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« Sois belle et tais-toi ! » ou faire image autrement
Sois belle et tais-toi (c) Films de la Butte Il y a des titres qui vieillissent mal. Et puis il y a ceux qui, à mesure que le temps passe, deviennent encore plus justes, même dans leur cruauté : Sois belle et tais-toi. Ce titre que Delphine Seyrig donne en 1976 à son film documentaire, appartient à cette seconde catégorie, il suffit aujourd’hui de le lire pour mesurer tout ce qu’il charrie de misogynie. Le cycle que le Forum des Images consacre à ce que le cinéma a fait — et

Simona Crippa
28 sept.


Tu étais belle et de gauche : pour Mireille Calle Gruber
Mireille Calle-Gruber (c) DR Chère Mireille, Merveille qui rime, c’est facile, tu ne l’aurais pas utilisé, mais c’est ce que je pense de toi. Tu disparais, tout à coup, je t’avais écrit un mail, tu répondais toujours, tu m’avais laissée sans réponse. C’était bizarre, puis l’annonce de ta disparition, à la fin de l’été. Un choc. Difficile imaginer que ce corps-écriture n’était plus. Toi qui étais l’infinie littérature. Toi qui es d’abord apparue dans ma vie par tes é

Simona Crippa
18 sept.


Iris Brey : « Partager les expériences du corps féminin » (Une réponse)
Léo Boeglijn (c) LLL Il y a des livres qui racontent une expérience et d’autres qui déplacent, à partir d’elle, les coordonnées mêmes de nos existences. Avec Une réponse, Iris Brey écrit depuis un lieu où le désir cesse d’être une évidence pour devenir une question : que se passe-t-il lorsque, au moment même où une femme devient mère, une autre possibilité de sa vie affective et sexuelle se révèle à elle ? De ce déplacement, le livre en explore les résonances, les contradict

Simona Crippa
9 sept.


Jennifer Tamas : « Questionner la nature du pouvoir, tel qu’il est envisagé par les hommes », (Barbe Bleue contre-enquête. Ce qui fait trembler les hommes)
Jennifer Tamas (c) Bénédicte Roscot/Le Seuil Il faut parfois revenir aux récits que nous croyons connaître pour mesurer à quel point nous avons appris à ne plus les lire. Avec Barbe Bleue contre-enquête, Jennifer Tamas rouvre le dossier d’un conte que des siècles de lecture ont enfermé dans une évidence morale : une femme curieuse, un interdit transgressé, des cadavres, un mari meurtrier. Mais que se passe-t-il lorsque l’on déplace le regard, lorsque l’on prête enfin attenti

Simona Crippa
8 sept.


Penser, lutter, résister (Théories féministes)
Camille Froidevaux-Metterie (c) Bénédicte Roscot/Le Seuil Avec Théories féministes, Camille Froidevaux-Metterie propose bien davantage qu’un ouvrage de référence : elle offre une cartographie indispensable des pensées qui, depuis plusieurs siècles, travaillent à rendre visibles les mécanismes de domination patriarcale. Ce collectif rassemble une pluralité de voix et de traditions — féminismes matérialistes, intersectionnels, décoloniaux, queer, réflexions sur le corps, la se

Simona Crippa
20 juil.


Émilie Ollivier : Chanter Duras (Les Chansons de Marguerite Duras)
(c) Simona Crippa Choisir la chanson comme voie d’accès à l’œuvre de Marguerite Duras est une entreprise aussi légitime que délicate, l’évidence du motif pourrait en effet dissimuler sa profondeur car la chanson traverse toute l’œuvre durassienne, accompagne les récits, surgit au théâtre, structure en décalé l’expérience cinématographique, fait revenir des voix disparues et donne une forme sensible à ce qui, chez Duras, relève toujours de la perte, de l’absence et de la mémo

Simona Crippa
15 juil.


Élodie Pinel : Nos colères comme force vive (Folles furieuses. Que faire de nos colères ?)
Elodie Pinel (c) DR Dans Folles furieuses. Que faire de nos colères ? Élodie Pinel propose un essai qui tient à la fois du manuel de féminisme et de l’outil à brandir au quotidien. Elle y explore une colère féminine qui ne relève ni de l’accident ni de l’excès, mais d’une expérience politique du monde. Loin d’être une émotion honteuse ou à réprimer, la colère apparaît ici comme une force de lucidité, capable de déchirer le voile des dominations et de transformer l’indignatio

Simona Crippa
8 juil.


