Elise Lespade : « Je voulais idéalement faire un objet littéraire qui se tienne à mi-chemin entre 'Top Gun' et Sophocle » (Paradisi Gloria)


Un premier roman en forme d'événement littéraire comme on en lit rarement : tels sont les mots qui viennent à l'esprit en achevant la lecture du magistral Paradisi Gloria d'Elise Lespade qui vient de paraître aux toutes nouvelles éditions du Cercle Ouvert. Grand texte, fort texte : en près de 800 pages, la romancière raconte notamment le destin romanesque d'Alexis de la Paz, orpheline qui fut major à Polytechnique, au destin puissamment contrarié puis nié. Réglé comme une tragédie antique, la narration, inexorable, porté par un rare sens de la fiction, rebat les cartes d'une littérature française contemporaine portée par l'enquête et la non-fiction. Un geste aussi singulier que fort qui clame combien la littérature a encore de beaux jours devant elle. Pour saluer ce tour de force, Collateral est allé à la rencontre de la jeune autrice le temps d'un grand entretien.
Ma première question voudrait porter sur la genèse de votre si puissant premier roman, Paradisi Gloria qui vient de paraître aux toutes nouvelles éditions Le Cercle ouvert. Comment est né chez vous le désir de raconter notamment l’histoire d’Alexis de la Paz, celle qu’on présente d’emblée comme cette « orpheline rescapée des foyers de la DDASS/ex-gloire adolescente de la voltige amateur/major de Polytechnique aux yeux bleus/première femme pilote de combat à avoir fait tomber, à vingt-cinq ans à peine, le bastion ultra sélect de la chasse française » ? Existe-t-il un substrat biographique direct qui préside à l’écriture qu’on imagine étalée sur plusieurs années du destin de « l’orpheline au nom si invraisemblable qu’on aurait pu le croire une plaisanterie » ? Ou bien est-il né de quelques lectures ou de la fréquentation d’une œuvre en particulier ? Enfin, quand vous est venu ce titre Paradisi Gloria : quelle signification lui attachez-vous ?
Il existe — j’ai envie de dire « bien évidemment » mais cela n’a peut-être rien d’évident du tout ! — un substrat biographique à cette histoire, et pas seulement derrière le personnage d’Alexis de la Paz, mais quasiment derrière tous ceux qu’on trouve dans le livre… Alexis de la Paz est un personnage qui me suit et me hante depuis près de dix ans (la rédaction du livre en a pris à peu près sept), tout comme ceux des frères Gaspard et Dimitri, qui existaient dans mon esprit en tant que personnages bien avant l’écriture même du livre — ils étaient déjà là, presque tels quels, dans un manuscrit précédent, que je n’ai pas réussi à terminer. Lorsque j’ai refondu ce premier manuscrit — qui est devenu Paradisi Gloria —, je les ai donc « recyclés », en développant les liens qu’ils entretenaient les uns avec les autres pour les besoins de ma nouvelle histoire. En revanche, je n’ai pas d’antécédents professionnels dans l’armée de l’air, ni ma famille non plus (dans l’armée en revanche, si), tout cet aspect-là du personnage est donc venu plus tard, d’une intuition inexplicable, comme il y en a parfois dans la vie des auteurs… Bref, très vite, il m’a fallu composer avec ce couple de pilotes de chasse surgis de mon imagination. Hélas, il s’agissait d’un domaine auquel je ne connaissais à peu près rien, ce qui a naturellement débouché sur des mois de documentation intense, afin de parvenir à maîtriser mon sujet. Mais, plus près de moi, Alexis de la Paz, avec sa force de détermination invincible et sa passion dévorante pour l’aviation, est sans doute le personnage qui m’a donné l’occasion de mettre dans le récit quelque chose de mon rapport fanatique et