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Amina Damerdji : Dans la gueule du loup
« Peut-être était-ce cela même que j’étais allée chercher, un peu de lumière au fond de la haine » (p. 14) J’apprécie d’autant plus un livre qu’il me fait aussi dériver vers d’autres lectures. Dans la gueule du loup d’Amina Damerdji a eu cette vertu que j’aime par-dessus tout. Oui, bien sûr, elle écrit pour se délivrer, en quelque sorte, de sa soirée au château de Plieux avec Renaud Camus, le loup et sa cour de louveteaux. Mais pas seulement. Pour se délivrer aussi des fron

Christiane Chaulet Achour
il y a 2 jours


Hawa Djabali, écrivaine algérienne (1949-2026) : Un féminisme dissident
« Lorsque j'écris une pièce, ou lorsque je la joue, je voudrais donner à penser.Lorsque j'écris un roman, je voudrais donner à vivre. Parce qu'une seule vie, une seule peau, c'est trop peu pour prendre vraiment sa place dans le monde ». Noirs jasmins, La Différence, 2013, p.162 Le décès de Hawa Djabali a été annoncé le 18 septembre 2026 à Béziers, à l’âge de 77 ans. Quelques mois auparavant, elle publiait, aux éditions du Canoë, un ouvrage regroupant différentes contrib

Christiane Chaulet Achour
21 oct.


Rachida Brakni, Akram Belkaïd : Prix littéraires de la Grande Mosquée de Paris
Le 13 octobre 2026, le jury des prix littéraies de la Grande Mosquée de Paris a décerné à Rachida Brakni le prix du meilleur roman pour La Part absente et à Akram Belkaïd ; le prix du meilleur essai pour Chroniques du Ramadhan. Pour rappel au cas où on n’aurait pas eu le temps de les lire… Le 15 septembre 2026, Collateral était au rendez-vous pour inciter à la lecture du second roman de Rachida Brakni, sous le titre « L’effacement (La Part absente) ». Deux projets y cohabite

Christiane Chaulet Achour
16 oct.


"Cadavérée" de Jean-Michel Devésa
« Le passé n’est vivant que dans la mémoire » « L’élaboration de ce roman serait-elle aussi astringente que l’ingurgitation d’un tord-boyaux ? Son auteur serait-il promis à une cadavérisation en torsions et spasmes – un volvulus ? » (p. 44-45) Jean-Michel Devésa revient, à cette rentrée littéraire, avec une septième œuvre, Cadavérée, seconde publication chez l’éditeur Le Temps des cerises. Récit ? Essai ? Bien difficile à dire car il est impossible de le classer, comme s

Christiane Chaulet Achour
12 oct.


De Claire de Duras à Cécile Chabaud & Miranda Spieler : Le retour d’Ourika
« L’héroïne d’un roman qui fait pleurer tout Paris… C’est l’histoire d’une petite noire élevée en Europe dans une grande famille blanche, et qui souffre de sa couleur et en meurt » (Aimé Césaire, La Tragédie du roi Christophe, 1963, Acte II, scène 2) Tour à tour, le récit Ourika a bénéficié de qualifications nombreuses et contrastées : anti-esclavagiste / esclavagiste, anti-colonialiste / colonialiste, féministe / non-féministe, mais aussi romantico-sentimental et paternal

Christiane Chaulet Achour
7 oct.


Christiane Chaulet Achour et Frantz Fanon : un essai pour nous empêcher de dormir
Christiane Chaulet Achour (c) JMDevésa « Je te jure aujourd’hui que chaque fois et en quelque lieu où la liberté sera menacée, je m’engagerai. » Frantz Fanon à son frère Joby, dans une lettre de 1943. Le champ littéraire, sa scène critique, et la vie académique délimitent un espace relationnel cruel, aussi n’est-il pas impossible pour que, de Christiane Chaulet-Achour et de ma pauvre personne, on se gausse, nous reprochant de concocter l’un pour l’autre des articles de c

Jean-Michel Devésa
2 oct.


