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Entretien avec Lénaïg Cariou : "Prendre langue"
Lénaïg Cariou (c) DR les dires de Lénaïg Cariou sont nés d’un projet d’entretiens radiophoniques, avant de devenir une série de poèmes conversationnels. Ils proposent de travailler la parole recueillie comme un matériau, de faire de la poète non pas seulement celle qui parle, mais celle qui écoute, et retranscrit. Dans la retranscription poétique, des paroles se perdent, d’autres se modifient : c’est un résidu de paroles, passées au crible de la mémoire. Des traces de dia

Raphaël Sigal
il y a 3 jours


Ocean Vuong : Parce que « la vie est belle » (L’Empereur de la joie)
Ocean Vuong (c) DR Hai – la « mer » en vietnamien – est arrivé dans le Connecticut à deux ans. Désormais jeune homosexuel, aspirant écrivain, endeuillé de bientôt vingt ans, « au beau milieu de la nuit de l’enfance », il n’arrive pas à se passer de la douce torpeur promise par la « magie des comprimés » opioïdes-poison. Il pleure Noah, mort trop tôt, et sa mère dont il s’est éloigné par crainte de la décevoir une nouvelle fois. Celle qui travaille dans un salon de manucure d

Cécile Péronnet
il y a 3 jours


Ismaël Jude : « La poésie, ce ne serait pas revenir à la nature. Ce serait revivre la séparation et essayer de venir à bout de la scission de notre langage avec la nature. »(Une vie de Jasmin)
Ismaël Jude (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Une vie de Jasmin, qui vient de paraître chez Verticales, Ismaël Jude signe un des plus beaux contes de printemps. Suivant Jasmine, fille-fleur, le récit se déploie, entre conte et fable, pour tracer la vie d'un personnage à fleur de peau, qui ne cesse de s'exposer à des métamorphoses au contact d'un monde qui peine à l'accueillir. Derrière le merveilleux de ce monde se donne à lire avec acuité une forte réflexion politique s

Johan Faerber
il y a 4 jours


Michel Jullien : À l’écart et au-dessus du lot (Le Format d'un livre)
Michel Jullien (c) DR/Verdier Que la lecture du dernier ouvrage de Michel Jullien soit une expérience proprement jubilatoire, enthousiasmante comme peu le sont, c’est ce dont je ne pouvais douter après avoir assisté en janvier dernier à la lecture publique, en avant-première, au Théâtre de Saint-Nazaire, de quelques extraits du livre par un excellent comédien, Philipe Houriet. Peintre de mœurs Le titre pourrait laisser croire qu'il va s'agir d'un livre austère, ingrat

Jean-Claude Pinson
31 mars


Agathe Charnet : « On passe notre vie à cela, n'est-ce pas ? Faire résonner les instants aveugles au présent où l'on peut enfin tisser des indices » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel/LCC Agathe Charnet, dramaturge et metteuse en scène, choisit le roman pour raconter sa mère atteinte d’une maladie neurodégénérative précoce qui lui fait perdre l’usage complet du langage, afin de tenter de donner un sens à l’insensé, l’inconcevable, l’insupportable. « Quelque chose dont plus tard on pourra se souvenir. Quelque chose qu'il faudra peut-être un jour raconter pour poser une chronologie. Comme on le fait des générations après po

Cécile Vallée
30 mars


Valerie Fritsch : L'ogre, la sorcière et le rêveur amoureux (L’invention de la douleur)
Valerie Fritsch (c) Martin Schwartz Ce roman commence comme commencerait un conte, peuplé d’un ogre qui violente un enfant, d’une sorcière aux pommes rougissantes qui se croit « princesse sans couronne » et d’August, leur fils au corps parsemé de bleus, bientôt plongé dans un « grand sommeil », le visage blanc comme la neige, pantin de bois dont le cœur est meurtri sans qu’il ne comprenne vraiment pourquoi. [Il] cherchait à établir en avalant sa première gorgée de schnaps s

Cécile Péronnet
30 mars


Lucile Novat : « Les histoires fantastiques m’intéressent lorsqu’elles arrivent à capturer ce qu’on n’aurait pas su articuler dans un discours sagement déplié » (Voir venir)
Lucile Novat (c) Hugo Paturel Gothique, magnétique, fascinant : tels sont les trois mots qui viennent à l’esprit à la lecture de l’éclatante réussite que constitue le premier roman de Lucile Novat, Voir venir qui paraît ces jours-ci aux Éditions du sous-sol. Après De grandes dents qui offrait une réflexion sur le conte, Lucile Novat livre le récit de quatre pensionnaires de la Maison de la légion d’honneur à Saint-Denis qui vont évoluer entre les murs de cet internat élitiste

