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36e Salon de la Revue : ce week-end à Paris
Collateral est à nouveau cette année l'heureux partenaire du plus haut rendez-vous de la vie des revues : le Salon de la Revue qui, du vendredi 2 au dimanche 4 octobre, se déroulera à Paris à l'Espace des Blancs-Manteaux. La vie des revues, c'est la vie de la littérature et de la politique de la littérature : un moment éditorial clef qui, grâce à ce Salon unique, permet à la fois aux amateurs de revues mais aussi à leurs équipes de pouvoir échanger, converger et partager l'es

La rédaction
2 oct.


Christiane Chaulet Achour et Frantz Fanon : un essai pour nous empêcher de dormir
Christiane Chaulet Achour (c) JMDevésa « Je te jure aujourd’hui que chaque fois et en quelque lieu où la liberté sera menacée, je m’engagerai. » Frantz Fanon à son frère Joby, dans une lettre de 1943. Le champ littéraire, sa scène critique, et la vie académique délimitent un espace relationnel cruel, aussi n’est-il pas impossible pour que, de Christiane Chaulet-Achour et de ma pauvre personne, on se gausse, nous reprochant de concocter l’un pour l’autre des articles de c

Jean-Michel Devésa
2 oct.


Cracker l'époque : Giulia Mensitieri
La mode est partout ! Elle occupe une place centrale dans les médias, les consommations et les imaginaires. Mais savons-nous réellement ce qui se cache dans les coulisses de l’une des plus riches et puissantes industries du monde, valorisée l’année dernière à près de 1 800 milliards de dollars ? Dans cet épisode, nous recevons l’anthropologue Giulia Mensitieri, à l’occasion de la sortie du roman graphique La mode : le plus beau métier du monde (La Découverte - Delcourt), réa

Cracker l'époque
1 oct.


Gaëlle Obiégly : « Les artistes ont la capacité de traverser les cloisons sociales, les époques, et de renverser les hiérarchies » (Rien à voir)
Gaëlle Obiégly (c) Francesca Mantovani/Gallimard Enlevé, brillant, enjoué : tels sont les mots qui viennent à l'esprit après avoir refermé Rien à voir de Gaëlle Obiégly qui paraît en cette rentrée chez Verticales. Chargée de faire des fiches de lecture, la narratrice commence à présenter les livres qu'elle emprunte à la médiathèque de Bagnolet quand, de fil en aiguille, et de digressions en digressions de digressions, nous voilà au coeur d'expositions d'art contemporain et co

Johan Faerber
30 sept.


Judith Godrèche : Revenir sur des sensations restées sans nom (Mémoire de fille)
Il y a six ou sept ans, j’écrivais, à propos de Mémoire de fille, combien l’écriture d’Annie Ernaux m’avait bouleversée. Elle m’avait semblé si immersive, si immédiate. Une immédiateté d’autant plus saisissante que je songeais à l’effort qu’avait dû lui coûter ce retour en arrière : fouiller la mémoire, revenir sur des moments et des sensations longtemps restés sans nom. Car, au fond, nous sommes tous les enfants d’un été que « nous avons juré d’oublier et de ne jamais racont

Sara Durantini
30 sept.


Regarder la critique : « L’affaire » Thélyson Orélien et le paysage médiatique français
La première victime de la désormais affaire Thélyson Orélien, si ce n’est l’auteur lui-même au vu des accusations ad hominem que j’ai pu lire ça et là sur sa personne, est le monde des critiques littéraires et des médias. Coupables ou victimes malheureuses, il est tentant de leur attribuer ces deux épithètes tant ils ont contribué, par leur enthousiasme majoritaire, à la renommée empoisonnée de C’était ça ou mourir. On dira que les services de presse, le marketing et l’excita

Charles Mouliès
29 sept.


Inam Bioud : Houaria
« On peut réduire en poussière des millions de créatures humaines pendant des dizaines et des dizaines d’années, et la terre bourrée d’assassinés ne tremble pas. On n’entend pas des millions de cris. Jusqu’au jour où soudain un cri perce les lourdes couches du silence ». Hélène Cixous, La Ville parjure ou le réveil des Érinyes (1994). En préambule à cette approche du roman Houaria, écrit et publié en arabe [oct. 2023, Alger, éd. Mim], il faut dire d’emblée que son approc

Zohra Bouchentouf-Siagh & Christiane Chaulet Achour
29 sept.


