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à Hélène Perlant, une lettre de loin
(c) Jean-Michel Devésa Depuis quelque temps, entre nous, chère Hélène, il est beaucoup question de lettres. Et pas seulement parce que désormais nous habitons à mille deux cents kilomètres l’un de l’autre. Ces lettres auxquelles je fais allusion, ce sont celles, « volées », qui traînent sur les manteaux des cheminées et qui demeurent invisibles à la semblance de celle qu’a imaginée Edgar Allan Poe ( The Pulaned Letter , 1844) et du commentaire desquelles bien des psychanalys

Jean-Michel Devésa
15 avr.


Sarah Kechemir : Réenchanter le quotidien dans le fracas algérien (La vie au-dedans)
Sarah Kechemir (c) DR Premier recueil de nouvelles qui ont pris le temps de la maturation et du dépouillement, La vie au-dedans de Sarah Kechemir raconte les vies presque ordinaires de femmes algériennes et leurs luttes quotidiennes pour réclamer leurs voix. Pas de grandiloquence dans l’écriture de Sarah Kechemir, mais un effort constant pour donner à entendre des voix intérieures malmenées par les pressions sociales et les bouleversements de l’histoire. La vie-au-dedans ,

Walid Bouchakour
13 avr.


Maïssa Bey, trente ans de création
Maïssa Bey (c) DR C’est la couverture originale par son titre et son regard de l’album édité en 2008, préfacé par Maïssa Bey, que je propose à l’initiale de cet article ; regard original par rapport à ce que l’on entend habituellement sur l’Algérie : « Claire et Reno Marca sont allés à la découverte de l'Algérie d'aujourd'hui une Algérie colorée, surprenante, fraternelle, chaleureuse, vibrante de générosité et riche d'une diversité culturelle infinie ». Il ouvre ainsi le col

Christiane Chaulet Achour
13 avr.


Akram Belkaid : A contre-courant : de quelques préjugés, de quelques pratiques (Chroniques du ramadan - Voyage intimiste au cœur du jeûne)
« La surprise teintée de méfiance demeure de rigueur. Si ça jeûne, allez savoir ce que ça cache, ce que ça pense vraiment et, surtout, ce que ça pourrait commettre » Une nouvelle fois, le ramadan vient de se terminer. Mis en librairie en février, l’ouvrage d’Akram Belkaïd s’est adressé à un double public : celui des jeûneurs qui ne savent pas toujours le sens des rites et qui sont invités à réfléchir à leur pratique ; celui des non-jeûneurs, essentiellement les non-musulmans

Christiane Chaulet Achour
7 avr.


Carole Edwards ou le Maroc comme « patrie mentale » (Carnet de voyage dans le Sud marocain - II)
Carole Edwards (c) DR Carole Edwards n’est pas seulement une collègue, elle est une amie – au sens fort du terme, elle n’est en rien une relation. J’ai fait sa connaissance en 2016, lors du colloque international (« L’Espace caribéen, chaudron des Amériques : du déracinement et de la pensée de la « trace » au devenir historique et à ses représentations ») que j’ai co-organisé à Trinidad (à The University of West Indies) avec Savrina Chinien (laquelle avait été ma doctorante à

Jean-Michel Devésa
31 mars


Lucile Novat : « Les histoires fantastiques m’intéressent lorsqu’elles arrivent à capturer ce qu’on n’aurait pas su articuler dans un discours sagement déplié » (Voir venir)
Lucile Novat (c) Hugo Paturel Gothique, magnétique, fascinant : tels sont les trois mots qui viennent à l’esprit à la lecture de l’éclatante réussite que constitue le premier roman de Lucile Novat, Voir venir qui paraît ces jours-ci aux Éditions du sous-sol. Après De grandes dents qui offrait une réflexion sur le conte, Lucile Novat livre le récit de quatre pensionnaires de la Maison de la légion d’honneur à Saint-Denis qui vont évoluer entre les murs de cet internat élitiste

Johan Faerber
25 mars


Anne Bourrassé : « Démontrer chirurgicalement les processus de discriminations à l’œuvre dans mon milieu » (Les Refusées)
Anne Bourrassé (c) Astrid de Crollalanza Avec Les Refusées. Les artistes femmes n’existent pas (Seuil, janvier 2026), Anne Bourrassé propose un essai aussi incisif que nécessaire, qui s’attaque aux angles morts de l’histoire de l’art. Critique d’art et curatrice d’exposition, elle y met au jour les mécanismes d’invisibilisation qui ont durablement relégué les artistes femmes hors du récit dominant, en interrogeant les conditions mêmes de la reconnaissance et de la légitimité