Johan Faerber
25 mars


Fanny Taillandier : « Je crois que la littérature romanesque, c’est toujours aussi confronter les enjeux moraux les plus absolus à une réalité matérielle concrète » (Sicario Bébé)
Fanny Taillandier (c) Leslie Moquin/Rivages Avec Sicario Bébé, paru chez Rivages, Fanny Taillandier achève de s’imposer comme l’une des voix majeures de notre littérature contemporaine. Nouvelle pièce de son cycle romanesque des Empires, ce roman, bâti comme un polar marxiste, présente l’histoire d’un couple d’adolescents, Djen et Blaise, qui attendent un enfant mais qui, encore scolarisés, sont contraints de sombrer dans la délinquance pour subvenir aux besoins du futur nouv

Johan Faerber
23 mars


Arundhati Roy : « Lisez donc ce livre comme si c'était un roman. Il n'a pas de plus vaste ambition » (Mon refuge et mon orage)
Arundhati Roy (c) Gallimard C’est ce que conseille l’autrice indienne au lecteur de ce récit autobiographique qui raconte sa relation avec sa mère, une femme aussi féroce que généreuse et engagée. Il est aussi question de son propre parcours d’écrivaine, elle qui a obtenu un succès planétaire avec son premier roman Le Dieu des petits riens , et qui a consacré sa plume à des combats importants dans son pays, le troisième personnage de ce récit romanesque, donc, qui dit la com

Cécile Vallée
18 mars


Soundouss Chraïbi : Un entre-soi féminin (Le soleil se lève deux fois)
Soundouss Chraïbi (c) Gallimard « Je crée une fiction, encore une, dans cette histoire de souvenirs restitués, reconstitués, déformés. Une histoire de souvenirs perdus, et retrouvés trop longtemps après les faits pour être tout à fait fiables » (p. 182) Un premier roman est toujours une découverte intéressante quand on aime la littérature. D’autant plus quand il vient d’une plume qui s’est distinguée en critique littéraire. Journaliste pour le magazine marocain TelQuel (cr

Christiane Chaulet Achour
18 févr.


Aurélien Gautherie : Le pouls de Gjо́gv (L’enfant du vent des Féroé)
Aurélien Gautherie Ph. MATSAS / NOTABILIA Aux confins des Féroé, aux confins du monde, « posé au bord de l’eau, au milieu de nulle part », se dresse Gjо́gv, farouche village de pêcheurs qui abrite toujours quelques âmes et surtout le souvenir de celles qui y ont pleuré il y a des décennies de cela. Sa voix retentit dans les pages de ce premier roman – elle raconte les couleurs que l’on provoque et que l’on peint pour égayer les jours trop pâles, les vagues qui lèchent les ri

Cécile Péronnet
9 févr.


Jonas Sollberger : « La fuite me fascine, peu importe ce qui nous fait fuir » (Viens Elie)
Jonas Sollberger (c) Zazzo/Minuit Aucun doute possible : avec Viens Elie, son premier roman qui paraît chez Minuit, Jonas Sollberger signe l'un des textes les plus puissants de cette rentrée d'hiver. La veille de partir pour le recrutement militaire, le jeune Elie s'aventure dans la forêt qui entoure la maison familiale avec son oiseau, Moïse. Mais l'oiseau s'enfuit. Il disparaît. Débute alors une recherche de plus en plus fiévreuse qui ressemble à une fuite avant. Roman poét

Johan Faerber
2 févr.


Judith Godrèche : Vigilance féministe. Sempre ! L’archive contre l’emprise (Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux)
Judith Godrèche (c) Jonas Bresnan « Je vais vous raconter une histoire décousue, celle d’une enfant qui s’en sort » (p. 11). Dès cette phrase, le ton est donné : Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux (Seuil 2026) ne suit pas une simple linéarité, il se déploie comme un fil à la fois fragile et tenace, que le lecteur doit saisir afin de recomposer l’écheveau complexe de ce récit. Car entre mémoire, défense et résistance, Judith Godrèche ne se contente pas de

Simona Crippa
26 janv.