Un chemin vers l’impossible : comment lire « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien ?
« L’affaire » Thélyson Orélien est désormais connue de toutes et tous. Une « affaire », parce qu’autour de C’était ça ou mourir se sont agrégés, en quelques jours, soupçons, accusations et emballements médiatiques, sur fond de campagne aux relents ouvertement racistes orchestrés par l’extrême droite. Jusqu’à l’éviction du roman de la sélection du Goncourt, au motif, qui reste à établir, qu’il aurait été écrit avec l’aide de l’IA. À Collateral, nous voudrions regarder ce que

Charles Mouliès
28 sept.


« Sois belle et tais-toi ! » ou faire image autrement
Sois belle et tais-toi (c) Films de la Butte Il y a des titres qui vieillissent mal. Et puis il y a ceux qui, à mesure que le temps passe, deviennent encore plus justes, même dans leur cruauté : Sois belle et tais-toi. Ce titre que Delphine Seyrig donne en 1976 à son film documentaire, appartient à cette seconde catégorie, il suffit aujourd’hui de le lire pour mesurer tout ce qu’il charrie de misogynie. Le cycle que le Forum des Images consacre à ce que le cinéma a fait — et

Simona Crippa
28 sept.


Amandine Agić : « J’avais envie d’ajouter ma voix à celles de la petite internationale littéraire des diasporas yougoslaves et bosniennes » (D'un pays qui n'existe plus)
Amandine Agić (c) Marie Docher/L'Agency Avec D'un pays qui n'existe plus, Amandine Agić signe un des plus bouleversants premiers romans de cette rentrée littéraire. Paru aux éditions de l'Olivier, ce fort récit autobiographique dévoile l'histoire d'une jeune fille qui, issue de la seconde génération d'immigrés, née en France, raconte son expérience diffractée de la guerre en Ex-Yougoslavie dont dont père est issu. Être la descendante d'un pays démantelé et disloqué par la gue

Johan Faerber
25 sept.


Fraternité, frères ? Petit additif à l’histoire française de la fraternité
« Je vous salue, patrie vietnamienne, patrie khmère, patrie laotienne, je vous salue frères et sœurs du Maroc, de la Tunisie, frères et sœurs d’Algérie… » Louis Aragon Discours au Congrès des peuples pour la paix, Vienne, décembre 1952 « Nous sommes tous des frères Gens de tous les pays » (Boris Vian, « Le Désereur », 1954, variante) En 2023, Alexandre de Vitry publiait aux éditions Gallimard une somme très érudite et passionnante dans certains de ses développements, L

Christiane Chaulet Achour
25 sept.


Cracker l'époque : Marc Lazar
Que dit de notre démocratie le populisme qu’elle ne cesse de produire ? Le mot est partout : on le colle à Trump, à Mélenchon, à Le Pen, aux Gilets jaunes, sans jamais prendre le temps de le définir. Devenu une invective, il désigne pourtant une réalité bien concrète. D’où vient-il ? Que révèle-t-il de la manière dont on parle, en démocratie, au nom du peuple ? Dans cet épisode de Cracker l’époque, nous recevons Marc Lazar autour de son livre Pour l’amour du peuple. Histoir

Cracker l'époque
24 sept.


Šeila Pohara : « Mon pays, la Yougoslavie, avait disparu, mais il nous restait nos histoires : il fallait les arracher à l’oubli » (Les Serments trahis)
Šeila Pohara (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Les Serments trahis, Šeila Pohara signe un premier fulgurant qui fait entendre une voix aussi rare qu'émouvante. Magistral roman autobiographique, Les Serments trahis raconte l'histoire d'une enfance heureuse dans la Sarajevo des années 80 avant que la Yougoslavie n'implose et ne laisse plus qu'un sillage de morts dont la famille de Šeila Pohara va connaître l'horreur continue. La guerre en Yougoslavie, largement oubliée ou

Johan Faerber
23 sept.


