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La jeune création contemporaine à la recherche d’autres formes pour (se) raconter. Polyphonie du je(u)

Photo du rédacteur: Delphine Edy
Delphine Edy
il y a 11 minutes
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Le récit de vie(s) s’est installé depuis quelques temps sur la scène théâtrale contemporaine, et la programmation de cette saison 2026-2027 s’inscrit dans cette lignée. Mais des variations, légères ou marquées, sont déjà perceptibles. Dans Casting Lear[1] qui a beaucoup fait parler de lui, la metteuse en scène Andrea Jiménez explore par exemple la relation père-fille au prisme du Roi Lear de Shakespeare, en dirigeant à chaque représentation un acteur différent qu’elle ne connait pas, qui n’a pas répété et qu’elle entraîne dans une traversée émotionnelle, capable de faire revivre à chacun.e, sur le plateau et dans la salle, sa propre histoire de filiation.

En cette rentrée, deux spectacles singuliers de la jeune création se détachent du paysage théâtral : L’Art de la chute de, par et avec sept auteur.ices à Théâtre Ouvert (à voir jusqu’au 29 septembre) ; et Erdal est parti de l’auteur et metteur en scène Simon Roth[2], une pièce écrite à partir de l’histoire réelle du réfugié politique kurde Erdal Karagoz. Ces deux spectacles revisitent les codes du récit à la première personne en faisant des propositions hybrides qui empruntent au théâtre narratif, au stand-up, à la conférence-performance, au théâtre documentaire ou à la performance pop. Ainsi, ils explorent de nouvelles voies au sein de dispositifs scéniques à même d’offrir un autre accès au réel, plus vrai peut-être que le seul témoignage.

 

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C’est en août 2025 que Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines - a proposé à six auteur.ice.s de se regrouper autour de l’écrivain dramaturge Pierre Koestel dans le cadre d’un chantier d’expérimentation pour explorer et réinventer les codes du stand-up, compris comme « courant d’écriture en soi qui influence et nourrit les formes théâtrales » (Caroline Guiela Nguyen).

Au début de cette aventure, écrire à la première personne, dire je donc, était la consigne et la contrainte, en s’emparant de ce qui constitue l’ADN du stand-up : adresse directe au public, témoignage-confession, vivacité du rythme et de la langue – notamment sous forme de punchlines déclenchant le rire… Le racisme, les violences de genre, les travailleur.se.s du sexe, la place singulière du théâtre, les corps noirs, le deuil, l'amour, la bipolarité... ces jeunes auteur.ice.s sont sur tous les fronts.

En juin dernier, une mise en voix a permis de découvrir cette première étape de travail. Sans filtres, si ce n'est celui de la langue, véritable objet de leur recherche sincère et déterminée, ils et elles ont enchaîné leurs récits au micro, face public. Leurs voix singulières ont cherché à faire entendre l'art de la chute, du vertige, du gouffre, du trait final (teinté d'humour parfois). Pourtant, dans cette dramaturgie de l’instabilité  se dégageait aussi un espoir magnifique, un désir réaffirmé, individuel et collectif, de s'élever pour ne rien laisser à la verticalité de l'abîme qui défie nos corps, nos identités, nos vies. À un moment, la voix de Morgan.e Janoir s'élevait, cristalline, et se faisant chant, elle ouvrait alors vers des horizons poétiques inattendus...

Depuis le 14 septembre, on peut donc découvrir le spectacle qu’ils ont créé à partir de cette première expérience du plateau. Pierre Koestel nous accueille dans la grande salle avec paillettes et sequins et, surtout, le désir de créer un cocon pour que peut-être un.e spectateur.ice ait envie de « raconter un moment saisissant de sa journée ». Ce soir-là, personne n’ose, alors, on « glisse doucement dans le spectacle » et Pierre Koestel se met à « raconter une histoire, la sienne, son histoire », celle d’un petit garçon qui s’enfermait dans le placard de sa mère, enfilait ses robes et cherchait à devenir autre, à se rapprocher de lui-même. De cette histoire, il ne racontera pas la partie malheureuse, juste la joie… mais pas tout de suite. Bascule. Fin du prologue. Noir.


© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage


Yanis Skouta entre alors en scène : sous les applaudissements off et sur un plateau teinté de bleu, le voilà éclairé par une poursuite créant immédiatement un rapport d’intimité. Avec son t-shirt de sport couleur or, il détonne, peut-être « parce qu’il est drôle », leitmotiv du texte à venir. À moins que ce ne soit en lien avec le subtil décalage qu’il creuse tout au long de son adresse. Victime de violences racistes depuis l’enfance, « son esprit s’est tordu ». Tel Hamlet qu’il convoque, faut-il accepter cette violence ou se révolter ? Il se met à collectionner ces violences et à les ranger dans un album-photos mental. En les stockant, il les tient à distance : « j’écris pour ne pas tomber » dit-il. « Tout est une question de fiction ». Quand il commence le récit d’une rencontre amoureuse un été, que, très vite, il poursuit en grec pendant de longs instants et sans sur-titres, le public s’interroge, déstabilisé, il attend. Mais l’auteur ne traduira pas, nous avons compris l’essentiel : « le contact entre elle et lui passe ». Qu’il s’agisse de plonger dans un ailleurs linguistique ou plus tard dans une rêverie fantasmée, c’est finalement « dans le monde de l’intérieur » qu’il devient possible de s’émanciper de la violence raciste systémique. Le stand-up s’intériorise, se fictionnalise, se poétise. Nouvelle bascule lumière.

D’autres auteur.ice.s s’emparent du plateau : ça entre, ça sort, ça traverse, ça s’installe – alors que le plateau reste quasiment nu, l’énergie, elle, est bien là – et le voilà qui se vide à nouveau… Gaëlle Axelbrun arrive de la salle et s’installe au micro : « Être pute ». Le titre de la conférence est donné, son assistant, Pierre Koestel, fera défiler les visuels tout au long de l’intervention. À peine a-t-elle commencé qu’un portable sonne. Une spectatrice, très gênée, tente de l’éteindre sans y parvenir. « C’est le rappel pour mon médicament. Pardon, pardon. Je suis désolée ». Gaëlle Axelbrun « ne le confisquera pas ». L’autrice-conférencière prend cet intermède avec générosité. Dans cette conférence-performance, où elle cartographie l’histoire, la réalité et les enjeux du plus vieux métier du monde, l’autrice glisse doucement vers la fiction : carte de pute, apéro-putes, rando-putes ; cette dérive à partir du registre sérieux initial crée l’espace pour le rire et le public ne s’en prive pas. « Être une femme, c’est une performance en soi », et c’est alors l’histoire de madame x qu’elle met en mots. Nouvelle bascule lumière, un espace autre s’ouvre, une voix off, celle de l’autrice enregistrée, retentit et convoque la question de la dissociation, car madame x ne pourrait pas vivre sans. Dans cette bulle de lumière, le corps de l’autrice se contorsionne, elle semble se désarticuler : la dislocation physique répond à la dissociation psychique. Plusieurs fois, l’espace se réouvrira pour nous permettre – peut-être – de nous approcher au plus près de l’espace mental de madame x.


© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage

Pierre Koestel revient alors en scène et reprend l’histoire laissée en suspens. Il est en quête de sa prochaine métamorphose, sa recherche se veut concrète, immédiate. Très vite, le corps s’empare de l’espace. De tout le plateau. Dans une chorégraphie en musique, le corps est mis sous tension, poussé à bout, le souffle se fait court. Il sort.

Entre alors Iris Laurent, qui se sent « très seule ». Elle va nous lire une lettre. Mais laquelle ? Elle en a trois. Adresse à la régie : « je peux avoir de la lumière ? » Elle nous observe et se décide. Notre présence influe directement sur la dramaturgie du spectacle. Assise sur un tabouret, elle lit pendant de longues minutes. Il sera question de famille choisie, de l’autre famille, d’afrodescendant.es, d’afropéen.nes… Une lecture toute simple. Des vérités aiguisées.

Pierre Koestel fait alors effraction par la porte latérale de la salle à cour. Adresse au public. Les six autres auteur.ices entrent alors sur le plateau : nous en connaissons déjà trois. Les trois autres restent encore spectraux à ce stade : « est-ce qu’on pourrait faire monde ensemble ? » La question reste suspendue dans les cintres.

Seule face à nous, Morgan.e Janoir attaque son récit, une histoire de crise d’angoisse « de luxe » en montagne. « Visualisez ! » Les images qui affleurent alors sont verbales, rythmiques, tonales, alors qu’iel traverse très lentement le plateau en diagonale et raconte les faits. Puis, son regard revient vers nous et l’adresse redémarre. Les raisons de l’angoisse de la chute se précisent : avoir congelé ses ovocytes, transitionner, toute cette série de violences qu’iel (et d’autres) a subi. Alors, iel imagine : des hommes et des queers enceinte, une fée gynéco trans, le rythme de la parole se modifie, elle se fait chant. Musique. Lumière verte. Dans un ballet queer animalier, iel donne corps à des êtres vivants issus de la diversité, iel « déploie une aile, l’une après l’autre », sa voix cristalline et ses gestes chorégraphiés sûrs et rapides font apparaître encore une autre facette de cette dramaturgie singulière qui hybride les pratiques et l’écriture de soi sous la forme d’un immense kaléidoscope, en mettant le corps à l’épreuve.

