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Victoria Kaario : « Il s’agissait de regarder là où ça fait mal et de mettre en mot ce qui m’apparait comme le plus grand des bénéfices secondaires : le recul » (Mon œil)
© Aminata Beye Pour clore le cycle de ses entretiens de la rentrée littéraire, Collateral a choisi de mettre en avant l'un des premiers romans parmi les étonnants et sensibles de cette saison : Mon oeil de Victoria Kaario paru aux éditions Verdier. Récit d'expérience, récit d'expérimentation, Mon oeil débute sur le strabisme de la narratrice pour s'intéresser progressivement à ce qui ne nous regarde pas. Ou plutôt sur cette vie familiale qui regarde la narratrice : celle de l

Johan Faerber
il y a 9 heures


Polina Panassenko : « Si vous n'allez pas chercher le membre de votre famille qui a disparu dans les camps, personne ne pourra le faire à votre place » (À voix haute)
Polina Panassenko (c) Patrice Normand/L'Olivier Grand et éclatant beau livre que livre Polina Panassenko avec À voix haute, son second roman qui paraît cette rentrée à L'Olivier. Comme un écho diffracté à son premier texte, Tenir sa langue, la romancière dévoile ici ce qu'il advient à sa narratrice qui revient à Moscou pour y étudier l'art théâtral. Mais rapidement ce retour mosovite va prendre un tour politique violent par lequel la jeune femme va être conduite à mener une e

Johan Faerber
il y a 3 jours


Laure Gouraige : « Le livre est traversé par la mort, mais son écriture reste pour moi associée à quelque chose d’extrêmement vivant » (Grave : trois phrases sur la mort de mon chat)
Laure Gouraige (c) Dorian Prost/Les Intranquilles Sans doute, avec Grave, Laure Gouraige signe-t-elle à la fois son plus beau texte et l'un des poignants de cette rentrée. Paru aux toutes jeunes Editions Intranquilles au catalogue déjà remarquable, ce bref récit rend un hommage double à la fois à Umbra, le chat décédé de l'autrice auquel s'entremêle l'évocation de la grand-mère disparue. Est-ce que le texte vaut la peine d'être écrit ? Comment parler de soi au bord du vide ?

Johan Faerber
9 oct.


Phoebe Hadjimarkos Clarke : « Le récit d’une femme ménopausée est un terrain d’exploration extraordinaire pour la fiction » (Le Livre des souterrains)
Phoebe Hadjimarkos Clarke (c) Astrid di Crollalanza/Editions du sous-sol Un grand livre de son époque et sur son époque : impossible de ne pas immédiatement se formuler cette sentence après la lecture troublante et marquante du Livre des Souterrains de Phoebe Hadjimarkos Clarke qui paraît cette rentrée aux Editions du sous-sol. Après le remarquable et magnétique Aliène, la romancière revient avec l'histoire de Marie Marzouk dont on nous livre journal intime et liasse de récit

Johan Faerber
6 oct.


Gaëlle Obiégly : « Les artistes ont la capacité de traverser les cloisons sociales, les époques, et de renverser les hiérarchies » (Rien à voir)
Gaëlle Obiégly (c) Francesca Mantovani/Gallimard Enlevé, brillant, enjoué : tels sont les mots qui viennent à l'esprit après avoir refermé Rien à voir de Gaëlle Obiégly qui paraît en cette rentrée chez Verticales. Chargée de faire des fiches de lecture, la narratrice commence à présenter les livres qu'elle emprunte à la médiathèque de Bagnolet quand, de fil en aiguille, et de digressions en digressions de digressions, nous voilà au coeur d'expositions d'art contemporain et co

Johan Faerber
30 sept.


Amandine Agić : « J’avais envie d’ajouter ma voix à celles de la petite internationale littéraire des diasporas yougoslaves et bosniennes » (D'un pays qui n'existe plus)
Amandine Agić (c) Marie Docher/L'Agency Avec D'un pays qui n'existe plus, Amandine Agić signe un des plus bouleversants premiers romans de cette rentrée littéraire. Paru aux éditions de l'Olivier, ce fort récit autobiographique dévoile l'histoire d'une jeune fille qui, issue de la seconde génération d'immigrés, née en France, raconte son expérience diffractée de la guerre en Ex-Yougoslavie dont dont père est issu. Être la descendante d'un pays démantelé et disloqué par la gue

Johan Faerber
25 sept.