monomaniaque à l’écriture. Moi qui, sans parler d’un avion de chasse, suis incapable de conduire même une voiture, je peux pourtant arriver à me projeter en Alexis et à comprendre sa hargne et ce qui la meut : j’ai mis la même énergie et fait preuve de la même détermination qu’elle pour écrire et mener à bien ce livre. Elle est en tout cas, de mes personnages, celui pour lequel je nourris le plus d’admiration. Même ses côtés les plus antipathiques me la rendent touchante ; il y a presque une forme de pureté dans son égoïsme — une force vitale brute qui ne s’excuse pas d’exister et se fout éperdument de ce qui en résultera. De façon plus pratique, je me suis inspirée pour construire sa trajectoire professionnelle de femmes réelles, qui ont bel et bien existé, comme Caroline Aigle, première femme pilote de chasse en France, décédée tragiquement à l’aube de la trentaine, Virginie Guyot, première femme à intégrer la Patrouille de France, et de toutes celles qui ont fait leur chemin dans ce milieu traditionnellement masculin qu’est l’armée. C’est aussi une femme en lutte avec son identité féminine, consciemment ou non, ce qui n’est pas la moindre des ressemblances qu’il y a entre elle et moi…
Quant à ce titre, il m’est venu en cours d’écriture, alors que j’étais à peu près à mi-chemin de la rédaction. J’écoutais alors en boucle le Stabat Mater de Rossini (j’écoute beaucoup de musique en écrivant), notamment l’avant-dernier mouvement, qui reprend les tout derniers vers du Stabat Mater : « Quando corpus morietur, fac ut animæ donetur paradisi gloria » — en français : "A l'heure où mon corps va mourir, fais que sois donnée à mon âme la gloire du paradis". C’est en écoutant ce chœur a capella chanter ces deux derniers mots que j’ai brusquement eu l’idée du titre : je souhaitais en effet un titre lumineux, gracieux et d’une tonalité un peu lyrique, en totale contradiction avec le texte, et capable de résonner avec lui de façon ironique, presque en antiphrase — et Paradisi Gloria remplissait parfaitement cet office. Il y a peu de chances, en effet, qu’aucun des Bromberg, coupables de parricide, d’inceste, de suicide et d’alcoolisme, soit au paradis à l’heure qu’il est, et la dimension quasi blasphématoire qu’on peut dès lors entendre dans ces deux mots me plaisait. Je ne voulais pas d’un titre redondant, qui ne fasse que redoubler le livre ; je souhaitais au contraire qu’il se produise entre les deux une sorte de collision.
Pour en venir au cœur de Paradisi Gloria, ce qui frappe c’est combien dans ce vaste roman l’ensemble de la narration est aimantée par ce personnage d’Alexis de la Paz dans un souci de composition digne d’une tragédie antique. La force du récit provient de la patiente élaboration d’une mécanique de la catastrophe qui fait peser sur chacun des gestes des personnages les évidences de la mort. La fatalité rôde et frappe dans une intensification dramatique d’ampleur : « les catastrophes avaient commencé à s’abattre sur leurs têtes, les unes après les autres ». Un effet de fatum déchire les faits et les gestes des personnages piégés dans une mécanique irréversible car « tôt ou tard, cette histoire prendrait l’eau par tous les côtés » ou encore : « la Patrouille s’était-elle débarrassée d’elle parce qu’elle avait commencé à replonger, ou avait-elle replongé justement parce qu’elle avait été évincée de la Patrouille ? » Puisque, apprend-t-on comme si la fatalité tuait tout, « les dieux régnant sur l’incommensurable trafic du ciel en avaient décidé autrement ». Avez-vous ainsi cherché à construire votre roman comme une tragédie antique autour de « la mal nommée Alexis de la Paz » ?