Entre alors Emmanuel Linée, sous une lumière blanche crue. Les premiers mots claquent : détestation de l’autofiction, du stand-up, et plus encore des « cis-hétéros-chiants ». Le ton est donné. Mais très vite, ce code du stand-up se voit détourné pour accueillir un récit de deuil, de vide, d’arrachement. Celui de l’être que l’on a aimé et qui a fait le choix « de ne pas finir l’année ». Pourtant, l’enquête a conclu à un accident… Les violences sexistes et sexuelles ne laissent bien trop souvent pas de place à celles et ceux qui les subissent. « Tenir le stylo », voilà la seule drogue possible pour « dresser sa chute ».


© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage

L’histoire plurielle – tissée entre ces fragments poétiques et politiques – s’invente sous nos yeux. Une série de « métamorphoses » rappelle Pierre Koestel. Celles que l’on voit sur le plateau, celles à venir encore, l’écriture est un flux, sans point final. Marie de Dinechin sera la dernière à s’avancer au micro. « Bonjour, Marie, bipolaire ». « Bonjour, Marie, bipolaire ». La formule se répète x fois. Elle aussi raconte, d’où elle vient, ce qu’elle vit, on rit, on pleure. Ce serait donc ça du stand-up triste ? Est-ce sa bipolarité ou une diction exceptionnelle qui lui permet d’enchaîner des jeux de langue absolument virtuoses ? Elle est bluffante de vérité et de justesse. Son appel à la création d’un groupe solidaire, capable d’accueillir « des personnes qui vont pas bien et des gens qui aiment les personnes qui vont pas bien », sera la dernière adresse au public. Effraction d’un désir ou vérité fulgurante ? Et si le théâtre pouvait être cet endroit ? Celui d’une polyphonie attentive et attentionnée des je. Un lieu où l’on puisse se retrouver et se réparer.

 

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Au Cent-Quatre se raconte une autre histoire polyphonique. Le metteur en scène Simon Roth partage un jour un appartement avec Erdal Karagoz, réfugié kurde. De cette rencontre naît un projet : faire théâtre de son parcours d’exil, de l’Anatolie à Paris. Avec une interrogation en creux : peut-on raconter l’histoire d’un autre sans le trahir ? Dans la salle, le public est jeune et sonore, mais ces jeunes seront bientôt saisis par ce qui se passe sur le plateau, et la qualité de leur attention n’en sera que plus perceptible et encore. Les voilà visiblement touché.e.s.


© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage


Dans un dispositif très sobre qui propose plusieurs surfaces de projection, le récit s’articule en plusieurs temps dont les titres sont projetés à l’écran. Prologue. Simon Roth se lève du premier rang et entre sur le plateau tout en s’adressant à Erdal qu’on ne voit pas. « Tu m’as proposé de mettre en scène ta vie. J’ai refusé. » Tu voulais « raconter ton histoire ». Entre-temps il a attrapé sa caméra et projette le plan fixe d’Erdal qui s’exprime comme s’il était là, avec nous. Le dialogue vidéo-plateau donne corps au témoignage, mais très vite, le code documentaire se brouille. Les surfaces de projection se démultiplient, la personne d’Erdal se fragmente à la manière d’un kaléïdoscope, les images semblent dialoguer les unes avec les autres. Premier chapitre : enfance – années 80. Une fumée blanche se diffuse lentement sur le plateau. Ces effets théâtraux créent ombres et dédoublements, une chanson kurde retentit pour « dire la réalité », mais le turc bientôt la rejoint, hybridité des langues pour ne nier l’existence de personne. Une voix off prend en charge la biographie d’Erdal, la traduction s’imprime sur l’écran, et petit à petit, quatre comédien.ne.s – Bénicia Makengele, Ramo Jalil, Mascha Richard Dumy, Saïd Ghanem – prennent en charge le récit de l’exil de celui qui reste à l’écran : du théâtre verbatim virtuose, parfaitement synchronisé sur le mouvement des lèvres d’Erdal à l’image. Chacun.e à son tour prend la parole d’Erdal en charge jusqu’à former un chœur tragique, soulignant ainsi que l’exil, tout en étant toujours une expérience individuelle et singulière, est aussi une réalité collective : des millions de personnes concernées, des violences systématisées, des angoisses et des traumas communs.


© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage


Comme le rappelle Erdal à l’écran « regarder sa vie racontée par d’autres personnes, c’est poignant. Je les aime tous. Je m’identifie à ces fragments de moi ». Les chapitres s’enchaînent : exil – école -  justice – sortie de prison… Plus on avance dans le récit, plus l’articulation vidéo-théâtre devient subtile et précise, suivant une partition à la lettre : le verbatim s’inverse, ils prêtent leurs corps à la voix d’Erdal, passant de l’un à l’autre avec une énergie capable de donner à voir au présent de la scène les mots et émotions de celui qui n’est pas là. Le ballet polyphonique des corps est aussi capable de se métamorphoser en performance pop, lorsqu’il s’agit de slamer. Bénicia Makengele, qui livre une performance exceptionnelle tout au long du spectacle, est très émouvante dans cette scène : alors qu’elle est l’avocate d’Erdal en prison, lui se met à rapper et l’invite à le suivre dans cette variation de la parole, elle hésite, puis se lance, elle s’affirme et, dans ce geste progressif parfaitement contrôlé, c’est toute la question de l’art comme pratique émancipatrice qui s’impose à nous.


© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage

Plus le spectacle avance, plus la théâtralité s’impose. Et, en cela, Simon Roth renouvelle avec intelligence les codes du documentaire. Si l’écran ne disparaît jamais complètement, le récit raconte de plus en plus l’enquête menée pour faire advenir le spectacle. Lorsqu’il s’agit – depuis Athènes – de « regarder une scène du spectacle », la dimension méta s’affirme : Erdal, à la fois objet du récit, sujet à l’écran et projection d’autres vies d’exilé.e.s, ne veut plus monter sur scène à la fin du spectacle. Alors comment finir ? Et c’est là l’idée de génie de Simon Roth : revenir à l’essence du désir d’Erdal, à la nécessité existentielle (ou pas) de raconter.  S’il ne peut pas parler, peut-être peut-il écouter. C’est alors que deux écrans « vivants » entrent en dialogue : à jardin, la projection d’un extrait d’un documentaire dans lequel le grand-père de Simon Roth raconte à un inconnu l’expérience concentrationnaire dont il a refusé de parler toute sa vie à sa propre famille. À cour, l’image d’Erdal assis dans son canapé, qui écoute et donne le sentiment de comprendre de l’intérieur la pudeur du grand-père de Simon. Alors que le rapport à la nécessité semblait les opposer – l’un ne voulait pas raconter, l’autre le voulait absolument – les voilà réunis dans la reconnaissance des conditions nécessaires à la parole : trouver l’inconnu.e à qui parler.

 

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Qu’il s’agisse de renouveler les formes d’écriture dramatique autofictionnelle dans L’Art de la chute ou de laisser dériver, dans Erdal est parti, le genre documentaire sur les bords de la figuration, ces jeunes artistes nous offrent une vraie leçon d’écriture. En soulignant l’importance du collectif – synonyme de friction et d’hybridation – capable de redynamiser une pratique solitaire, les sept auteur.ice.s donnent confiance à celles et ceux qui voudraient écrire ; et le dispositif de Simon Roth montre que le dialogue entre vidéo et théâtre peut encore se réinventer par la tension entre images vraies et démultiplication de l’identité. Deux exemples de ce travail réfléchi et aiguisé sur les formes polyphoniques susceptible de répondre aux considérables besoins de récits de notre monde.

 




Notes :

[1] Créé en Espagne en 2024, ce spectacle a été présenté en France pour la première fois au Festival d’Avignon 2026 et joué au Théâtre de la Ville - Abbesses du 10 au 18 septembre. On pourra revoir ce spectacle à la Comédie de Genève en janvier 2027, puis en tournée la saison prochaine, on l’espère.

[2] Pièce créée en mai 2025 à la MC93. Une large tournée se profile : 05.11.2026 Espace 1789, Saint-Ouen ; 26.01.2027 Safran, Amiens ; 28.01.2027 Azimut, Antony ; 03-04.02.2027 T71, scène Nationale de Malakoff ; 06-08.04.2027 Comédie de Valence, CDN ; 30.04.2027 Centre culturel Houdremont, La Courneuve ; 04.05.2027 Espace Michel Simon, Noisy le Grand ; 11-12.05.2027 L’Espal, scène Nationale du Mans ; 18-20.05.2027 Théâtre de la Ville, Abbesses ; 22.05.2027 La Terrasse, Gif sur Yvette.

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