une littérature explosive, qui s'invente, qui réinvente » (Seuls dans la nuit)
Gwendoline Soublin (c) Geoffrey Fages Aujourd'hui, un grand entretien avec Gwendoline Soublin autour de son oeuvre par Delphine Edy. Delphine Edy – De manière à poser un cadre, je voudrais qu'on revienne sur le contexte d'écriture de ce texte, une commande du metteur en scène, Anthony Thibault, datant de 2019, qui n'est paru qu'en 2026 aux éditions Espaces 34. Est-ce que tu veux bien nous en dire quelques mots ? Gwendoline Soublin – Seuls dans la nuit est en effet un texte

Delphine Edy
17 juin


Frédéric Forte : « Notre époque est terriblement violente. Aurais-je besoin de structurer ma poésie comme je le fais si c’était moins le cas ? » (Le Sentiment général)
Frédéric Forte (c) DR Avec Le Sentiment général qui vient de paraître chez POL, Frédéric Forte signe sans nul doute un des textes poétiques les plus remarquables de notre contemporain. Devant un monde chaotique, secoué et soulevé par une crise générale, le poète oppose la mesure comptée et la douceur feutrée d’une poésie qui cherche à forer les sentiments particuliers et le sentiment général de frayeur. Un grand texte structuré autour de la question formelle du sonnet, de la

Johan Faerber
16 juin


Louisa Yousfi : « Je revendique le droit de disparaître dans le travail de la forme » (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) Anthony Francin/La Fabrique Avec La Grande méthode, Louisa Yousfi signe un livre important. Important par sa force narrative, celle qui permet de creuser au plus profond de soi pour interroger ce qui reste du père quand celui-ci vient à mourir. Un texte qui n’hésite pas à dissoudre toutes les frontières génériques pour venir sonder les régimes de vérité, les régimes de croyances et offrir une parole neuve qui cherche à situer où nous sommes. Occidentée, la v

Johan Faerber
2 juin


Grégoire Sourice : « Pour continuer à écrire sur le lotissement et faire exister autrement mes avatars sur Le Bon Coin, j’ai compris qu’il fallait aller vers le roman »(SecondeMain)
Grégoire Sourice (c) Adrien Bardi Aucun doute possible : avec SecondeMain, Grégoire Sourice ne signe pas seulement son premier roman mais l’un des romans les plus remarquables de l’année. Paru aux éditions José Corti, ce récit, bref, incisif et elliptique, raconte l’histoire singulière de HB, jeune étudiant revenu chez ses parents, qui retrouve un ami d’enfance qui poste sur un site de revente en ligne, Seconde Main, des objets de toute sorte. Magnétique et ambiguë, leur amit

Johan Faerber
19 mai


« Capturer les spectres : les voix fantômes de Sandra Moussempès » Chambre obscura (1994-2026) et Cassandre phonographiée
Sandra Moussempès (c) Corinne Salen Ce printemps, Sandra Moussempès fait paraître aux éditions MF son anthologie, Chambre obscura, une anthologie « augmentée », accompagnée d’une annexe sonore sous forme de QR code, Cassandre phonographiée, d’une préface écrite par la poétesse elle-même, et de six postfaces d’universitaires et d’auteurices. Retraçant trente-deux années d’un parcours poétique marqué par l’étrange et le sortilège, l’énigme et le non-dit, Chambre obscura a la pa

Sasha Auffret
13 mai


Camille Ruiz : « Lorsqu’on est assignée à la classe des femmes, on est d’abord une femme, et un chien est d’abord un chien » (Un chien arrive)
Camille Ruiz & Ziggy (c) José Corti Avec Un chien arrive, Camille Ruiz signe un des livres parmi les plus importants de ces dernières années. Paru aux éditions José Corti, ce livre se présente comme une enquête autour de Camille Ruiz et de son chien si singulier, Ziggy avec lequel elle tisse dans son quotidien brésilien un lien affectif très fort. Loin de se limiter à un exploration de la relation maîtresse-chien, cet essai, qui est aussi une prospection biographique, dévoil

