Louise Rose : "J’avoue que j’ai du mal avec le terme d’héroïne" (Les Projectiles)
- Johan Faerber

- 17 sept. 2025
- 13 min de lecture

Un grand et fort premier roman comme on en lit trop rarement : telle est le sentiment qui accompagne la lecture de Les Projectiles de Louise Rose qui vient de paraître chez POL. Un premier roman enthousiasmant et alerte qui présente l'histoire d'une prénommée ou surnommée Bébé qui, un jour, quitte son compagnon Boris, après un jet de yaourt par la fenêtre, pour retrouver une boîte enfouie dans le jardin de sa maison d'enfance. Commence alors une odyssée qui explore le sensible comme un projectile lancé à toute vitesse mais en marche arrière : car le récit obéit à un compte-à-rebours en présentant le dernier chapitre en premier jusqu'à remonter au jet de yaourt liminaire. Un tour de force formel, servi par une langue inventive, une exploration déraisonnée du monde : autant de pistes que Collateral a voulu explorer avec la romancière le temps d'un entretien.
Ma première question voudrait porter sur la genèse de votre si singulier et formidable premier roman, Les Projectiles qui vient de paraître chez POL. Comment vous est venu le souhait d'écrire l'épopée de Bébé, celle qui, durant cinq jours, prend la fuite, "caméléonne au calme des passagers" dans les trains après avoir été signalée par ses proches pour disparition inquiétante ? Comment cette histoire vous a-t-elle été inspirée : y a-t-il une lecture à son origine qui vous aurait marquée ou bien un épisode particulier ? Un mot enfin sur le titre du récit, Les Projectiles : quelle est son origine ? Faut-il ainsi le comprendre comme "des souvenirs, des traces, des objets et des mots qui déboulent dans le récit, et apparaissent sous forme d’impacts" ?
La disparition volontaire et l’errance sont des thèmes qui m’inspirent depuis un certain temps. Je me demande souvent ce qui pousse les gens à partir sans se retourner, à tout plaquer d’un coup, comme s’ils s’auto-kidnappaient. En France on parle du droit à l’oubli, toute personne majeure est autorisée à partir sans laisser ni trace ni adresse et recommencer sa vie. Au Japon c’est aussi très fréquent, il y a même un nom pour désigner ceux qui quittent tout d’un coup : les évaporés. Je trouve ça assez beau de comparer la violence d’une disparition à un état physique aussi doux, libre comme l’air. Je pense également avoir été inspirée par un mystérieux fait divers datant de 2014 au sujet d’un dénommé Lars Mittank. Ce jeune homme allemand, alors en vacances en Bulgarie avec des amis, a pris la fuite dans un aéroport après avoir laissé son téléphone, son portefeuille et ses valises dans le bureau du médecin où il était pris en charge suite à un comportement nerveux et erratique. Les dernières images de vidéosurveillance montrent le jeune homme en train de courir dans l’aéroport visiblement terrifié, escalader une clôture et poursuivre sa course dans un pré puis vers la forêt. L’affaire reste à ce jour non élucidée.
Pour Bébé c’est disparaître ou mourir d’ennui. Retrouver un souvenir tombé dans le trou de la doublure de la poche d’un vieil anorak l’aide à prendre une décision, lui donne une raison pour et avec laquelle partir. Elle a enfin un but autre que celui de rester en vie pour se lever, aller au travail, rentrer s’asseoir dans le canapé et manger probablement une pizza avec Boris son partenaire, les rdv du dimanche avec la belle famille et le poulet rôti.
Dans mon quotidien je ramasse beaucoup de petits trucs insignifiants dans le but d’en faire des micro-sculptures ou de compléter une collection. Je les mets dans mes poches, je les oublie, je les retrouve plus tard, parfois des années car j’ai beaucoup de vêtements, donc beaucoup de poches- dont certaines trouées. Quand un de ces objets remonte à la surface, je tente de me rappeler d’où il vient, à quelle vie d’avant il appartient.