Retour sur L’Île de Luna : Edgar Morin, du deuil au deuil
Edgar Morin © Sens Critique La disparition d’Edgar Morin invite à reconsidérer certaines de ses déclarations anciennes, qui prennent aujourd’hui une résonance trouble, presque rétrospective, comme si elles revenaient autrement à l’écoute. Elle conduit aussi à relire L’Île de Luna, publié chez Actes Sud en 2017, qui mettait en récit la mort de sa mère — évènement matriciel de son imaginaire — dans une forme de retour différé sur une scène fondatrice. La mort écrite dans le ro

Simona Crippa
1 juin


Laurence Briot et Juliette Cordesse : « Ce sens de la réplique qui est souvent l’apanage des femmes dans les textes de Jane Austen » (Jane Austen Forever)
À l’occasion du cycle Jane Austen Forever , qui se tient au Forum des images du 26 mars au 26 avril 2026 en partenariat avec Collateral, notre revue est allée à la rencontre de ses deux programmatrices : Laurence Briot et Juliette Cordesse. Conçu pour célébrer le 250e anniversaire de Jane Austen, ce cycle d’une ampleur remarquable explore la richesse et la vitalité d’une œuvre dont les multiples réinventions, du cinéma aux séries, ne cessent de s’actualiser et de se trans

Simona Crippa
1 avr.


Jean Pierre Ceton : « Les silences de Duras qui étaient sa façon de penser manquent dans le chaos médiatique »
Evoquer la mémoire de Duras au présent, c’est aussi convoquer un écrivain qui s’est avancé en littérature par Duras : Jean Pierre Ceton. Dédicataire des Yeux Verts, Ceton a également débuté en littérature avec le magistral Rauque la ville chez Minuit, préfacée par Duras, et depuis lors, auteur d’une œuvre riche dont Jamais autant . Il revient avec amitié pour Collateral sur ce qui de Duras nous hante encore. Comment avez-vous découvert Marguerite Duras ? Un livre ? Un film ?

Jean Pierre Ceton
25 mars


Anne Bourrassé : « Démontrer chirurgicalement les processus de discriminations à l’œuvre dans mon milieu » (Les Refusées)
Anne Bourrassé (c) Astrid de Crollalanza Avec Les Refusées. Les artistes femmes n’existent pas (Seuil, janvier 2026), Anne Bourrassé propose un essai aussi incisif que nécessaire, qui s’attaque aux angles morts de l’histoire de l’art. Critique d’art et curatrice d’exposition, elle y met au jour les mécanismes d’invisibilisation qui ont durablement relégué les artistes femmes hors du récit dominant, en interrogeant les conditions mêmes de la reconnaissance et de la légitimité

Simona Crippa
24 mars


Anouk Grinberg : La lignée de Méduse (Respect)
La photographie de Sarah Moon qu’Anouk Grinberg a souhaité voir placée en couverture de son livre, nous met déjà face à la tristesse empreinte de fermeté avec laquelle la comédienne et artiste témoigne de sa vie de femme. C’est une image-mémoire, un noir et blanc d’un chaud argenté, daguerréotypée , pure, polie. Image-miroir qui appelle et rappelle les souvenirs enfuis. C’est en effet du puits profond de cette image-archive qu’Anouk Grinberg nous parle : « je ne suis plus une

Simona Crippa
20 mars


Nane Beauregard : « Je ne sais pas ce qu’il en serait d’un monde sans Duras aujourd’hui »
Nane Beauregard (c) Nadeau Nane Beauregard nous a quiittée l'an passé. Elle avait accepté avec beaucoup de délicatesse et force amitié de répondre au questionnaire Duras que nous sommes émus de donner à nouveau. On se souvient que Nane Beauregard avait publié un roman, J'aime chez POL en 2006 puis La Manouba chez Leo Scheer en 2012, et enfin son dernier roman paru fin mars 2024 aux Éditions Maurice Nadeau, Balle perdue . Comment avez-vous découvert Marguerite Duras ? Un liv

Nane Beauregard
18 mars


Emmanuelle Walter : « Le féminicide autochtone canadien est un exemple paroxystique parmi d’autres de la guerre mondiale faite aux femmes »
Emmanuelle Walter © Lynn S.K. Avec Sœurs volées, enquête sur un féminicide au Canada (Lux Éditeur, 2014), Emmanuelle Walter propose un récit rigoureux et engagé sur l’une des violences structurelles les plus persistantes du Canada contemporain : les disparitions et assassinats de femmes et de jeunes filles autochtones. À partir du cas de deux adolescentes anishnabées, Maisy Odjick et Shannon Alexander, disparues au Québec en 2008, l’autrice met en lumière, à travers une inv

