Pourquoi les hommes ont peur des femmes : entretien avec Chloé Thibaud
- Delphine Edy

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Chloé Thibaud est journaliste et essayiste. Spécialiste des sujets de société et de culture, elle adopte dans ses travaux une perspective au féminin et, parce qu’elle a à cœur d'être accessible et de s'adresser au public le plus large possible, c’est la pop culture qui constitue principalement son terrain d’exploration. Longtemps en charge de la newsletter « La Pause Simone[1] », elle vient de lancer sa propre newsletter « L’Assertive ». Elle est l’autrice d’essais remarqués, notamment Désirer la violence. Ce(ux) que la pop culture nous apprend à aimer (Les Insolentes, 2024), Ni muses, ni groupies. Une histoire féministe de la musique (Leduc, 2025). Avec son nouvel essai féministe, Pourquoi les hommes ont peur des femmes (Les insolentes, 2025), Chloé Thibaud s’attaque à une question sensible : la diabolisation des femmes.
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Delphine Edy – Le titre de ton nouvel essai, Pourquoi les hommes ont peur des femmes, a tout d’une question sauf qu’il ne comporte pas de point d’interrogation. Le sous-titre du livre, La fabrique culturelle de la misogynie, a charge de le compléter. Peux-tu revenir sur ce choix pour les lecteur.ices de Collatéral ?
Chloé Thibaud – À l'origine, j’avais pensé à Fille d'horreur. C’était le titre de travail. Mais à chaque fois que je parlais de mon projet, notamment à mon éditrice, une formule revenait tout le temps : j'expliquais pourquoi les hommes ont peur des femmes. Assez rapidement, on s'est rendu compte que c'était un titre qui serait beaucoup plus clair, nettement plus direct. Une fois que ça a été posé, je l'ai adopté sans souci. Et non, ce n'est pas une question, parce que je considère que j'apporte de nombreux éléments de réponse qui me permettent d’affirmer que les hommes ont peur des femmes. Et de revenir sur les raisons pour lesquelles ils prétendent que les femmes leur font peur. La tournure est importante. Je l'explique dans l'introduction. Ce n'est pas « pourquoi les femmes font peur aux hommes ». C'est vraiment « pourquoi les hommes ont peur des femmes ».
DE – Absolument. Ça, c'est très clair. Tout comme l'intention du livre qui te permet de cartographier en 13 chapitres l’ensemble « femmes », en identifiant des groupes, des profils, des archétypes. Et il y a là aussi quelque chose de très intéressant : tous les titres commencent par l'article défini « les ». « Les adolescentes », « les petites filles », « les sœurs », « les vieilles », « les mortes » etc. L'article défini indiquant que les choses sont connues, je me demande : qui postule que les femmes sont effectivement réparties entre ces catégories que tu poses ? Sont-ce les hommes qui les identifient ainsi ou les femmes ont-elles aussi cette conscience-là ?
CT – Il y a plusieurs choses. D'abord, il y avait pour moi une évidence à recouvrir la réalité de la pluralité des profils de femmes, d’en parler au pluriel. J’ai aussi fait exprès d’avoir 13 chapitres parce que je voulais qu'il y ait ce chiffre un peu maudit du 13. Pour autant, je ne voulais pas aller du côté des sorcières, des vampires, des loups-garous. Je voulais vraiment partir de choses réelles. C'est pour ça que la plupart des titres des chapitres ne renvoient même pas à des archétypes, ce sont des catégories de filles et de femmes : « les petites filles », « les adolescentes », « les mères », « les vieilles ». Avec la volonté de prouver qu'à tous les stades de nos vies de femmes, nous sommes piégées par les mêmes mécanismes. Pour les chapitres comme « les hystériques » ou « les castratrices », pour le coup, ce sont vraiment des archétypes, qui proviennent du regard masculin.
