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Soundouss Chraïbi : Un entre-soi féminin (Le soleil se lève deux fois)
Soundouss Chraïbi (c) Gallimard « Je crée une fiction, encore une, dans cette histoire de souvenirs restitués, reconstitués, déformés. Une histoire de souvenirs perdus, et retrouvés trop longtemps après les faits pour être tout à fait fiables » (p. 182) Un premier roman est toujours une découverte intéressante quand on aime la littérature. D’autant plus quand il vient d’une plume qui s’est distinguée en critique littéraire. Journaliste pour le magazine marocain TelQuel (cr

Christiane Chaulet Achour
il y a 6 jours


Aurélien Gautherie : Le pouls de Gjо́gv (L’enfant du vent des Féroé)
Aurélien Gautherie Ph. MATSAS / NOTABILIA Aux confins des Féroé, aux confins du monde, « posé au bord de l’eau, au milieu de nulle part », se dresse Gjо́gv, farouche village de pêcheurs qui abrite toujours quelques âmes et surtout le souvenir de celles qui y ont pleuré il y a des décennies de cela. Sa voix retentit dans les pages de ce premier roman – elle raconte les couleurs que l’on provoque et que l’on peint pour égayer les jours trop pâles, les vagues qui lèchent les ri

Cécile Péronnet
9 févr.


Jonas Sollberger : « La fuite me fascine, peu importe ce qui nous fait fuir » (Viens Elie)
Jonas Sollberger (c) Zazzo/Minuit Aucun doute possible : avec Viens Elie, son premier roman qui paraît chez Minuit, Jonas Sollberger signe l'un des textes les plus puissants de cette rentrée d'hiver. La veille de partir pour le recrutement militaire, le jeune Elie s'aventure dans la forêt qui entoure la maison familiale avec son oiseau, Moïse. Mais l'oiseau s'enfuit. Il disparaît. Débute alors une recherche de plus en plus fiévreuse qui ressemble à une fuite avant. Roman poét

Johan Faerber
2 févr.


Rémi David, « Le droit ? elle le voyait comme un outil puissant pour repositionner l’humain à sa place : ni en dehors ni au-dessus de la nature et du vivant. Parmi. » (Prélude à la goutte d’eau)
Rémi David (c) Francesca Mantonvani/Gallimard Qualifié de thriller écologique par l’éditeur, ce roman est également dystopique et postcolonial. Si ces étiquettes permettent de se faire une idée de ses thématiques et de la tension narrative du récit, elles restent insuffisantes pour présenter ce roman dont les ondes continuent à se propager bien après la lecture. « Après l’été, c’était encore l’été. Début octobre, dans la savane parisienne, comme dans tout l’Hexagone, la cani

Cécile Vallée
27 janv.


Judith Godrèche : Vigilance féministe. Sempre ! L’archive contre l’emprise (Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux)
Judith Godrèche (c) Jonas Bresnan « Je vais vous raconter une histoire décousue, celle d’une enfant qui s’en sort » (p. 11). Dès cette phrase, le ton est donné : Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux (Seuil 2026) ne suit pas une simple linéarité, il se déploie comme un fil à la fois fragile et tenace, que le lecteur doit saisir afin de recomposer l’écheveau complexe de ce récit. Car entre mémoire, défense et résistance, Judith Godrèche ne se contente pas de

Simona Crippa
26 janv.


Matthias Zschokke : Un arrondi de l'infini (Pierre le Gris)
Matthias Zschokke (c) DR Nous connaissons tous le principe visuel nommé vase de Rubin. Popularisé notamment par les images d'Épinal, il s'agit d'un dessin en apparence évident – comme un vase –, mais qui en y regardant de plus près cache d'autres formes — par exemple des têtes de profil qui se regardent. Une fois ces nouvelles formes aperçues, elles prennent pour ainsi le devant de la scène de notre regard et le dessin initial n'est plus du tout aussi évident. Tel semble êt

Guillaume Augias
21 janv.


Alain Blottière : « En commençant par nous priver de ciel étoilé, Elon Musk, à dessein, prépare la fin de notre vie sur la terre voire notre extinction définitive » (Le ciel a disparu)
ALAIN BLOTTIERE ©Edouard_Monfrais-Albertini En 2026, dans une oasis égyptienne, par une nuit de pleine lune, un écrivain de soixante-quinze ans contemple le ciel étoilé lorsque le passage des satellites Starlink vient lui gâcher ce spectacle féerique. Il décide alors de tuer Elon Musk. Le récit de son projet alterne avec le commentaire qu’en fait son petit-fils adoptif, vingt-cinq ans plus tard. Au-delà du réquisitoire contre le milliardaire étatsunien, dont la dangerosité d

Cécile Vallée
20 janv.


