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La commode comme catalyseur de fiction : Olivia Ruiz, Laurent Mauvignier
« Se taire et brûler de l’intérieur est la pire des punitions qu’on puisse s’infliger » Federico Garcia Lorca Dans leur édito du 5 janvier 2026 , Simona Crippa et Johan Faerber tracent les grandes lignes de ce qui leur apparaît comme des dominantes et des convergences des romans disponibles à cette rentrée d’hiver. Ils la mettent en écho avec « l’étonnante rentrée littéraire de septembre 2025 dont on n’a pas fini d’entendre parler ». Le prix Goncourt s’est imposé avec co

Christiane Chaulet Achour
13 janv.


Azélie Fayolle : « Faire de la lecture et de l’écriture des actes de dissidence » (Subvertir le male gaze)
Azélie Fayolle © Aude Boyer/@uzaigajin Après Des femmes et du style (Divergences, 2023), Azélie Fayolle poursuit une réflexion exigeante et stimulante sur les régimes de représentation qui structurent nos imaginaires littéraires. Dans Subvertir le male gaze (Divergences, 2025) elle propose une relecture ambitieuse d’un concept longtemps cantonné au champ cinématographique, en l’appliquant à la littérature. L’autrice traverse de larges corpus afin de mettre à jour les mécan

Simona Crippa
19 déc. 2025


Mathilda Di Matteo : « Plus je creusais derrière les masques et les boucliers, plus je gagnais en profondeur de champ » (La Bonne Mère)
Mathilda Di Matteo (c) Marie Rouge Si la couverture acidulée annonce bien le rythme romanesque enlevé, les personnages désopilants et émouvants, le ton dynamique, percutant et drôle de ce premier roman de Mathilda Di Matteo, elle pourrait dérouter le lecteur qui ne voudrait pas seulement se divertir. Pourtant, ce roman, comme ceux présentés dans l’édito de cette rentrée littéraire, propose « une politique des mères, de la maternité et du matrimoine contre les violences pat

Cécile Vallée
16 déc. 2025


Charles Coustille : « Ce qui est le plus perturbant, c’est l’invasion de notre société par le vocabulaire du management » (Bilan de compétences)
Charles Coustille (c) Jean-François Paga/Grasset Enlevé, drôle, léger mais aussi profondément politique : impossible, à la veille de ces vacances de fin d'année, que vous ne lisiez pas l'excellent premier roman de Charles Coustille, Bilan de compétences qui vient de paraître chez Grasset. Au fin fond de la Seine-et-Marne, à Coulommiers, un jeune enseignant, Charles C, se prend de passion pour une collègue qu'il entreprend de séduire via les applications de rencontres en usant

Johan Faerber
15 déc. 2025


Jenny Erpenbeck : RDA mon amour (Kairos)
Jenny Erpenbeck (c) Gallimard Poésie, théâtre, romans, essais : l’histoire tragique de l’Allemagne au XX e a souvent été le terreau d’une grande littérature. Des histoires d’amour empêchées, aux prises avec les forces de l’Histoire, s’y déploient et y meurent. Vingt-cinq ans après le tournant du siècle, le temps d’une génération, paraît donc Kairos , écrit par Jenny Erpenbeck, écrivaine et dramaturge établie : un roman tourmenté, déchiqueté, superbement traduit de l’allem

Cécile Dutheil de la Rochère
8 déc. 2025


Cracker l'époque : Camille de Toledo (épisode 2)
Écrivain, artiste, penseur des mutations contemporaines, cela fait plus de 20 ans qu'il relie récits, vivants et milieux pour imaginer d'autres façons d'habiter le monde Docteur en littérature comparée, il navigue entre écriture, arts visuels, écologie politique et expérimentations collectives. Son travail cherche toujours à rouvrir des horizons là où montent l'épuisement et les récits de la fin On lui doit notamment : Thésée, sa vie nouvelle (2020) - récit de deuil et de