DE – Dans le livre, tu reviens souvent à la dimension systémique. Par exemple, tu évoques le fait qu'il n'existe pas de violences féminines systémiques. Ce qui n'est évidemment pas le cas des violences masculines. Cela pose l'idée que les choses sont construites, parfaitement conscientes, planifiées, cohérentes, etc. Ce qui a une incidence très forte sur les histoires qu'on raconte. Tu établis d’ailleurs un lien très fort entre le système et les récits et j'aurais bien aimé que tu nous en dises quelques mots.
CT – Je voudrais d’abord rappeler à quel point la culture, en particulier la pop culture, constitue vraiment le cœur de mes références, les histoires populaires, les films les plus mainstream, même s'il y a aussi, dans le livre, quelques références sans doute moins connues du grand public. Chaque récit produit, réalisé, pensé, diffusé, promu, s'inscrit dans des logiques in fine politiques. Et tous ces récits nourrissent le système. Une fois qu'on a posé qu'il n'existe pas de violences féminines systémiques auxquelles tous les hommes auraient un jour été confrontés – c'est factuel, n'importe quelle étude, chiffres gouvernementaux, français et mondiaux, nous le prouvent, année après année – on ne peut que constater qu’il y a quelque chose qui cloche. Je ne dis pas que les hommes n'ont pas peur des femmes, ou que les hommes n'ont pas le droit d'avoir peur des femmes. Ce que je dis, c'est que face à cette peur, il y a deux options. La première : j'ai peur, pourquoi et comment sortir de cette peur ? Il s'agirait de se prendre en main, notamment en thérapie. Malheureusement, c'est une option peu choisie par les hommes. Et donc la seconde : j'ai peur, et comme la meilleure défense, c'est l'attaque, je vais essayer de dominer et de contrôler, en ayant encore plus de pouvoir sur l'autre qui me fait peur. Et pour cela, il est important de légitimer la peur. Dans le livre, je reviens aussi sur des mythes de l'Antiquité, sur des textes religieux : depuis toujours les hommes se sont arrangés pour nous raconter des histoires qui nous disent, « voyez comme les femmes sont diaboliques, vous avez raison de vous en méfier, il faut se méfier d'elles ». Et une fois qu'on a légitimé cette peur des femmes, ça légitime les violences envers les femmes. L’idée était donc de montrer comment la pop culture et, aujourd'hui, les discours masculinistes, se nourrissent de tous ces mythes. Pour légitimer la violence envers les femmes et leur haine des femmes.
DE – Si tu veux bien, on pourrait prendre un exemple, je pense au chapitre « les sœurs ». Tu reviens sur le terme de sororité, et tu pars d'un film d’Andrew Fleming, The Craft ou Dangereuse Alliance en français, en montrant comment la sororité se voit décrédibilisée par les hommes. C'est un schéma que tu as identifié extrêmement vite dans ton travail ?