Oui, absolument ! J’éprouve depuis longtemps un bonheur très primaire, presque enfantin, à lire les Tragiques grecs et tout ce qui en découle (Racine et Shakespeare sont évidemment dans le lot, tout comme Faulkner), et de façon générale, j’éprouve un plaisir extrême à fréquenter les œuvres qui abondent en catastrophes. J’avais donc envie, de façon très délibérée, d’essayer de ressusciter ces émotions de lecture et de me purger, par la même occasion, de toutes mes passions violentes, en me lançant à écrire une tragédie contemporaine, adaptée au contexte d’aujourd’hui. Par ailleurs, il suffit de fréquenter un peu les cours d’assises ou les parloirs de prison (ce que j’ai beaucoup fait pour écrire certaines scènes du livre) pour se rendre compte que pas mal des « patterns » de la tragédie sont encore d’actualité, de façon très concrète, dans le monde autour de nous. Notre modernité peuplée d’écrans et quelque peu aseptisée tend à nous le faire oublier mais nous sommes toujours faits de ces pulsions archaïques que la tragédie sait magistralement mettre en scène. Jalousie, vengeance, rivalité, trahison, meurtre, mensonges destructeurs — tout cela fait et fera toujours partie de notre humanité. Sortir du réalisme (qui, je crois, n’est pourtant pas absent du texte) et ressusciter en filigrane, derrière le contemporain tel qu’on le connaît, le côté fondamentalement anti-naturaliste de la tragédie, son atmosphère de fatalité et de malédiction, accumuler jusqu’à l’excès les drames sur cette même famille et les faire s’entredéchirer dans le sang, tout cela non pas à Mycènes mais à la campagne, à Paris et dans les décors que l’on connaît, était une idée qui me plaisait énormément et n’a pas cessé d’étayer mon enthousiasme tout au long de ces sept années d’écriture. En même temps qu’un moyen d’exorciser mes propres démons, l’écriture a ainsi pris un tour ludique : elle est devenue un dialogue permanent avec les œuvres qui l’ont inspirée et qui sont réinterprétées dans le texte : la scène de retrouvailles entre les frères, après la sortie de prison de Gaspard, est ainsi une réécriture assumée d’une scène des Phéniciennes d’Euripide — le tout mâtiné d’une petite pincée de western spaghetti. Cet entre-deux entre culture populaire et la culture classique était quelque chose qui me tenait très à cœur. Je voulais idéalement faire un objet littéraire qui se tienne à mi-chemin entre Top Gun et Sophocle.
Cependant je ne vois pas ce roman comme « l’histoire d’Alexis de la Paz », même si Alexis est indéniablement un pivot autour duquel s’organise tensions et conflits entre personnages. Certaines lectures que j’ai faites au début de la rédaction du livre m’ont fortifiée au contraire assez tôt dans la volonté de construire ce qu’on appelle un roman choral. C’est-à-dire de raconter une histoire sans aucun vrai « personnage principal », où la trajectoire de chacun est rendue plus poignante du fait d’être constamment enchâssée dans celle des autres… Un des grands ressorts de l’émotion tragique me paraît résider dans cette dimension que je qualifierais de « collective » : aucune tragédie ne peut être la tragédie d’un seul. Il ne peut y avoir tragédie, à mon sens, que lorsqu’il y a en même temps tragédie de tous — que celle d’Œdipe soit prise dans celle de Jocaste, elle-même prise dans celle d’Étéocle et Polynice, laquelle se fond dans celle d’Antigone… Le tragique ne naît que sur un plan d’ensemble, à l’aide de cette défocalisation radicale ou, disons, de cette démultiplication des plans individuels.
Si Paradisi Gloria se compose telle une tragédie antique, ce qui ne manque également pas de frapper, c’est combien votre roman s’écrit en permanence à la croisée d’autres genres qui ne cessent d’être réinterrogés. Difficile ainsi de ne pas qualifier Paradisi Gloria de saga familiale autour du personnage d’« une enjôleuse, une égoïste, une ambitieuse » par laquelle « tout l’équilibre thermodynamique d’une famille semblait près de voler en éclats ». Difficile de ne pas penser aussi à un contre-vaudeville puisque, au cœur de l’intrigue certains personnages entre mariages, remariages et tromperies se demandent si « le récit de l’infâme vaudeville qui s’était déroulé depuis lors les avait invités à réviser leur jugement ». Roman policier aussi puisque l’un des personnages sera au cœur d’un assassinat prémédité avec un vrai-faux accident de voiture : « Quelle enquête ? Est-ce qu’il lui est arrivé quelque chose ? » Une enquête policière qui distribue une structure judiciaire dans la parole entre témoignage et reconstitution. Ainsi, avez-vous souhaité croiser en écrivant Paradisi Gloria autant de genres narratifs pour venir nourrir le caractère extraordinairement romanesque de votre roman, presque roman de romans ?