Johan Faerber
12 mai


Agathe Charnet : « Face à la maladie, face à la catastrophe, face au drame, pour retrouver la joie, il faut refaire sens » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel Agathe Charnet vient de publier son premier « roman », Peut-être le hasard aux éditions Les corps conducteurs. Dans ce récit - dont Cécile Vallée s’est fait l’écho pour Collatéral en mars dernier –, elle revient sur la fin de vie de sa mère, professeure de philosophie, fauchée trop jeune par un Alzheimer précoce. Non seulement, l’autrice redonne à Marie-Pierre toute sa place de mère et de femme, en revenant sur le parcours de combattantes qu’el

Delphine Edy
6 mai


Marielle Hubert : « Mon livre est un lieu de recueillement puisque je ne sais pas s’il existe une tombe où aller déposer mon hommage » (Selon toi)
Marielle Hubert (c) Aurélie Foussard Beau et poignant : tels sont les mots qui viennet à l'esprit pour qualifier le troisième récit de Marielle Hubert, Selon toi qui vient de paraître chez POL. Après Ceux du noir et Il ne faut rien dire, la romancière propose ici de rendre hommage à Pascale Lemée, sa professeure de théâtre : Pascale l'aimée qui, vite, va lui offrir le goût des planches et de la plume. Soeur de Yann Lemée, le Yann Andréa de Duras, c'est aussi à l'oeuvre de Dur

Johan Faerber
5 mai


Eliot Ruffel : « L’écriture est un moyen de me confronter à des choix qui s’imposent dans la narration quand il serait parfois difficile de les faire dans la vie » (Pilote automatique)
Eliot Ruffel (c) Patrice Normand/L'Olivier Une grande et forte réussite : tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour qualifier le second roman d’Eliot Ruffel, Pilote automatique qui vient de paraître à L’Olivier. Après le formidable Après ça qui fut l’un des temps forts de la rentrée 2024, Eliot Ruffel revient avec un récit qui sonde à nouveau le malaise conjoint de la masculinité et des jeunes adultes dans ce personnage d’Oscar. Employé comme livreur d’électroménager, l

Johan Faerber
15 avr.


Entretien avec Lénaïg Cariou : "Prendre langue"
Lénaïg Cariou (c) DR les dires de Lénaïg Cariou sont nés d’un projet d’entretiens radiophoniques, avant de devenir une série de poèmes conversationnels. Ils proposent de travailler la parole recueillie comme un matériau, de faire de la poète non pas seulement celle qui parle, mais celle qui écoute, et retranscrit. Dans la retranscription poétique, des paroles se perdent, d’autres se modifient : c’est un résidu de paroles, passées au crible de la mémoire. Des traces de dia

Raphaël Sigal
8 avr.


Ismaël Jude : « La poésie, ce ne serait pas revenir à la nature. Ce serait revivre la séparation et essayer de venir à bout de la scission de notre langage avec la nature. »(Une vie de Jasmin)
Ismaël Jude (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Une vie de Jasmin, qui vient de paraître chez Verticales, Ismaël Jude signe un des plus beaux contes de printemps. Suivant Jasmine, fille-fleur, le récit se déploie, entre conte et fable, pour tracer la vie d'un personnage à fleur de peau, qui ne cesse de s'exposer à des métamorphoses au contact d'un monde qui peine à l'accueillir. Derrière le merveilleux de ce monde se donne à lire avec acuité une forte réflexion politique s

Johan Faerber
7 avr.


Laurence Briot et Juliette Cordesse : « Ce sens de la réplique qui est souvent l’apanage des femmes dans les textes de Jane Austen » (Jane Austen Forever)
À l’occasion du cycle Jane Austen Forever , qui se tient au Forum des images du 26 mars au 26 avril 2026 en partenariat avec Collateral, notre revue est allée à la rencontre de ses deux programmatrices : Laurence Briot et Juliette Cordesse. Conçu pour célébrer le 250e anniversaire de Jane Austen, ce cycle d’une ampleur remarquable explore la richesse et la vitalité d’une œuvre dont les multiples réinventions, du cinéma aux séries, ne cessent de s’actualiser et de se trans

Simona Crippa
1 avr.