Šeila Pohara : « Mon pays, la Yougoslavie, avait disparu, mais il nous restait nos histoires : il fallait les arracher à l’oubli » (Les Serments trahis)
Šeila Pohara (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Les Serments trahis, Šeila Pohara signe un premier fulgurant qui fait entendre une voix aussi rare qu'émouvante. Magistral roman autobiographique, Les Serments trahis raconte l'histoire d'une enfance heureuse dans la Sarajevo des années 80 avant que la Yougoslavie n'implose et ne laisse plus qu'un sillage de morts dont la famille de Šeila Pohara va connaître l'horreur continue. La guerre en Yougoslavie, largement oubliée ou

Johan Faerber
23 sept.


Emmanuelle Lambert : « Ma conscientisation féministe est venue progressivement à partir de souffrances de femmes que j’aimais » (La Meilleure)
Emmanuelle Lambert (c) Stock Si beau et si sensible : tels sont les mots qui viennent à l'esprit après avoir refermé le nouveau récit d'Emmanuelle Lambert, La Meilleure qui, en cette rentrée, paraît à La Maindonne. A partir d'archives photographiques personnelles, l'autrice sonde avec empathie et pudeur le lien affectif encore actif qui la lie à Maïra, sa meilleure amie. "La Meilleure", qui fournit par ailleurs littéralement l'un des meilleurs titres de cette rentrée, présent

Johan Faerber
21 sept.


La communauté aimante ou penser avec Mireille Calle-Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) Collection particulière/DR Lire, pour Mireille Calle-Gruber, ce serait un geste. Un geste à la fois ample et à chaque fois neuf, un geste qui se donne comme une puissance d’accueil, comme un souhait nu et premier où l’œuvre lue ne serait pas uniquement un texte, où l’œuvre deviendrait matière à lecture parce que l’œuvre apparaîtrait à chacun comme un don. Car lire, pour Mireille Calle-Gruber, ce serait peut-être le dévoilement de ce don, le geste pr

Johan Faerber
18 sept.


Elise Lespade : « Je voulais idéalement faire un objet littéraire qui se tienne à mi-chemin entre 'Top Gun' et Sophocle » (Paradisi Gloria)
Elise Lespade (c) Cyril Dion/ Le Cercle Ouvert Un premier roman en forme d'événement littéraire comme on en lit rarement : tels sont les mots qui viennent à l'esprit en achevant la lecture du magistral Paradisi Gloria d'Elise Lespade qui vient de paraître aux toutes nouvelles éditions du Cercle Ouvert. Grand texte, fort texte : en près de 800 pages, la romancière raconte notamment le destin romanesque d'Alexis de la Paz, orpheline qui fut major à Polytechnique, au destin puis

Johan Faerber
16 sept.


Célia Houdart : « J’ai souhaité qu’une érotique dicte la composition même du roman, la manière dont le réel et la fiction se tressent, se vivifient, s’excitent, font l’amour » (Notre-Dame-des-Anges)
Célia Houdart / Fondation Jan Michalski © Tonatiuh Ambrosetti Avec Notre-Dame-des-Anges, qui vient de paraître chez POL, Célia Houdart signe non seulement un des plus beaux romans de la rentrée mais confirme qu'elle est, depuis bientôt 20 ans, l'une des voix majeures de la littérature contemporaine française. Une voix rare et précieuse qui trouve ici une nouvelle inflexion, inédite, celle qui fait plonger la romancière dans des archives familiales, les 2332 lettres d'amour qu

Johan Faerber
14 sept.


Daria Marx : « Écrire 'Tuer le vieux', c’est pour moi transformer une position de victime en position d’autrice » (Tuer le vieux)
Daria Marx (c) Flammarion Un choc émotionnel, un tour de force narratif : Tuer le vieux de Daria Marx, premier roman de son autrice, s'impose comme l'un des romans les plus remarquables de cette rentrée. Dans une trame resserrée, trépidantes, la narratrice qui doit enfin pouvoir porter plainte contre son grand-père qui, enfant, l'a violée apprend que son rendez-vous au commissariat a été annulé. Qu'à cela ne tienne, elle décide de prendre le premier train pour aller en découd

Johan Faerber
10 sept.