A l’origine mon manuscrit s’appelait Yaourt Nature en référence au pack de yaourt que Bébé balance par la fenêtre avant de claquer la porte du troisième étage. Plus tard je me suis rendue compte qu’outre ces douze yaourts il y avait beaucoup d’éléments de tout type qui traversaient le récit de part et d'autre. Je trouvais que les projectiles définissait plutôt bien ce sentiment de choses qui fusent, partant d’un endroit pour aller se ficher dans un autre avec plus ou moins de douceur. Les projectiles sont protéiformes. Ce sont effectivement des souvenirs, des traces, des objets et des mots mais ce titre traduit aussi l’idée de trajectoires, également multiples dans le récit. Quelque part ça m’évoque aussi la guerre, ici une guerre intérieure, celle que chacun mène avec ses propres ressentiments, entre les pensées, les angoisses, les souvenirs et les espoirs, tout ce qui peut nous forger finalement. D’ailleurs les projectiles c’est aussi proche du mot projection, et j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose de très cinématographique dans mon roman, de part son aspect très visuel et contemplatif, Bébé qui de page en page évolue dans un décor réel mais aussi dans ses projections mentales : tous ces moment où elle s’imagine crever, où elle replonge dans ses souvenirs en fermant les yeux, où elle rêve.Enfin, pour terminer sur les projectiles, je trouve que c’est un très joli mot, très ciselé dans sa forme et j’aime le contraste qui s’établit entre l’harmonie de son son et la brutalité à laquelle il renvoie. On dirait une petite plume qui pèse trois tonnes, il y a une dimension assez dramatique, pour moi ça définit un phénomène contre lequel on ne peut lutter. Une chute libre irrémédiable, avec une remontée qui fait que la narration plane entre montagnes et poupées russes. C’est une histoire de vols, dans tous les sens du terme.
Un projectile c’est voué à disparaître, c’est quelque chose qu’on lance très loin. Bébé en est un bon exemple et Les projectiles est l’histoire de son vertige.
Pour en venir au coeur de votre roman, Les Projectiles présente ainsi l'histoire de Bébé prise à la fois dans une fuite, une quête qui s'étend sur moins d'une semaine et qui consiste pour l'essentiel dans le désir de retrouver une boîte enterrée dans le jardin de sa maison d'enfance. La force du récit tient à ce personnage dont la narration dit : "Bébé est comme tout le monde, pas normale". Depuis son nom ou surnom, Bébé présente une vision extrêmement singulière comme si elle prenait le monde à revers. Peut-on ainsi considérer Bébé comme l'héroïne d'une manière de conte de la folie ordinaire ?
Ce que j’ai remarqué c’est que plus Bébé se rapproche de son but, plus elle s’affranchit des codes et devient une espèce d’enfant sauvage, puisant une forme de courage dans ses peurs. Le retour au jardin de son enfance la guide vers une forme d’insouciance qui rend sa vie plus douce et moins ennuyeuse -même si elle se met en danger et manque de mourir dans à peu près chaque chapitre. Elle passe de la peur à la pureté et tend vers une existence plus simple. Elle est folle à sa manière, je ne sais pas si ça lui convient mais de toute façon elle est bien obligée de faire avec. De par sa sensibilité qui s’aiguise suite à la perte de repères matériels ; par exemple son téléphone qu’elle laissé sur la table avant de partir, Bébé est plus attentive aux choses, elle se rapproche également géographiquement et sensiblement de la nature environnante et retrouve sa propre nature. Son regard change de posture et s’ouvre davantage, il s’infantilise sans pour autant régresser.
J’avoue que j’ai du mal avec le terme d’héroïne. De tout mon livre Bébé est le personnage que j’aime le moins. Je ne suis pas sûre de très bien la connaître. Je ne sais pas quel âge elle a ni quelle tête. Je suis pas sûre de vouloir vraiment la connaître et je pense que c’est son mystère, on a accès à ses pensées mais on ne sait pas tout, je pense que c’est ça qui fait qu’on perçoit ses perturbations. Elle est surtout perdue, à fleur de peau, en proie à une crise et je pense que ça vient de la peur de mener une existence quelconque. Pourtant, dans cette tempête intérieure, elle est très déterminée, bien décidée à en découdre avec tout obstacle qui se mettra sur son chemin, et ce grâce à un coquillage, une maison de sous la mer où l’enfance s’est réfugiée.