La jeune création contemporaine à la recherche d’autres formes pour (se) raconter. Polyphonie du je(u)
Le récit de vie(s) s’est installé depuis quelques temps sur la scène théâtrale contemporaine, et la programmation de cette saison 2026-2027 s’inscrit dans cette lignée. Mais des variations, légères ou marquées, sont déjà perceptibles. Dans Casting Lear[1] qui a beaucoup fait parler de lui, la metteuse en scène Andrea Jiménez explore par exemple la relation père-fille au prisme du Roi Lear de Shakespeare, en dirigeant à chaque représentation un acteur différent qu’elle ne conn

Delphine Edy
23 sept.


Elaine Mokhtefi (1928- 2026) : Un parcours d’exception
On apprend avec une immense tristesse le décès d’Elaine Mokhtefi à l’hôpital Mount Sinaî de New York, le 11 septembre 2026. Celle qui s’apprêtait à retourner en Algérie le 10 octobre ne pourra y aller, celle qui chérissait ces retours n’est plus là. On a beau se dire que mourir à 98 ans est dans l’ordre des choses, on ne peut accepter une disparition qui prive d’une vie exceptionnelle et d’une mémoire invisibilisée. Le 14 septembre 2026, El Moudjahid, quotidien national algé

Christiane Chaulet Achour
22 sept.


Lilia Hassaine : « Une histoire d’hier. Une histoire d’aujourd’hui. » (Je)
Ce nouveau roman de Lilia Hallaine est un exemple magistral de ce que peut apporter une lecture actualisante d’un classique. Cette réécriture de La Prisonnière des sargasses (1966) de Jean Rhys, transfictionnalité de Jane Eyre, apporte, en effet, un éclairage contemporain sur le mécanisme de l’emprise masculine et le contexte colonial, tout en élaborant une intrigue romanesque réussie. « Chacune m’a regardée depuis son époque. Chacune s’est racontée à travers moi. » La narra

Cécile Vallée
22 sept.


Adèle Haenel : Prendre place, ouvrir l'espace, donner de la voix (Viser juste)
Elle prend place dans le fauteuil du présentateur télé. Elle s'assied, et plonge son regard bleu dans le cadran de la caméra. Elle nous regarde. Elle prend une grande inspiration, une deuxième, puis se lance dans la lecture du texte qu'elle a confié à la personne qui s'occupe du prompteur, juste avant l'émission. « Tu as pris une décision, cette fois-ci tu vas parler. » Et l'actrice de théâtre, en grève de l'industrie cinématographique, lentement, sans perdre des yeux sa cibl

Juliette Riedler
21 sept.


Emmanuelle Lambert : « Ma conscientisation féministe est venue progressivement à partir de souffrances de femmes que j’aimais » (La Meilleure)
Emmanuelle Lambert (c) Stock Si beau et si sensible : tels sont les mots qui viennent à l'esprit après avoir refermé le nouveau récit d'Emmanuelle Lambert, La Meilleure qui, en cette rentrée, paraît à La Maindonne. A partir d'archives photographiques personnelles, l'autrice sonde avec empathie et pudeur le lien affectif encore actif qui la lie à Maïra, sa meilleure amie. "La Meilleure", qui fournit par ailleurs littéralement l'un des meilleurs titres de cette rentrée, présent

Johan Faerber
21 sept.


Un modeste hommage, un portrait infini de Mireille Calle-Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) Droits réservés C’est Bernard Alazet qui m’a conduite jusqu’à Mireille. J’étais à la moitié de mon doctorat en littérature au Brésil, sur le point de partir à Paris avec une bourse afin de poursuivre mes recherches sur l’œuvre de Marguerite Duras. C’était une période sombre pour notre pays, avec un gouvernement de droite, réactionnaire, violent et hostile à la science, à l’enseignement, aux arts et aux universités. De nombreuses bourses d’études av

Isabela Bosi
18 sept.


La communauté aimante ou penser avec Mireille Calle-Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) Collection particulière/DR Lire, pour Mireille Calle-Gruber, ce serait un geste. Un geste à la fois ample et à chaque fois neuf, un geste qui se donne comme une puissance d’accueil, comme un souhait nu et premier où l’œuvre lue ne serait pas uniquement un texte, où l’œuvre deviendrait matière à lecture parce que l’œuvre apparaîtrait à chacun comme un don. Car lire, pour Mireille Calle-Gruber, ce serait peut-être le dévoilement de ce don, le geste pr

Johan Faerber
18 sept.
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