CT – Oui, c’est une espèce de révélation. Quand on confronte tout un tas d'exemples, on se rend compte à quel point il s'agit vraiment de propagande. C'est-à-dire que face à la sororité, on a ce fameux mythe de la rivalité féminine, quelque chose qui serait presque intrinsèque aux femmes. En fait, ce sont deux mouvements contraires, celui de s'unir et celui de nous faire croire qu'on est censé se détester. Donc, oui, c'est un chapitre central, parce qu’on mesure très bien pourquoi les hommes n'ont rien à gagner à ce que les femmes se serrent les coudes. À partir de là, il va falloir persuader les femmes elles-mêmes que les autres femmes sont dangereuses ou qu'elles sont des rivales. Et c'est là qu’il y a contamination de nos imaginaires, c'est-à-dire que les hommes entre eux se font croire qu'ils ont raison d'avoir peur des femmes, de craindre les femmes, et tous ces récits, toute cette propagande est tellement puissante que les femmes elles-mêmes, les filles elles-mêmes, finissent par avoir peur des autres filles, des autres femmes. C’est quelque chose que j'ai vécu intimement. Dangereuse Alliance, qui, par ailleurs, est un film que j'aimais beaucoup, est réalisé par un homme. Ensuite, c’est l’histoire de sorcières qui, en gros, prennent un peu le melon par rapport à leur pouvoir magique. Notamment Lune, la chef de la bande. Ça aurait pu être un grand film féministe. Elles auraient pu se venger des hommes ou faire le bien. Mais, à la fin, le mec violent envers les femmes, le manipulateur, est quand même réhabilité par l'héroïne elle-même, qui se dit qu’elle est allée trop loin, qu’il fallait pas le punir. C'est là où l’on voit – ce que j'analysais déjà dans Désirer la violence – que ce sont vraiment des mécaniques... Bon, c'est un film avant #MeToo, qui s'inscrit donc dans son époque. Mais, quand même, quand on y réfléchit, ce n'est pas logique. Normalement, on est censé être dans l'empathie avec nos héroïnes, détester le mec en face qui se comporte mal avec les femmes, qui est un agresseur sexuel, mais, par l'opération d'un cerveau masculin, à la fin, on arrive quand même à nous faire croire que la méchante, c'est celle qui prévenait que c’était un agresseur et un manipulateur, et que le mec, finalement, il n'était pas si mauvais. Une fois qu'on repère ces mécanismes, on se rend compte qu'ils ont nourri tellement de fictions ! Finalement, on nous apprend à avoir peur des victimes du produit de la violence masculine, plus que de ceux qui commettent ces violences.
DE – J’aurais très envie d’aborder tous les chapitres, mais pour des raisons évidentes, je me limite à un deuxième exemple issu du chapitre « Les femmes non blanches », dans lequel, il me semble, tu franchis un pas très important, essentiel même, en montrant le fossé qu'on essaie de créer entre les femmes blanches et les femmes non blanches. Tu t’empares de la pensée intersectionnelle pour poser les choses avec un regard bien aiguisé.
CT – Dans ce livre qui sort en 2026, je voulais vraiment créer des espaces pour penser le retour de bâton que l’on vit actuellement, l'adversité idéologique, le fait qu'il y ait beaucoup de femmes dans les rangs menaçants pour les femmes, des femmes masculinistes. Ça peut paraître paradoxal, de dénoncer la rivalité féminine dans un chapitre, et ensuite de dire qu'il existe des rivales. Mais ce que j'espère détailler de façon assez claire dans ce chapitre, c'est que, a priori, on est toutes dans le même panier – en tant que femmes – mais que d'autres femmes peuvent ne pas être féministes. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte pour beaucoup, mais je me rends compte, aujourd'hui, au fil des rencontres, que tout le monde n'en est pas au même point sur ce sujet-là. À l’écran, on nous apprend à avoir peur des femmes parce qu'elles sont des femmes, mais jamais parce que ce sont des femmes blanches. Et donc, c'est là où il est important de dissocier les différents archétypes et, surtout, de faire ressortir de nouveaux personnages. Le plus intéressant pour moi, c'est Rose dans Get Out. Il faut se réjouir de l'arrivée, certes tardive, de nouveaux créateur.ices d'œuvres qui, justement, ont suffisamment d’influence pour devenir des œuvres mainstream et impacter nos imaginaires. C'est vraiment un point très important : ce livre est un livre in fine antisexiste, mais on ne peut plus concevoir une pensée antisexiste sans qu'elle soit aussi antiraciste et intersectionnelle.
DE – Tu dis dès l’introduction que « la peur est politique. Elle s'apprend, s'alimente, s'attise, mais peut aussi s'apprivoiser, se désapprendre, se contrôler ». On se souvient de ce que disait Rancière, « si tout est politique, rien ne l'est[2] », alors je me demandais si tu serais d’accord de dire avec Olivier Neveux, spécialiste de théâtre, qu’il vaudrait mieux dire que « tout peut être politisé[3] ». D’autant que tu défends l’idée, avec Estelle Depris, qu’on a « besoin de personnes blanches déterminées à démanteler cette mécanique raciste, malgré les avantages qu'elles en tirent[4] ».
