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Rachida Brakni, Akram Belkaïd : Prix littéraires de la Grande Mosquée de Paris

Photo du rédacteur: Christiane Chaulet Achour
Christiane Chaulet Achour
il y a 10 minutes
3 min de lecture






Le 13 octobre 2026, le jury des prix littéraies de la Grande Mosquée de Paris a décerné à Rachida Brakni le prix du meilleur roman pour La Part absente et à Akram Belkaïd ; le prix du meilleur essai pour Chroniques du Ramadhan. Pour rappel au cas où on n’aurait pas eu le temps de les lire…


Le 15 septembre 2026, Collateral était au rendez-vous pour inciter à la lecture du second roman de Rachida Brakni, sous le titre « L’effacement (La Part absente) ». Deux projets y cohabitent : une séquence historique lourde de transformation pour les deux pays concernés, l’Algérie et la France car c’est une Histoire que l’on veut oublier ou maquiller ; une réalité sociologique, le poids d’un nom stigmatisant, à l’odeur de racisme dans la société française actuelle, plus dicible. Les deux sujets ont une portée différente : oser parler de la guerre d’Algérie sans réserve sur le désir d’indépendance des Algériens, en choisissant la violence faite aux femmes, n’est pas lisible aisément ; alors qu’évoquer la stigmatisation des personnes qui portent un nom et un physique dévalorisant dans l’Hexagone pour cause d’identité nationale étroitement définie, est plus acceptable et déjà mis en œuvre comme, par exemple, le changement d’identité du romancier Xavier Le Clerc. Les deux récits s’imbriquent et s’interpellent dans cette belle fiction qu’on lit d’une seule traite grâce à l’alternance entre un récit intimiste contemporain et un récit d’une femme dans la guerre d’Algérie. Ce récit plus historique, et pourtant au plus près du plus intime des femmes, donne une dimension qui dépasse le « moi » de la narratrice pour embrasser largement la condition féminine, supportant la double peine au moins, hier et aujourd’hui, dans le déchaînement d’une guerre dans l’ignoble ! Femme violée et dépossédée, femme gommant son origine : l’effacement est à l’œuvre.

 

 

 

  Collateral était aussi au rendez-vous de la lecture de cet essai original et nécessaire, le 7 avril 2026, sous le titre « A contre-courant : de quelques préjugés, de quelques pratiques (Chroniques du ramadan - Voyage intimiste au cœur du jeûne) ». 

Rappelons en deux passages : mis en librairie en février, l’ouvrage d’Akram Belkaïd s’est adressé à un  double public : celui des jeûneurs qui ne savent pas toujours le sens des rites et qui sont invités à réfléchir à leur pratique ; celui des non-jeûneurs, essentiellement les non-musulmans et, parmi eux, les Français, auxquels il entend donner quelques clefs de compréhension d’une pratique religieuse trop souvent stigmatisée. Car comme le dit la phrase mise en exergue, il est peu de religion qui suscite autant de méfiance et de rejet que l’islam. L’ouvrage s’ouvre par trois citations en exergue. Pour l’obligation du ramadan, un des piliers de l’islam, la sourate la plus connue et qui fait autorité (Sourate 2, verset 187, « La Génisse »). La 3ème citation est celle du sens dérivé : « faire du ramdan » avec une définition savoureuse… La seconde est une citation de Gérard de Nerval.

Tout de suite après, le premier texte est un « Préambule - Jeûner après Gaza ». Il rappelle à la mesure les jeûneurs dont « la faim » s’arrête en fin de journée à l’heure de l’iftar. A Gaza, ni la faim ni la soif ne s’arrêtent : « La faim, la vraie, est impitoyable, elle détruit et laisse des séquelles irrémédiables, même si l’on reprend ensuite un mode de vie normal. En comparaison de ce martyr, le jeûne du ramadan, avec son aspect festif et convivial, n’est qu’une aimable promenade de santé ».

 

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