Pour en finir avec Bébé je ne sais pas comment elle s'appelle vraiment. Bénédicte, Bérénice, Bertille. Betsabeh. Belle. Bérébentine. Bérézina. Berthe. Béatrice. C’est polysémique, comme les projectiles, (voire homophonique? ), d’une part ça symbolise une forme de renaissance par le retour à l’enfance, mais c’est aussi Bébé, ce nom dont on s’affuble entre amis, amours et collègues.Tout le monde s'appelle Bébé, baby en termes de tic de langage générationnel c’est un terme que l’on entend fréquemment dans les bus, les centre commerciaux et les cours de récré. La nommer ainsi c’est aussi un moyen de ne pas la nommer vraiment mais plutôt de la surnommer, ce qui la rend absurde et un peu mignonne.
Et comme elle part dans tous les sens, je pense que ça lui va bien d’avoir une identité nominative ambivalente.
Cette appellation est sans doute inconsciemment liée aussi au film L’impossible monsieur Bébé, titre à la dimension catastrophique, aucun lien cependant avec la Bébé de Dirty Dancing.
Ce qui frappe immédiatement à la lecture des Projectiles, c'est la structure à revers qui organise les 16 chapitres qui racontent, à l'envers, l'histoire de la quête de Bébé. Loin de suivre un fil linéaire qui part d'une situation initiale jusqu'au dénouement, le récit procède selon un compte-à-rebours inversé où la situation finale constitue le point de départ du récit. S'agissait-il pour vous de jouer des attendus de la quête et de produire une véritable contre-enquête à prendre au pied de la lettre ? L'effet de surprise est tel pour les lectrices et les lecteurs qu'on a le sentiment d'assister, selon l'expression de Walter Benjamin, à une "histoire à rebrousse-poil" : quels sont les effets narratifs et même herméneutiques qu'une telle structure vous permet de proposer ?
Je trouvais ça amusant de proposer cette forme tout en en faisant l’exercice d’écriture, c’est un exercice de contournement - encore une fuite. Ce système me fait penser au fait de faire demi-tour dans une promenade. Les arbres de gauche deviennent des arbres de droite. On perçoit des choses qu'on n'avait pas vues. On trouve une plume qui n’existait visiblement pas sous l’angle du début. Ce système permet également d’injecter du suspense à cette histoire mais c’est différent de chercher à savoir d’où part une quête plutôt que de juste vivre une quête, à mon sens ça rajoute une dimension supplémentaire, une origine qui vient questionner la notion de mémoire et notamment où va la mémoire quand on la perd. Qu’est-ce qui nous pousse à disparaître, et est-ce que perdre ses souvenirs c’est disparaître. C’est ce que j’ai tenté d’explorer à travers cette enquête. Questionner ainsi la mémoire en tant que part de l’identité d’un individu je pense que ça pousse subtilement le lecteur ou la lectrice à faire travailler la sienne, comme une forme d’anticipation vis à vis du récit. Le lecteur sait ce qu’il se passe dans le futur de Bébé mais pas ce qu’il s’est passé avant. Et pour Bébé c’est tout l’inverse. Le lecteur et Bébé sont amenés à voyager ensemble dans l’histoire mais chacun dans la direction opposée et avec des informations complémentaires que l’autre ne détient pas. Ainsi, Bébé échappe au lecteur mais pas à l’histoire qui la raconte.
Pendant l'écriture des Projectiles, j’ai dû accorder un soin particulier à la manière dont je devais laisser des indices à destination du lecteur, et d’autres à destination de Bébé. Comme s’il y avait deux jeux de piste qui se croisent entre les phrases dans deux temporalités distinctes.