Lucie Rico : « Le livre est né de cette idée vertigineuse : parfois, pour retrouver sa mémoire, il faut sortir de la mémoire des autres » (Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?)
Lucie Rico (c) Editions POL Aussi magistral formellement que profondément émouvant : avec Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, Lucie Rico signe l'un des meilleurs romans de cette rentrée. Après les épatants Chant du poulet sous vide et GPS, Rico livre un récit inattendu : une jeune femme, Jennifer, chargée de retranscrire des comptes rendus de plans de licenciements, constate, suite à un incident informatique, qu'il manque des lettres à son clavier mais surtout un

Johan Faerber
7 sept.


Anne Godard : « Je voulais utiliser la forme romanesque pour immerger les lecteur.ices dans la langue de l’inceste » (Nous aussi)
Anne Godard (c) Stéphan Gladieu/Actes Sud Avec Nous aussi, Anne Godard signe un des romans clefs de cette rentrée littéraire de la démasculinisation et des héritages au féminin. Pour ce très beau troisième roman qui parait chez Actes Sud, la romancière nous présente, à travers un "on" indéfini, une grande famille de la haute bourgeoisie qui, très liée, vit ensemble dans un immeuble du 5e arrondissement parisien. Mais derrière d'heureuses apparences se dévoilent autant de viol

Johan Faerber
2 sept.


Emma Marsantes : « En suivant ces destins de femmes opprimées, j’ai réalisé combien, paradoxalement, le patriarcat a détruit les deux sexes » (N’efface pas mes cercles)
Eléonore Pironneau (c) Verdier Avec N'efface pas mes cercles, Emma Marsantes signe indéniablement l'un des plus puissants romans de cette rentrée littéraire et sans doute son récit le plus fort. A la manière d'une contre-saga fulgurante, la romancière propose une enquête sur le suicide d'Elsa, la mère de sa narratrice Mia, qui, un jour de 1980, renverse la morale et la chaise. Avec une rare fulgurance, Emma Marsantes explore l'héritage de cette culpabilité que le patriarcat s

Johan Faerber
1 sept.


Les Collatérales de Lagrasse : Chacun chez soi
Tous les jours, en partenariat avec Collateral, retrouvez en un clic dans Le Journal des Arts de Lire les chroniques de Johan Faerber. Tout au long du Banquet, le récit et l'analyse intervention après intervention de ce Banquet consacré au "La Maison et le Monde" : un journal de bord intellectuel. La chronique du jour :Chacun chez soi Programme ici

Johan Faerber
31 juil.


Les Collatérales de Lagrasse : Maisons Closes
Tous les jours, en partenariat avec Collateral, retrouvez en un clic dans Le Journal des Arts de Lire les chroniques de Johan Faerber. Tout au long du Banquet, le récit et l'analyse intervention après intervention de ce Banquet consacré au "La Maison et le Monde" : un journal de bord intellectuel. La chronique du jour : Maisons Closes Programme ici

Johan Faerber
30 juil.


Les Collatérales de Lagrasse : Maison neuve
Tous les jours, en partenariat avec Collateral, retrouvez en un clic dans Le Journal des Arts de Lire les chroniques de Johan Faerber. Tout au long du Banquet, le récit et l'analyse intervention après intervention de ce Banquet consacré au "La Maison et le Monde" : un journal de bord intellectuel. La chronique du jour : Maison neuve Programme ici

Johan Faerber
29 juil.


Les Collatérales de Lagrasse : regagner son foyer
Tous les jours, en partenariat avec Collateral, retrouvez en un clic dans Le Journal des Arts de Lire les chroniques de Johan Faerber. Tout au long du Banquet, le récit et l'analyse intervention après intervention de ce Banquet consacré au "La Maison et le Monde" : un journal de bord intellectuel. La chronique du jour :Regagner son foyer Programme ici

Johan Faerber
28 juil.


Les Collatérales de Lagrasse : la maison, vite
Tous les jours, en partenariat avec Collateral, retrouvez en un clic dans Le Journal des Arts de Lire les chroniques de Johan Faerber. Tout au long du Banquet, le récit et l'analyse intervention après intervention de ce Banquet consacré au "La Maison et le Monde" : un journal de bord intellectuel. La chronique du jour : La maison, vite Programme ici

Johan Faerber
27 juil.
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