Simona Crippa
17 mars


Julie Rossello Rochet : « Marguerite Duras incarnait pour moi une grande prêtresse écrivaine »
Julie Rossello Rochet (c) DR Julie Rossello Rochet est écrivaine, en particulier depuis dix ans pour les scènes de théâtre. Ses pièces sont publiées aux éditions Théâtrales, chez L'Entretemps et aux Cahiers de l'Égaré. On se souvient notamment de Scaphandre , suivi de Louyetu , son premier recueil de pieces de théâtre pour la jeunesse. Également docteure en études théâtrales, elle travaille sur les oeuvres et les vies d'autrices dramatiques engagées dans l'espace public à Par

Julie Rossello Rochet
17 mars


Paloma Hermina Hidalgo : « Tant qu’une œuvre comme celle de Duras garde cette puissance d’intranquillité, elle appartient non au passé, mais à la part la plus vive, et la plus inquiète, du présent »
Paloma Hermina Hidalgo (c) DR Révélée par Michel Deguy, Paloma Hermina Hidalgo est écrivaine, poète, essayiste, également actrice et danseuse. À la croisée de la poésie, de la prose, de la pensée et de la scène, son œuvre se tient au point où la littérature se fait épreuve. Autrice et interprète, récemment, de Féerie, ma perte , elle affirme une voix inclassable, dont la critique a souligné la puissance et l’intransigeance. Comment avez-vous découvert Marguerite Duras ? Un

Paloma Hermina Hidalgo
16 mars


Virginie Poitrasson : « Grâce à Duras, je me suis autorisée dans l’écriture à hurler, et plus seulement à murmurer »
Virginie Poitrasson (c) DR Interroger l’héritage durassien au contemporain 30 ans après sa dispartion, c’est se tourner vers la poésie pour y retrouver dans l’écriture cette tentation du poétique qui a toujours su travailler la voix de Duras. Qui d’autre que Virginie Poitrasson, autrice notamment de Chambre(s) à écho(s) : journal d'une traversée avec Joce Mienniel qui vient de paraître et à la rentrée de septembre de l'important Livre des débords pour venir avec Collateral

Virginie Poitrasson
13 mars


Véronique Bergen : « Davantage que marquée, j’ai véritablement été tatouée par des personnages, des livres de Duras »
Véronique Bergen (c) DR Par son univers romanesque et poétique si singulier et la force d’incandescence de son écriture qu’incarne encore son dernier livre, Saint-Just, roman , Véronique Bergen ne pouvait manquer d’être sollicitée par Collateral pour le dossier des 30 ans de la disparition de Duras. Duras, notre contemporaine ? Telle est bien la question à laquelle Bergen, avec sa science exacte des concepts et des mots répond dans un entretien passionnant. Comment avez-vous

Véronique Bergen
13 mars


Jouir d’écrire (Sur 'Les Yeux bleus cheveux noirs' et 'La Pute de la côte normande' de Marguerite Duras)
Marguerite Duras (c) Minuit - détail de la couverture de l'édition "Double" de "Les Yeux bleus cheveux noirs" « J’ai passé des semaines entières avec un fatras d’écritures différentes. Je crois maintenant que celles qui m’apparaissent comme les plus incohérentes étaient, en fait, les plus décisives. » ( PCN , 14)* La genèse des Yeux bleus cheveux noirs , publié en octobre 1986 chez Minuit, est révélée par Marguerite Duras dans La Pute de la côte normande , un opuscule qui

Simona Crippa
13 mars


Sandra de Vivies : « Il me semble que Duras a fait trembler deux mondes : la position des femmes devant le désir et la littérarité de la langue »
Sandra de Vivies (c) Alice Khol Comment ne pas penser à interroger Sandra de Vivies sur la résonance 30 ans après sa disparition de Marguerite Duras dans l'aire contemporaine ? C'est en pensant à son premier splendide premier roman, La Femme du Lac, paru l'an dernier qu'il est devenu évident que Duras jouait un rôle certain dans cette oeuvre naissante. Comment avez-vous découvert Marguerite Duras ? Un livre ? Un film ? Une pièce de théâtre ? Ses entretiens ? Quelle a été votr

Sandra de Vivies
11 mars
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