Lucile Novat : « Les histoires fantastiques m’intéressent lorsqu’elles arrivent à capturer ce qu’on n’aurait pas su articuler dans un discours sagement déplié » (Voir venir)
Lucile Novat (c) Hugo Paturel Gothique, magnétique, fascinant : tels sont les trois mots qui viennent à l’esprit à la lecture de l’éclatante réussite que constitue le premier roman de Lucile Novat, Voir venir qui paraît ces jours-ci aux Éditions du sous-sol. Après De grandes dents qui offrait une réflexion sur le conte, Lucile Novat livre le récit de quatre pensionnaires de la Maison de la légion d’honneur à Saint-Denis qui vont évoluer entre les murs de cet internat élitiste

Johan Faerber
25 mars


Jean Pierre Ceton : « Les silences de Duras qui étaient sa façon de penser manquent dans le chaos médiatique »
Evoquer la mémoire de Duras au présent, c’est aussi convoquer un écrivain qui s’est avancé en littérature par Duras : Jean Pierre Ceton. Dédicataire des Yeux Verts, Ceton a également débuté en littérature avec le magistral Rauque la ville chez Minuit, préfacée par Duras, et depuis lors, auteur d’une œuvre riche dont Jamais autant . Il revient avec amitié pour Collateral sur ce qui de Duras nous hante encore. Comment avez-vous découvert Marguerite Duras ? Un livre ? Un film ?

Jean Pierre Ceton
25 mars


Anne Bourrassé : « Démontrer chirurgicalement les processus de discriminations à l’œuvre dans mon milieu » (Les Refusées)
Anne Bourrassé (c) Astrid de Crollalanza Avec Les Refusées. Les artistes femmes n’existent pas (Seuil, janvier 2026), Anne Bourrassé propose un essai aussi incisif que nécessaire, qui s’attaque aux angles morts de l’histoire de l’art. Critique d’art et curatrice d’exposition, elle y met au jour les mécanismes d’invisibilisation qui ont durablement relégué les artistes femmes hors du récit dominant, en interrogeant les conditions mêmes de la reconnaissance et de la légitimité

Simona Crippa
24 mars


Fanny Taillandier : « Je crois que la littérature romanesque, c’est toujours aussi confronter les enjeux moraux les plus absolus à une réalité matérielle concrète » (Sicario Bébé)
Fanny Taillandier (c) Leslie Moquin/Rivages Avec Sicario Bébé, paru chez Rivages, Fanny Taillandier achève de s’imposer comme l’une des voix majeures de notre littérature contemporaine. Nouvelle pièce de son cycle romanesque des Empires, ce roman, bâti comme un polar marxiste, présente l’histoire d’un couple d’adolescents, Djen et Blaise, qui attendent un enfant mais qui, encore scolarisés, sont contraints de sombrer dans la délinquance pour subvenir aux besoins du futur nouv

Johan Faerber
23 mars


Mascare : « Je ne souhaite pas être un étendard, je ne porte pas la mémoire de tous les harkis, de tous les humiliés, j’ajoute ma pierre à l’édifice » (Belgazou)
Mascare (c) Teresa Suarez C’est sans doute l’un des plus grands chocs littéraires de cette saison sinon de ces dernières années : avec Belgazou, son premier texte qui paraît chez Corti, Mascare signe une véritable déflagration. A mi-chemin entre l’enquête personnelle et l’investigation généalogique, Mascare fore la mémoire des siens, celle d’une petite-fille de harki qui porte le poids de « la déjà vieille guerre des années 60, 1960 ». Au cœur d’un pays déchiré par l’extrême

Johan Faerber
18 mars


Nane Beauregard : « Je ne sais pas ce qu’il en serait d’un monde sans Duras aujourd’hui »
Nane Beauregard (c) Nadeau Nane Beauregard nous a quiittée l'an passé. Elle avait accepté avec beaucoup de délicatesse et force amitié de répondre au questionnaire Duras que nous sommes émus de donner à nouveau. On se souvient que Nane Beauregard avait publié un roman, J'aime chez POL en 2006 puis La Manouba chez Leo Scheer en 2012, et enfin son dernier roman paru fin mars 2024 aux Éditions Maurice Nadeau, Balle perdue . Comment avez-vous découvert Marguerite Duras ? Un liv

Nane Beauregard
18 mars
bottom of page