Fraternité, frères ? Petit additif à l’histoire française de la fraternité
« Je vous salue, patrie vietnamienne, patrie khmère, patrie laotienne, je vous salue frères et sœurs du Maroc, de la Tunisie, frères et sœurs d’Algérie… » Louis Aragon Discours au Congrès des peuples pour la paix, Vienne, décembre 1952 « Nous sommes tous des frères Gens de tous les pays » (Boris Vian, « Le Désereur », 1954, variante) En 2023, Alexandre de Vitry publiait aux éditions Gallimard une somme très érudite et passionnante dans certains de ses développements, L

Christiane Chaulet Achour
25 sept.


Elaine Mokhtefi (1928- 2026) : Un parcours d’exception
On apprend avec une immense tristesse le décès d’Elaine Mokhtefi à l’hôpital Mount Sinaî de New York, le 11 septembre 2026. Celle qui s’apprêtait à retourner en Algérie le 10 octobre ne pourra y aller, celle qui chérissait ces retours n’est plus là. On a beau se dire que mourir à 98 ans est dans l’ordre des choses, on ne peut accepter une disparition qui prive d’une vie exceptionnelle et d’une mémoire invisibilisée. Le 14 septembre 2026, El Moudjahid, quotidien national algé

Christiane Chaulet Achour
22 sept.


Rachida Brakni : L’effacement (La Part absente)
Quel plaisir que la lecture de ce roman à l’écriture alerte et sans langue de bois, à l’inventivité si près de convictions qui n’enlèvent rien à la force de suggestion de l’écriture ! Une séquence historique que l’on veut oublier ou maquiller et une réalité sociologique à l’odeur de racisme dans la société française : oser parler de la guerre d’Algérie sans réserve sur le désir d’indépendance des Algériens, en choisissant la violence faite aux femmes et oser parler de la stig

Christiane Chaulet Achour
15 sept.


Claire Tencin : A proximité des altérités (Des Chemins pour se perdre)
« Les années se troublent dans ma tête avec le flux et le reflux des nouveaux arrivants » La question des migrants à accueillir ou à renvoyer « chez eux »… est une question on ne peut plus explosive et arpentée en tous sens en ces temps pré-électoraux. Celle des migrants mineurs isolés n’est pas moins sensible. On peut lire articles et études à ce sujet. En octobre 2019, un documentaire était disponible à la télévision et mettait la lumière sur une association, en Alsace, Sa

Christiane Chaulet Achour
10 sept.


Beata Umubyeyi Mairesse : Dépasser la honte (La solidarité des ébranlés)
Beata Umubyeyi Mairesse « Ce livre est aussi le récit d’un combat contre la honte, la mienne, celle des deux hommes sur la photo, celle d’un groupe de jeunes militantEs français rencontrés à l’orée de ma vie active. La honte, un sentiment si répandu que peut-être le connaissez-vous également ? » Le 4 juin 2024, le récit si marquant de la romancière franco-rwandaise était présenté dans Collateral. A cette rentrée de septembre 2026, c’est un tout autre récit qui vient nous sol

Christiane Chaulet Achour
31 août


Xavier Le Clerc : Retour sur le "passé" colonial (Le garçon ébloui)
Napalm, essais nucléaires : dans ce nouveau roman, Xavier Le Clerc affronte une fois encore l’Histoire de la France coloniale dans son versant le plus difficile à raconter. Le romancier n’est pas un inconnu puisqu’il a déjà publié, depuis 2008, quatre romans. C’est celui de 2022 qui l’a fait véritablement connaître, Un homme sans titre, pour lequel il obtient quatre prix littéraires ; puis en 2024, Le Pain des Français, Prix Eve Delacroix de l’Académie Française 2026. Né en

Christiane Chaulet Achour
7 août


D’engagement en exil : récits de vie d’Algériens
Marie-Joëlle Rupp, fille de l’internationaliste Serge Michel, a raconté en 2023 chez le même éditeur, le retour dans sa vie de ce père absent dans, Le Retour de l’Africain blanc. Naît alors son désir de comprendre pourquoi il avait sacrifié sa famille à ce pays. Une des clefs possibles… écouter des Algériens vivant en France pour saisir la diversité d’une Algérie trop souvent figée dans des clichés approximatifs : « Aujourd’hui encore, Français et Algériens continuent à se mé

Christiane Chaulet Achour
22 juil.