Pour la petite histoire je relis actuellement Les projectiles dans le soi-disant bon sens, c'est-à-dire du chapitre un au chapitre seize, pour voir si Bébé ne m’a pas laissé quelques pièges, pour le moment rien à signaler.
Impossible de ne pas être emporté à la lecture des Projectiles par l'inventivité de la langue qui vous anime. C'est un grand texte de langue qui, cependant, n'écrit pas pour écrire mais use sans cesse de sa langue si forte pour faire progresser ou régresser l'histoire. On ne compte ainsi plus les néologismes qui se "titanique" et le rendu phonétique des paroles de la famille Tempête qui font penser à Queneau comme si Bébé avait la sagacité et l'énergie de Zazie. S'agissait-il ici de trouver une langue capable en fait de rendre la densité et l'intensité de la réalité que Bébé traverse à la mesure de cette observation : "La sensation s'intensifie, comme si des aiguilles se plantaient dans son crâne" ?
Dans une récente lettre suite à l’envoi des Projectiles, quelqu’un de précieux m’a écrit : “Vous écrivez dans un son que vous inventez.” et je pense que c’est une phrase qui répond assez bien à la question de ma langue.
J’ai du mal à savoir si c’est une volonté de ma part ou une obligation d’écrire les choses comme je les entends. Je l’écrirais plus bas, mais il y a dans Les projectiles une musicalité qui s’est imposée d’emblée et m’a permis de trouver un rythme. Je voulais que chaque personnage ait sa voix, sa manière de parler, j’y vois une forme d’hommage aux tics de langage, les enfants et leurs en fait, les tu vois qu’on rajoute en bout de phrase alors qu'il n’y a rien à voir, les gens qui parlent sans articuler, je trouve que ça permet d’écrire un personnage autrement que par le physique, que derrière la manière de manier la parole il y a déjà une histoire, une matière. Bébé est une énigme parce qu’elle parle peu. Elle ouvre bien plus ses yeux, ses oreilles et ses narines que sa bouche. C’est une taiseuse, ce qui contrebalance avec le flot de pensées incessantes qui traversent sa tête mais j'aime bien l’idée que son for intérieur lui parle en anglais avec un mauvais accent pour lui donner du courage quand elle doit escalader la clôture du chapitre seize, j’aime bien aussi qu’elle se mette à parler à voix haute dans la forêt quand elle a peur, chapitre huit ou neuf.
Dans la vie, il m’arrive régulièrement des synesthésies, c’est le fait d'associer des couleurs à des chiffres et à des lettres et je pense que ce phénomène m’a pas mal poussée à créer des images avec les mots, comme faire un film à l’écrit, comme Bébé se fait des films, aussi. D’où l’usage de néologismes qui agissent comme des raccourcis me permettant de traduire une idée, une image tout en lui donnant encore plus de vie via poésie, la difficulté étant de ne pas tomber dans la gratuité sinon ça perd et en profondeur et en absurdité.
Il y a quelque chose de l’ordre du gag, du cartoon, je pense aux onomatopées que l’on peut trouver dans les bandes-dessinées.
Cette langue me permet aussi de jouer. En utilisant des illusions, des faux amis, des faux semblants, des homonymes, j’ai pu créer des sens multiples aux choses et cumuler des couches de lecture. Ce qui m'intéresse dans cette dimension sous-marine, c’est que j’ai forcément déposé-là des choses qui m’échappent, que d’autres personnes vont les voir et pas moi, et d’avance ça me réjouis. Je pense que les mots et les objets nous tendent des pièges qui ,une fois qu’on est tombé dedans, nous permettent de nous rendre compte qu’au final on s’est quelque part évadé de la réalité un peu fade est sans surprise, et à mon avis c’est exactement cette réalité là que Bébé fuit d’ailleurs.