Simona Crippa
24 mars


Fanny Taillandier : « Je crois que la littérature romanesque, c’est toujours aussi confronter les enjeux moraux les plus absolus à une réalité matérielle concrète » (Sicario Bébé)
Fanny Taillandier (c) Leslie Moquin/Rivages Avec Sicario Bébé, paru chez Rivages, Fanny Taillandier achève de s’imposer comme l’une des voix majeures de notre littérature contemporaine. Nouvelle pièce de son cycle romanesque des Empires, ce roman, bâti comme un polar marxiste, présente l’histoire d’un couple d’adolescents, Djen et Blaise, qui attendent un enfant mais qui, encore scolarisés, sont contraints de sombrer dans la délinquance pour subvenir aux besoins du futur nouv

Johan Faerber
23 mars


« Forcenés » : Une échappée performative qui fait du mythe cycliste un moment fragile où poésie et performance se conjuguent dans un véritable contre-la-montre
Avec Forcenés , le metteur en scène Jacques Vincey adapte pour la scène théâtrale – avec délicatesse et intensité – la déclaration d’amour au cyclisme de Philippe Bordas [1] et offre à Léo Gardy, jeune comédien et ancien coureur de haut niveau dans l’équipe junior du Limousin, un rôle à sa pleine mesure. Dans une course soutenue où la démesure des mots se conjugue à celle de l’effort physique, les artistes créent une tension maximale pour sonder l’économie du désir de ces ch

Delphine Edy
23 mars


Mascare : « Je ne souhaite pas être un étendard, je ne porte pas la mémoire de tous les harkis, de tous les humiliés, j’ajoute ma pierre à l’édifice » (Belgazou)
Mascare (c) Teresa Suarez C’est sans doute l’un des plus grands chocs littéraires de cette saison sinon de ces dernières années : avec Belgazou, son premier texte qui paraît chez Corti, Mascare signe une véritable déflagration. A mi-chemin entre l’enquête personnelle et l’investigation généalogique, Mascare fore la mémoire des siens, celle d’une petite-fille de harki qui porte le poids de « la déjà vieille guerre des années 60, 1960 ». Au cœur d’un pays déchiré par l’extrême

Johan Faerber
18 mars


Arundhati Roy : « Lisez donc ce livre comme si c'était un roman. Il n'a pas de plus vaste ambition » (Mon refuge et mon orage)
Arundhati Roy (c) Gallimard C’est ce que conseille l’autrice indienne au lecteur de ce récit autobiographique qui raconte sa relation avec sa mère, une femme aussi féroce que généreuse et engagée. Il est aussi question de son propre parcours d’écrivaine, elle qui a obtenu un succès planétaire avec son premier roman Le Dieu des petits riens , et qui a consacré sa plume à des combats importants dans son pays, le troisième personnage de ce récit romanesque, donc, qui dit la com

Cécile Vallée
18 mars


Emmanuelle Walter : « Le féminicide autochtone canadien est un exemple paroxystique parmi d’autres de la guerre mondiale faite aux femmes »
Emmanuelle Walter © Lynn S.K. Avec Sœurs volées, enquête sur un féminicide au Canada (Lux Éditeur, 2014), Emmanuelle Walter propose un récit rigoureux et engagé sur l’une des violences structurelles les plus persistantes du Canada contemporain : les disparitions et assassinats de femmes et de jeunes filles autochtones. À partir du cas de deux adolescentes anishnabées, Maisy Odjick et Shannon Alexander, disparues au Québec en 2008, l’autrice met en lumière, à travers une inv

Simona Crippa
17 mars


Mélikah Abdelmoumen : A la Recherche de soi : entre moi et l’autre
« Moi, habitée par deux identités supposées contradictoires, mais qui avaient dû apprendre à cohabiter » Baldwin, Styron et moi , p. 165 Mélikah Abdelmoumen, écrivaine québécoise, publie, ce printemps 2026, chez LUX (Montréal), un essai attachant et dérangeant, Traité de la petite bonté - Lettre à une jeune amie tsigane . Elle avait auparavant publié plusieurs romans et, dans une autre maison montréalaise, Mémoire d’encrier, Baldwin, Styron et moi en 2022 qui a remporté

Christiane Chaulet Achour
17 mars


'Le Projet Barthes' de Sylvain Maurice et Vincent Dissez : « Tant que la langue vivra »
Le Projet Barthes (c) Christophe Raynaud de Lage On se souvient de la conférence-performance de Fanny de Chaillé Désordre du discours , à partir de la leçon inaugurale de Michel Foucault au Collège de France prononcée le 2 décembre 1970. Avec le comédien Guillaume Bailliart, tous deux avaient cherché à donner du corps à cette pensée à partir de l’archive. « Parce que penser c’est bouger, comment ça bouge quand ça pense ? » Dans une forme qui a, elle aussi, tout de la...