Matthias Zschokke : Un arrondi de l'infini (Pierre le Gris)
Matthias Zschokke (c) DR Nous connaissons tous le principe visuel nommé vase de Rubin. Popularisé notamment par les images d'Épinal, il s'agit d'un dessin en apparence évident – comme un vase –, mais qui en y regardant de plus près cache d'autres formes — par exemple des têtes de profil qui se regardent. Une fois ces nouvelles formes aperçues, elles prennent pour ainsi le devant de la scène de notre regard et le dessin initial n'est plus du tout aussi évident. Tel semble êt

Guillaume Augias
21 janv.


Alain Blottière : « En commençant par nous priver de ciel étoilé, Elon Musk, à dessein, prépare la fin de notre vie sur la terre voire notre extinction définitive » (Le ciel a disparu)
ALAIN BLOTTIERE ©Edouard_Monfrais-Albertini En 2026, dans une oasis égyptienne, par une nuit de pleine lune, un écrivain de soixante-quinze ans contemple le ciel étoilé lorsque le passage des satellites Starlink vient lui gâcher ce spectacle féerique. Il décide alors de tuer Elon Musk. Le récit de son projet alterne avec le commentaire qu’en fait son petit-fils adoptif, vingt-cinq ans plus tard. Au-delà du réquisitoire contre le milliardaire étatsunien, dont la dangerosité d

Cécile Vallée
20 janv.


Julia Lepère : « La poésie ne m’a jamais quittée mais il me fallait également créer de toutes pièces ce monde qui n’existait encore nulle part ailleurs » (La Mer et son double)
Julia Lepère (c) Astrid de Crollalanza./Editions du sous-sol Gothique, baroque et envoûtant : voilà des termes bien rares qui disent par leur force le véritable plaisir qui se manifeste après lecture du premier roman de Julia Lepère, La Mer et son double qui vient de paraître aux Editions du sous-sol. Si on connaît son autrice par sa poésie, ce récit se singularise par l’histoire conjointe d’une naufragée recueillie en haute mer sur un navire au moment même où vient d’y dispa

Johan Faerber
19 janv.


Marion Quantin : « Je me suis offert la liberté de jouer avec la mort de mon père, de son vivant » (Ton Cadavre exquis)
Marion Quantin (c) DR/POL. Surprenant, provocateur et puissamment aimant : tels sont les mots qui viennent à l’esprit après la lecture du premier roman de Marion Quantin, Ton Cadavre exquis qui vient de paraître chez POL. Devant une table de travail en métal, une jeune femme cherche elle-même à embaumer le corps de son père mort. Dans une geste de la thanatopraxie se dévoile peu à peu un récit qui fait retour sur cette figure paternelle pour trouver à la fois l’histoire de ce

Johan Faerber
14 janv.


Dahlia de la Cerda : « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c'est un homme qui l'a écrit» (Mexico Médée)
Dahlia de la Cerda (c) Editions du Sous Sol « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c'est un homme qui l'a écrit mais je peux encore changer mon présent, si c'est une femme qui écrit ce présent, et qu'elle m'aide à me racheter, qu'elle me donne de la profondeur, qu'elle me rend complexe avec mes erreurs mais aussi des vertus. » ( Mexico Médée ) C’est ce que propose Dahlia de la Cerda dans cette sorte de fanfiction féministe et mexicaine du mythe de Médée. On retrouve

Cécile Vallée
13 janv.


Julien Viteau : « Être reconnaissable pour ce qu’on a écrit mais aussi ce qu’on n’a pas écrit, c’est quand même quelque chose, non ? » (Chiens)
Julien Viteau (c) Laurent Fiévet Assurément, une des très grandes et très fortes révélations de cette rentrée d’hiver : difficile de penser autrement après avoir lu le remarquable premier roman de Julien Viteau, Chiens qui vient de paraître chez Verdier. Dans un récit ramassé, à la voix incandescente, Viteau raconte l’été 1985, celui de ses quinze ans, l’adolescent qu’il fut dans un été au Touquet qui « sentait le chien mouillé ». Un récit autobiographique mais pas uniquement

Johan Faerber
12 janv.


Christelle Taraud : Une historienne sur les lieux du crime (Les Filles-au-diable)
Christelle Taraud (c) Charlotte Krebs/Le Seuil Afin de rédiger Les Filles -au-diable. Retrouver les « sorcières » de Steilneset, 1620-2022 (La Découverte, 2026), Christelle Taraud se rend à l’extrême nord de l’Europe, sur l’île de Vardø, dans le Finnmark norvégien, l’un des épicentres majeurs de la chasse aux « sorcières » en Europe moderne. Ce déplacement s’inscrit dans un paysage aujourd’hui marqué par le mémorial de Steilneset, ouvert en 2011, dernière œuvre monumentale

Simona Crippa
12 janv.
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