CT – Oui, et je pourrais faire plus, justement, que ce chapitre-là. Mais c'est aussi une question de se sentir légitime sur le sujet. Cela étant, pour moi, dès l'instant où on a un petit peu de visibilité, et donc la chance d'être entendue, en tant que personne blanche, cisgenre, hétérosexuelle, valide, je pense que ça devient un devoir de s'engager sur ces sujets. « Tout est politique », « rien n'est politique ». Je l'entends parfaitement. Il y a des mots, en fait, dont on se lasse un peu, comme la déconstruction, des choses comme ça. Mais là, pour le coup, vraiment, j'insiste sur la temporalité de la sortie de mon livre. Tout ça a vraiment à voir avec le fascisme. Quand je dis « la peur est politique », je dis que c'est le fondement du fascisme. De la xénophobie. La phobie, voilà la racine de tous ces maux, c'est la peur. Donc, moi, vraiment, je pèse mes mots. Oui, la peur des femmes est politique parce que nous faire croire que les femmes sont diaboliques, ça permet, encore une fois, de légitimer les violences faites aux femmes. Et c'est notre cas en France.
DE - Dès le début de ton essai, tu convoques Françoise Héritier, une référence évidemment fondamentale. Lorsqu’elle pose que toutes les cultures valorisent le masculin, elle le met immédiatement en lien avec le pouvoir unique des femmes d'enfanter et le désir des hommes de se réapproprier ce pouvoir.
CT – Oui, je pense que pour beaucoup d'hommes, il est insupportable que leur vie et leur survie dépendent des femmes. Même s'ils ne survivraient pas une seconde au cycle menstruel et à l'accouchement, c'est une espèce de jalousie très profonde, ça leur est insupportable qu'on ait ce pouvoir-là. En fait, ils sont immédiatement terrifiés à l'idée qu'on se passe d'eux, qu'on n'ait plus besoin de coucher avec eux, qu'on n'ait pas besoin de relationner avec eux. Cette idée que les femmes assument, créent la vie, donnent naissance, etc., c'est quelque chose de très profond. Et c'est justement ça qui, ensuite, va leur donner le besoin de contrôler nos corps, et c'est pour cela, qu'actuellement, il y a ce retournement de bâton. J’ai voulu l’enchaînement de chapitres avec les différents stades de la vie des femmes (petite fille, adolescente, femme mariée, mère…) car c'était important de dire qu'à chaque stade, on fait peur aux hommes, pour des raisons diverses, mais toujours en lien avec notre corps. Je cite notamment Gynophobia ou la peur des femmes du psychiatre Wolfgang Lederer, qui nous raconte toute une tripotée de mythes d'hommes qui nous disent que le corps féminin, on n'y comprend rien, c'est très compliqué, les règles, c'est dégoûtant, en fait, on a toujours essayé de nous faire croire que c'était sale, que c'était très compliqué, et que donc ça faisait très très peur. Mais, et la médecine est encore hyper en retard sur ces questions, c'est simplement que les hommes ne veulent pas s'intéresser suffisamment au fonctionnement de nos corps, de nos cycles, de nos douleurs, de notre sexualité. Partout, à toutes les époques, surtout au Moyen-Âge, au XIXe, à l'arrivée de la psychanalyse, et maintenant, aujourd'hui, les hommes ont préféré nous stigmatiser plutôt que de faire l'effort de nous comprendre. Un homme qui est bien dans ses pompes, un homme qui a confiance en lui, n’a pas besoin de rabaisser les personnes en face de lui, et encore une fois, pas seulement les femmes. C'est pour ça que l'approche intersectionnelle est importante. Ce qu'on doit schématiser, c'est l'homme blanc hétérosexuel qui a peur de tout le monde, toutes celles et ceux qui ne lui ressemblent pas. Et au lieu de se confronter à ses peurs, il contrôle, domine, pulvérise, annihile.