Sa fuite lui permet également d’être plus attentive à ce qui se passe autour d’elle, à la fois aux aguets ; on pourrait la reconnaître et l’empêcher d’atteindre la boîte à la fois radicalement détachée de son quotidien elle peut pleinement se concentrer sur ce qui l’entoure ; il y a quelque chose de très animal, proche du chien parfois à la limite du fantastique à cause des hallucinations et bouffées délirantes auxquelles elle se retrouve sujette. Une énergie d'instinct l’anime, une énergie transmise par cette langue qui dit les choses parfois brutalement, parfois très doucement mais toujours de manière sensible.
Enfin ma dernière question voudrait porter sur les influences qui ont été les vôtres dans l'écriture de ce premier roman. Quels auteurs contemporains ou autrices contemporaines vous ont inspiré ? On pense notamment à Savitzkaya, à Pinget.
L’écriture de ce roman m’a été inspirée par de nombreuses références assez variées. Une grande partie de ces influences est liée aux premiers livres et albums que j’ai lu étant enfant, notamment Tom-Tom et Nana, et Picsou qui à mon avis y sont pour quelque chose dans le côté cartoonesque des scènes. Un livre m’a énormément marqué, il s’agit de La rivière à l’envers de Jean-Claude Mourvelat, où il est question comme l’indique le titre d’une rivière qui coule à l’envers, on y trouve également la Forêt de l’Oubli ; les gens qui y pénètrent sont automatiquement oubliés…ce qui me fait penser à la forêt de Hoia Baciu en Roumanie, qui est une vraie forêt très mystérieuse où les promeneurs perdent la mémoire et les chemins, les boussoles se dérèglent et les arbres poussent couchés.
De manière plus récente, je pense que les ouvrages que je vais lister ci-dessous m’ont aidée dans la construction de l’histoire de Bébé. Je pense que ça découle - en partie - de ces livres-là, son regard sur la nature, ses considérations pour le reste. Il y a Un an dans la vie d’une forêt, du chercheur David G.Haskell, mais aussi au délirant L’école de la forêt de Clara Demierre et aussi à La rivière de Peter Heller. Aux romans d'Olivier Adam, notamment Falaises et à tout ceux de Nicolas Mathieu, à La route de Cornac McCarthy, à L’été des charognes de Simon Johannin, à Le chant du poulet sous-vide de Lucie Rico, à Milieu et La transparence de Adrien Lafille, à Trois jours et quatre nuits de Pierre Lemaître, à L’homme qui voulait vivre sa vie de Harlan Coben et plus largement Francis Ponge et Georges Perec.
Donc ça découle - en partie - de livres, mais ça découle beaucoup de la musique aussi,( qui est d’ailleurs très présente dans le roman) des textes qu’on peut retrouver en premier lieu chez Alain Bashung, puis Anne Sylvestre, Marie Laforêt, Ninon Ferrer, Philippe Katherine, et dans les univers très variés des groupe de rap tels que IAM, NTM, les Cheval Hongrois et, aussi : le J, l’ovni, Ju-Ju-Jul.
Il y aussi des influences cinématographiques, je pense en premier lieu au film Irréversible de Gaspar Noé. Les univers de Quentin Dupieux, Pedro Almodovar, Cedric Klapisch et Jacques Tati et l’intégralité de la série Desperate Housewife m’ont permis de créer des ambiances, des décors, d’imaginer des scènes. En revanche Bébé en tant que telle, son caractère silencieux, sa mélancolie, sa folie qui sommeille, je pense que tout ça ça vient des tableaux du peintre Edward Hopper.
Pour terminer avec cette question, je dirai que je suis assez inspirée par les mots qu’on agence dans l’espace public, des devantures de salon de coiffure aux règlements des aires de jeu, en passant par les panneaux publicitaires : c’est une matière brute qui appartient a personne, qui appartient à tout le monde et sert de repère. Je ne parviens pas à retrouver qui a dit que ça s’appelait la littérature de l’ordinaire. C’est très banal, ça fait partie du décor de nos vies et j’y trouve une certaine poésie.

Louise Rose, Les Projectiles, P.O.L., août 2025, 176 pages, 18 euros