Rachida Brakni : Kaddour
Rachida Brakni (c) DR La conjonction Algérie/père sous la plume d’une fille est assez fréquente dans la littérature française pour ne pas nous étonner quand on découvre Kaddour de Rachida Brakni. Dans son récit, se joue un lamento musclé au moment de la disparition du père qui rappelle des récits antérieurs et, en particulier, l’un d’eux de 1989 qui vient d’être réédité, Une fille sans histoire de Tassadit Imache. Ces œuvres nous invitent à réfléchir à leur place et à leur p

Christiane Chaulet Achour
17 juil.


Isis Labeau-Caberia : L’avenir du passé (Chères ancêtres - Contre-histoire des résistances féminines et anticoloniales)
« Je prends conscience non seulement de la proximité troublante de ce passé servile, mais surtout, de l’amnésie tenace qui l’enserre » Comment vivre aujourd’hui ? En tissant profondément les liens avec les femmes du passé, esclavisées, dominées, qui ont su inventer des stratégies de résistances pouvant inspirer nos luttes d’aujourd’hui. En ce printemps 2026, Isis Labeau-Caberia offre une recherche et une exploration intime du rapport que chacun.e peut entretenir avec un

Christiane Chaulet Achour
6 juil.


Mary Wollstonecraft : Enrichir la bibliothèque du matrimoine (Défense des droits de la femme)
Portrait par John Opie (v. 1797) « Dans ma lutte pour les droits de la femme, mon principal argument est fondé sur ce principe simple : si la femme n’est pas préparée par son éducation à devenir la compagne de l’homme, elle arrêtera le progrès du savoir et de la vertu, car la vérité doit appartenir à tous, sans quoi elle n’aura aucune influence sur la pratique générale » A Monsieur Talleyrand-Périgord, ancien évêque d’Autun Qui est alors Talleyrand ? Il faut le savoir pour c

Christiane Chaulet Achour
22 juin


Omar Merzoug : Camus, une statue intouchable ou un homme dans son siècle ? (Camus - L’écrivain désengagé)
Albert Camus (c) DR « Camus parle de son amour pour la terre algérienne, de son amitié pour les Algériens ; mais de la dignité des Algériens, de leur désir de liberté, il ne dit rien ». Cette affirmation peut servir véritablement d’exergue aux propos de l’auteur, dans son livre édité en octobre 2025, Camus L’écrivain désengagé. A cette citation, Omar Merzoug oppose immédiatement une citation de la « Lettre à un jeune Français d’Algérie » de Jean Sénac publiée dans Esprit en

Christiane Chaulet Achour
15 juin


Daniel Maximin : Une géopoétique pour dessiner l’avenir (L’Invention des désirades)
« Nous recréerons la poésie antillaise, blues taillé dans la pierre, notre cri de galet policé par la mer. Oui, faisons des diamants de nos injures. Collons au sol nos oreilles pour écouter passer demain. » (L’Isolé Soleil) Edité par Présence Africaine en 2000, ce recueil poétique de l’écrivain guadeloupéen bénéficie d’une nouvelle réédition dans la collection Points Poésie, aux éditions du Seuil, après avoir été réédité en 2009. Toute réédition, surtout dans une collection

Christiane Chaulet Achour
8 juin


Mohamed Kacimi : Genèse d’un parcours (Feu de Dieu)
« Grâce à Sartre, Naziha m’a sauvé de la solitude : je comprends alors que je ne suis pas le seul enfant à refuser de porter le fardeau de Dieu » (p. 193) Le récit qui vient d’être édité – chez Actes Sud comme de nombreux écrits de Kacimi – Feu de Dieu, est tout à fait singulier par sa matière et sa virtuosité d’écriture qui, à mon sens, en fait une de ses créations, en dehors de l’écriture théâtrale, la plus achevée. Au fil des pages, nous sommes tour à tour enchantés, subj

Christiane Chaulet Achour
1 juin


Fariba Hachtroudi : Edition et (in)visibilité (Guerre en Iran - Journal de bord 2025-2026)
« Je me couche à deux heures du matin, avec en tête un vœu simple, banal : dormir. Pourquoi est-elle si belle la nuit, et la rivière d’étoiles qui se déverse sur nous ? Nul doute, le plus beau refuge du monde est la langue des poètes de mon pays » (p. 88-89). Fariba Hachtroudi a publié de nombreux essais et récits ; on peut l’entendre dans certaines émissions de radio, lire parfois ses articles dans la presse. Elle est connue donc comme écrivaine et surtout comme militante

Christiane Chaulet Achour
26 mai
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