DE – Dans le très important ouvrage collectif publié récemment, Théories féministes, dirigé par la philosophe Camille Froidevaux-Metterie, la conclusion évoque la possibilité d'un « féminisme des alliances ».
La tâche est immense, ordonnée à une finalité, celle de faire advenir un monde libéré de l'oppression, un monde dans lequel chacun, chacune bénéficierait des conditions matérielles et relationnelles qui rendent possible la libre invention et la libre expression de soi. Or, cette tâche engage les féministes à ne pas dissocier le devenir des femmes, au nom desquelles les luttes féministes ont d'abord émergé, du devenir de toutes les personnes que l'oppression affecte, empêche, diminue ou entrave, parmi lesquelles se trouvent des hommes[5].
Comment te positionnes-tu par rapport à ce « féminisme des alliances » ? Et si l’on crée des alliances avec qui et comment, selon toi ?
CT – J'ai envie d'un monde justement où on puisse s'allier. Mais il faut avoir l’égalité en partage. Le féminisme, c'est l'égalité entre les hommes et les femmes. On parle beaucoup du masculinisme qui n'est absolument pas son pendant, puisque le masculinisme, c'est la domination des hommes sur les femmes. Le féminisme est réactionnel au masculinisme. Tout comme la misandrie est une posture politique qui n'existerait pas s'il n'y avait pas la misogynie. La misandrie est réactionnelle Donc, on est sur des postures totalement inégalitaires. Je défends vraiment cette vision très simple du féminisme de visons d'égalité entre les hommes et les femmes. Je comprends très bien la misandrie, mais il faut mettre de la nuance dans tout ça, car, parmi les hommes, il y a beaucoup d'hommes discriminés, les hommes racisés, les homosexuels, les trans. Ces nuances sont très importantes maintenant.
DE – Une dernière question. Tu viens de lancer ta propre newsletter L’Assertive, tu viens de publier cet essai qui fait déjà du bruit, quels sont tes projets pour demain ? Et tes désirs pour après-demain ?
CT – J’ai décidé de lancer ma propre newsletter parce que ça fait dix ans que je suis journaliste, et je me suis dit que c'était le bon moment pour me lancer sur ce projet personnel de newsletter. Ce n'est pas facile parce que, même si elle est gratuite pour mes lecteur.ices, mine de rien, mobiliser beaucoup de monde, ça reste difficile, donc j'ai bien besoin de soutien. C'est un projet qui me motive beaucoup : c'est un vrai besoin et un vrai plaisir de retrouver mes lecteur.ices chaque semaine. Mon livre est sorti hier, le 11 mars, et de nombreuses rencontres sont déjà prévues, mais je continue de défendre et d'intervenir sur Désirer la violenceet sur Ni Muses Ni Groupies, et puis j'ai en préparation un nouveau livre sur la musique, en co-écriture, prévu pour mars 2027.
Chloé Thibaud, Pourquoi les hommes ont peur des femmes : la fabrique culturelle de la misogynie, Les Insolentes, mars 2026, 296 pages, 22 euros

Notes :
[1] Simone est un média social d'information féministe diffusé sur les réseaux sociaux, relayé également par le site web de Femme actuelle.
[2] Jacques Rancière, La Mésentente. Politique et Philosophie, 1995, p. 55.
[3] Olivier Neveux, Contre le théâtre politique, La fabrique éditions, 2015, p. 11.
[4] Estelle Depris, Mécanique du privilège blanc : Comment l’identifier et le déjouer ?, Binge Audio éditons, 2024, p. 323.
[5] Marie Garrau, « Vers un féminisme des alliances », dans Camille Froidevaux-Metterie (dir.), Théories féministes, Seuil, 2025, p. 718.