Cracker l'époque
4 déc. 2025


Hajar Bali : Une exploration d’humanité (Partout le même ciel)
En avril 2016, de passage au Niger, Hajar Bali répondait ainsi à la question sur ses thèmes de prédilection dans l’écriture : « J’aime insérer la grande Histoire dans des histoires très intimes ou familiales. Faire évoluer mes personnages dans des quotidiens marqués par les événements subis et qui les ont faits tels qu’ils sont aujourd’hui, sans forcément qu’ils en aient conscience. (…) Disons que je raconte les destinées de gens normaux souvent confrontés à des événements tr

Christiane Chaulet Achour
25 nov. 2025


Bruno Cabanes : « Voir la guerre » (Les fantômes de l’île de Peleliu)
Bruno Cabanes © Anna Ramsden On sait l’importance des premières phrases. Chez Bruno Cabanes, c’est Marguerite Duras que l’on croit entendre dès l’incipit : « La première fois que je suis allé à Peleliu, ne sachant que regarder, je n’ai rien vu », ce qui sonne comme un écho au célèbre « tu n’as rien vu à Hiroshima »… La tonalité littéraire et métaphorique de l’ouvrage de cet historien spécialiste de l’histoire des guerres s’impose dès lors immédiatement. Elle révèle d’emblée

Anne Prouteau
25 nov. 2025


“Saint Luigi”, le sain avertissement de Nicolas Framont
Nicolas Framont (c) Bink Farton Le dernier livre du sociologue Nicolas Framont, Saint Luigi , aborde la violence capitaliste à partir de l’engouement populaire suscité par l’assassinat d’un PDG américain par un jeune new-yorkais, Luigi Mangione. “ Make capitalist afraid again. ” Voici le slogan qui s’est multiplié sur les réseaux sociaux à l’annonce du froid assassinat de Brian Thompson, 50 ans, PDG de la première assurance privée des États-Unis, United Healthcare, le 4 d

Morgan Crochet
24 nov. 2025


Ta-Nehisi Caotes : « Hanter » par la lecture et l’écriture (Le Message)
« Il peut sembler étrange que des gens qui ont atteint une position de pouvoir par la violence passent autant de temps à justifier leur pillage avec des mots. [C’est] le besoin de raconter une histoire, afin de dresser un mur entre eux et ceux qu’ils veulent étrangler et dépouiller » (p. 41) Il arrive parfois que les étoiles s’alignent dans votre ciel de lectrice de façon inattendue et gratifiante. Ce fut le cas ce mercredi 5 novembre 2025 : je trouve dans la librairie de

Christiane Chaulet Achour
18 nov. 2025


Anouar Benmalek : Amour, beauté et violence dans l’URSS du XXe siècle (Irina, un opéra russe)
« Je ne pourrais pas ne pas écrire. Quand je n’écris pas, j’ai une inquiétude presque métaphysique jusqu’à me demander ce que je fais sur cette terre. Je dois écrire, un peu comme le fumeur qui doit fumer ou l’ivrogne qui doit boire. Moi, je dois écrire. » (Anouar Benmalek, RFI 25 septembre 2021) Ce roman russe est un roman algérien… d’un des écrivains algériens parmi les plus talentueux qui signe ici son dixième roman. Pour Djamal Guettala du Matin d’Algérie du 11 septembr

Christiane Chaulet Achour
12 nov. 2025


Negar Haeri : Tombeau de Shaïna (La jeune fille et la mort)
« Que ce livre réhabilite sa parole. Qu’il adoucisse ses peines et lui offre un tombeau, à l’abri de la violence du monde ». Au procès ultrasensible du 13 novembre 2022, Me Negar Haeri, avocate de la défense (de Mohammed Amri) est présentée par Sophie Parmentier (France Inter, 16 juin 2022) comme se démarquant en « brillante pénaliste » doublée d’une « pianiste virtuose ». : « des mots ciselés, alignés d’une petite voix douce pour échafauder des raisonnements souvent complex