Delphine Edy
16 mars


Écrire la vie : la parole d’Annie Ernaux au cinéma avec Claire Simon et Judith Godrèche
Annie Ernaux (c) DR/Gallimard En tant que femme qui écrit et qui s’interroge sans cesse sur le sens du geste d’écrire, sur la narration à partir de soi, j’ai relu récemment la réflexion de Simone de Beauvoir selon laquelle il faut sortir de l’enfermement de soi et en soi pour faire un saut vers l’objectivité. Je trouve que cette réflexion est d’une telle actualité qu’elle se place au cœur du débat culturel et littéraire contemporain, précisément dans la période historique qu

Sara Durantini
16 mars


Pourquoi les hommes ont peur des femmes : entretien avec Chloé Thibaud
Chloé Tihibaud (c) Laurie Bisceglia Chloé Thibaud est journaliste et essayiste. Spécialiste des sujets de société et de culture, elle adopte dans ses travaux une perspective au féminin et, parce qu’elle a à cœur d'être accessible et de s'adresser au public le plus large possible, c’est la pop culture qui constitue principalement son terrain d’exploration. Longtemps en charge de la newsletter « La Pause Simone [1] », elle vient de lancer sa propre newsletter « L’Assertive ».

Delphine Edy
12 mars


Michèle Audin, l’écriture des traces
Michèle Audin (c) Mathieu Zazzo « Je pense qu’en littérature le jeu entre la rigueur et l’imagination et du même ordre qu’en mathématique » Michèle Audin, 2023 Ce mois de janvier 2026 a été publié un nouvel et dernier ouvrage de Michèle Audin (1954 – 2025), Berbessa - Mes ancêtres colons (éditions EHESS). Cette écrivaine, aux multiples passions, néanmoins convergentes, était tout à la fois mathématicienne, historienne et romancière, membre de l’Oulipo depuis 2009 et enga

Christiane Chaulet Achour
16 févr.


Œdipe-Roi de Eddy d’Aranjo : « Passez le mythe à la machine, faites-le bouillir… »
OEpide Roi (c) Simon Gosselin Dans le spectacle qu’il crée à l’Odéon Théâtre de l’Europe, Eddy d’Aranjo ne propose pas une énième mise en scène d’ Œdipe-Roi . Il crée un Après à Sophocle et pose avec détermination et fermeté l’impossibilité d’un inceste inaperçu, insoupçonné, inconscient. Dès lors, l’artiste remet en cause la dramaturgie de l’aveuglement. Il nous faudra donc avancer les yeux grands ouverts ! ***** Sur le large plateau des Ateliers Berthier, une machine

Delphine Edy
11 févr.


« Chiens » de Lorraine de Sagazan : quand la cantate se fait l’écrin d’une tragédie contemporaine
"Chiens" (c) Jean-Louis Fenrandez Quatrième volet d’une recherche au plateau autour des failles du système social contemporain, Chiens de Lorraine de Sagazan s’appuie sur l’affaire judiciaire French Bukkake [1] , du nom du site internet détenu par Pascal Ollitrault qui diffusait des vidéos pornographiques d’une extrême violence, mettant en scène de jeunes femmes recrutées par le biais d’annonces trompeuses, puis humiliées, torturées, violées, des actes relevant de l’exploit

Delphine Edy
9 févr.


ContinUuisme (Sur Laura Vasquez, Sarah Bernstein & Gaëlle Obiégly)
Laura Vasquez (c) Editions du sous-sol « Ici, rien à apprendre, le désert, un ruban de mots comme une piste sans fin, sans but, qui ne mène nulle part, et qui s'achèvera sans doute comme elle a commencé (...) » Nous pourrions remonter loin, jusqu'à la figure du précurseur Charles Péguy et jusqu'aux stances infinies de son Porche du Mystère de la deuxième vertu . Mais c'est un siècle plus tard qu'est à nos yeux posé l'acte fondateur du continuuisme : en 2003, à la parution ch

Guillaume Augias
4 févr.
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