C’est une question intéressante, mais je ne crois pas qu’il y ait eu, au moment de la conception de ce livre, de volonté très claire de croiser tous ces genres. Cela s’est fait tout seul, dans le courant de l’écriture, et peut-être avant tout parce que la tragédie elle-même est capable de brasser tous ces aspects ! Œdipe roi n’est-il pas aussi un genre de « roman policier », avec une enquête à résoudre ? Les Euménides, une « pièce de procès » — comme on pourrait dire un « film de procès » —, où les témoins défilent à la barre pour participer au jugement du matricide qu’est Oreste ? L’histoire d’Atrée et Thyeste, un vaudeville affreusement sanguinolent, dans lequel un homme séduit sa belle-sœur, couche avec elle, et dont le frère se venge par la suite en lui servant à manger ses propres enfants, fruits de l’adultère ? Le roman, de par son inspiration tragique, puise dans tout cela, et évolue donc naturellement entre ces différents genres, qu’il approfondit ensuite avec des techniques d’écriture réaliste plus propres au genre romanesque qu’au théâtre. Mais il y a également, derrière ce livre, bien d’autres inspirations hétéroclites que l’on pourrait citer et dont certaines procèdent directement de mon passé cinéphile : j’ai déjà cité Top Gun et le western spaghetti, mais il y aurait aussi le film noir (Isabelle et ses cigarettes…), le thriller érotique façon années 90, David Lynch, les college movies, les films de Powell et Pressburger ou encore de Chaplin, pour qui j’ai une admiration totale — tout cela, à des doses plus ou moins importantes, se retrouve un petit peu dans le livre ou, à tout le moins, a largement influencé ma façon d’écrire.
Roman de romans, Paradisi Gloria se singularise dans la production actuelle en ce qu’il accorde un crédit inouï à la littérature comme fabrique de fiction. Cette confiance très rare dans la littérature, comme puissance d’évocation, se traduit par une spirale d’instances narratives mais aussi par une dramaturgie qui s’élabore autour de scènes clefs d’une rare force comme l’incroyable crash de l’avion d’Alexis de la Paz et son éjection hors de l’habitacle, qui traduit un rare plaisir du texte et une saisie romanesque du monde qui cherche toujours à apprendre « le fin mot de l’histoire ». Comment envisagez-vous cette confiance rare que vous accordez à la littérature comme productrice de romanesque ?
Je pense que tout cela se passe dans des zones de moi-même qui ont très peu à voir avec l’intellect, la réflexion ou la production théorique. Des zones auxquelles je n’ai donc pas tout à fait accès… Je n’ai pas fait d’études de lettres, toute mon expérience et mon savoir en matière de littérature sont donc de nature purement empirique. Les livres sont avant tout pour moi, plus que des objets intellectuels, des objets affectifs, avec lesquels j’entretiens des liens très intimes. Et surtout, c’est une évidence, des sources de plaisir très concrètes, qui multiplient les occasions de vivre des émotions intenses — d’abord parce que les romans sont faits avec des personnages, c’est-à-dire de la chair et du sang. Je ne dis pas que la littérature ne peut pas être plus ou autre que cela, mais que par tempérament, par inclination personnelle, les œuvres vers lesquelles je suis attirée et desquelles j’ai tiré le maximum de jubilation sont très incarnées. Ce sont celles où les êtres sont restitués dans leur complexité, si vrais qu’ils en deviennent palpables. Celles, dans tous les cas, qui par l’intensité et la diversité des histoires qu’elles brassent, ont fait vibrer chez moi une corde intensément liée à l’affect, le « facteur humain » étant mon unique boussole en matière d’écriture — je serais absolument incapable d’écrire quoi que ce soit sans avoir d’abord un personnage en tête, c’est-à-dire un corps pensant, souffrant, agité de pulsions. Toute la réflexion autour du travail d’écriture a donc consisté à identifier, comprendre et décortiquer la source de ce « plaisir de la fiction » en allant l’étudier entre les pages de mes livres de chevet afin de m’en rendre maîtresse à mon tour. L’édifice de la sophistication romanesque ne me paraît en effet mériter réflexion que dans la mesure où il est capable de maximiser le bouleversement émotionnel que je souhaite produire à mon tour chez le lecteur. Sans un fond de vérité à exprimer, sans le substrat d’une émotion, d’une douleur, ou d’un conflit au sein d’un personnage, il ne serait qu’une machinerie tournant à vide. La question de la confiance ne s’est donc pas posée pour moi : elle me semble aller de soi. Elle va de soi car elle prend matériellement et quotidiennement sa source au cœur de ma vie — dans le plaisir infiniment réitérable de lire et d’écrire.