Christiane Chaulet Achour
5 nov. 2025


Entretien avec Chiara Mezzalama : « Côtoyer les fantômes » (Dans la chambre forêt)
Chiara Mezzalama © Alessandro Nigro Giro di alberi est une œuvre de Franca Sonnino datée de 1987, réalisée avec du fil de fer et du fil de coton. Et c’est justement ce fil solide qui lui a permis d’explorer la dimension de la sculpture sans renoncer à l’usage d’un matériau intimement lié à l’univers domestique et féminin. Les arbres de Sonnino semblent s’ancrer à la terre tout en la transcendant, comme si, dans leur enchevêtrement de fils, se cachait le désir de retenir ce

Sara Durantini
4 nov. 2025


Julien Delmaire : « Gardons ce périmètre de pudeur, où nous ne sommes que témoins » (La Joie de l’ennemi)
Julien Delmaire (c) JF Paga/Grasset C’est à partir des chansons de Townes Van Zandt, un chanteur de country peu connu mais qui a inspiré ses successeurs, que Julien Delmaire, lui-même poète et slameur, propose, dans ce cinquième roman, une histoire de personnages en marge, au fin fond des Etats-Unis, qui rappelle les œuvres de Ron Rash et de Jim Harrisson et qui est soutenue par une écriture poétique envoûtante. « Le crépuscule colorie l’horizon d’un pastel gras. La jument

Cécile Vallée
4 nov. 2025


Nathalie Quintane : "La littérature, ça n’arrête pas le sens, ça le cherche" (Soixante-dix fantômes)
Nathalie Quintane (c) Hélène Bamberger/POL Autant le dire sans attendre : avec Soixante-dix fantômes (choses vues) qui vient de paraître à La Fabrique, Nathalie Quintane signe sans doute à la fois l'un des forts textes de ces dernières années et l'un des plus puissants politiquement. En 61 flashes, Quintane propose au quotidien de saisir ces manières d'apparitions inquiétante d'un fascisme qui, tout sauf ordinaire, finit pourtant par s'emparer des moindres situations au jour

Johan Faerber
3 nov. 2025


Jérusalem/ Al-Quds/ Wasif Jawhariyyeh : Une fiction pour mémoire, Vincent Lemire, Laura Ulonati
« Ce n’est pas anodin le nom d’un lieu », (p. 17) Fin 2022, Vincent Lemire publie une magnifique Histoire de Jérusalem , condensée en BD...

Christiane Chaulet Achour
13 oct. 2025


Hella Feki : « L’histoire est témoin des époques, la fiction est lumière de la vérité » (Une Reine sans royaume)
Hella Feki (c) Marie Rouge/Lattès Après Les Noces de jasmin , roman polyphonique dans lequel elle décrit la révolution tunisienne de...

Cécile Vallée
7 oct. 2025


Olivier Adam : « Je me sentais comme une coquille vide, une enveloppe dénudée de substance. Il m’a bien fallu inventer quelque chose. C’est tout » (Et toute la vie devant nous)
Olivier Adam par Jean-Philippe Baltel © Flammarion Depuis Je vais bien ne t’en fais publié en 2000, Olivier Adam participe à un rythme...

Cécile Vallée
30 sept. 2025


Sergueï Lebedev : lavandière de l'existence (La Dame Blanche)
Sergueï Lebedev (c) Jane Lezina Une mère se meurt. L'issue est proche, inéluctable. Bien que presque un siècle plus tard et de l'autre...

Guillaume Augias
30 sept. 2025


Hélène Laurain : “Il y a un enjeu important à parler du contrôle du corps des femmes à l’heure où le fascisme est déjà au pouvoir” (Tambora)
Hélène Laurain (c) © Alexander Abdelilah/Verdier Politique et poétique : tels sont les deux mots qui, au-delà de leur euphonie, viennent...

Johan Faerber
29 sept. 2025
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