Enfin ma dernière question voudrait porter sur les influences qui ont pu être les vôtres au moment de composer Paradisi Gloria. On pense à Claude Simon pour son style avec des effets d’épanorthose : « plus qu’un vide hors d’atteinte ; une absence ; une force d’inertie retranchée dans sa citadelle alcoolique imprenable et d’où rien d’humain n’était plus capable de l’arracher, même pour son propre bien. » On pense à Faulkner, Mauvignier et Viel pour la boussole des personnages guidés par « la guerre, la folie, la foi, l’amour ». Mais quelles ont été les autrices ou les auteurs qui ont pu vous accompagner lors de votre travail ?
Ce n’est pas la première fois que l’on évoque Claude Simon pour parler de ce livre alors que je suis loin de bien le connaître — et ne l’avait en tout cas jamais lu avant de commencer l’écriture de Paradisi Gloria. Je pense que la filiation ressentie avec Simon provient du fait qu’il faut remonter plus haut, à l’influence commune de Faulkner, auteur que j’ai, pour le coup, énormément pratiqué. Ce qui m’a marquée chez Faulkner est pourtant moins le style que ce dont je parlais plus haut — l’extraordinaire force des personnages, et l’ambiance de fatalité qui pèse sur leur destin. Il y est aussi souvent question de fratries — thème qui m’est cher et qui continuera sans doute d’apparaître dans mes prochains livres. Dans le même ordre d’idée — la construction d’une tragédie contemporaine — j’ai également relu la Tache, de Philip Roth, où un mensonge originel finit de la même façon par faire exploser la vie d’un homme et de tout son entourage. Dostoïevski, que j’ai beaucoup relu également, mérite aussi d’être mentionné pour l’extraordinaire scène de procès qui conclut les Frères Karamazov — tout est écrit, quasiment sans ellipse — et qui, peut-être, n’est pas étrangère au fait que Paradisi Gloria se termine aussi par une plaidoirie. Mais il y a également Conrad, et notamment Lord Jim, pour la sophistication narrative et la façon d’aborder le personnage de Jim comme un puzzle, par fragments, le Bolaño des Détectives sauvages et de 2666, pour l’enchâssement et l’éclatement des récits, Garcia Marquez, pour l’art de savoir doser la fantaisie, Lowry et particulièrement Au-dessous du volcan pour son atmosphère ésotérique, entre mysticisme et déchéance… Un premier roman est aussi le lieu où l’on apprend à écrire, et tout ce que l’on lit en l’écrivant est, dans une certaine mesure, susceptible d’enseigner quelque chose sur l’écriture. Je pourrais également mentionner Cormac McCarthy que j’ai énormément relu ces dernières années, et dont l’art du dialogue m’impressionne toujours autant, notamment dans sa dernière œuvre en forme de diptyque, le Passager et Stella Maris, sans doute une des plus belles choses que j’ai lues ces dernières années.

Elise Lespade, Paradisi Gloria, Le Cercle Ouvert, août 2026, 784 pages, 24,90 euros