Julia Lepère : « La poésie ne m’a jamais quittée mais il me fallait également créer de toutes pièces ce monde qui n’existait encore nulle part ailleurs » (La Mer et son double)
Julia Lepère (c) Astrid de Crollalanza./Editions du sous-sol Gothique, baroque et envoûtant : voilà des termes bien rares qui disent par leur force le véritable plaisir qui se manifeste après lecture du premier roman de Julia Lepère, La Mer et son double qui vient de paraître aux Editions du sous-sol. Si on connaît son autrice par sa poésie, ce récit se singularise par l’histoire conjointe d’une naufragée recueillie en haute mer sur un navire au moment même où vient d’y dispa

Johan Faerber
19 janv.


Marion Quantin : « Je me suis offert la liberté de jouer avec la mort de mon père, de son vivant » (Ton Cadavre exquis)
Marion Quantin (c) DR/POL. Surprenant, provocateur et puissamment aimant : tels sont les mots qui viennent à l’esprit après la lecture du premier roman de Marion Quantin, Ton Cadavre exquis qui vient de paraître chez POL. Devant une table de travail en métal, une jeune femme cherche elle-même à embaumer le corps de son père mort. Dans une geste de la thanatopraxie se dévoile peu à peu un récit qui fait retour sur cette figure paternelle pour trouver à la fois l’histoire de ce

Johan Faerber
14 janv.


Dahlia de la Cerda : « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c'est un homme qui l'a écrit» (Mexico Médée)
Dahlia de la Cerda (c) Editions du Sous Sol « Je ne peux pas modifier mon passé, parce que c'est un homme qui l'a écrit mais je peux encore changer mon présent, si c'est une femme qui écrit ce présent, et qu'elle m'aide à me racheter, qu'elle me donne de la profondeur, qu'elle me rend complexe avec mes erreurs mais aussi des vertus. » ( Mexico Médée ) C’est ce que propose Dahlia de la Cerda dans cette sorte de fanfiction féministe et mexicaine du mythe de Médée. On retrouve

Cécile Vallée
13 janv.


Julien Viteau : « Être reconnaissable pour ce qu’on a écrit mais aussi ce qu’on n’a pas écrit, c’est quand même quelque chose, non ? » (Chiens)
Julien Viteau (c) Laurent Fiévet Assurément, une des très grandes et très fortes révélations de cette rentrée d’hiver : difficile de penser autrement après avoir lu le remarquable premier roman de Julien Viteau, Chiens qui vient de paraître chez Verdier. Dans un récit ramassé, à la voix incandescente, Viteau raconte l’été 1985, celui de ses quinze ans, l’adolescent qu’il fut dans un été au Touquet qui « sentait le chien mouillé ». Un récit autobiographique mais pas uniquement

Johan Faerber
12 janv.


Christelle Taraud : Une historienne sur les lieux du crime (Les Filles-au-diable)
Christelle Taraud (c) Charlotte Krebs/Le Seuil Afin de rédiger Les Filles -au-diable. Retrouver les « sorcières » de Steilneset, 1620-2022 (La Découverte, 2026), Christelle Taraud se rend à l’extrême nord de l’Europe, sur l’île de Vardø, dans le Finnmark norvégien, l’un des épicentres majeurs de la chasse aux « sorcières » en Europe moderne. Ce déplacement s’inscrit dans un paysage aujourd’hui marqué par le mémorial de Steilneset, ouvert en 2011, dernière œuvre monumentale

Simona Crippa
12 janv.


Théo Casciani : « Il me fallait ouvrir un univers parallèle pour pouvoir ausculter ce qui se cache derrière notre réalité » (Insula)
Théo Casciani (c) Jules Moskovtchenko/POL Aucun doute possible : avec Insula, Théo Casciani signe un des récits les plus puissants de cette rentrée d’hiver, et sans doute de ces dernières années. Après le remarquable Rétine, ce second roman propose un éblouissant et émouvant récit qui, dans un futur imminent dominé par l’extrême droite, voit l’apparition d’un curieux jeu de réalité virtuelle baptisé Insula. A cette enquête autour de la dimension nouvelle qu’offre ledit jeu se

Johan Faerber
7 janv.


Pauline Peyrade : « Je ne voulais pas que l’écologie soit le sujet du livre, mais qu’elle le structure, qu’elle en soit la forme » (Les Habitantes)
Pauline Peyrade (c) Mathieu Zazzo/Editions de Minuit Beau et fort : voilà ce qui vient spontanément à l’esprit après avoir refermé Les Habitantes, le second roman de Pauline Peyrade qui vient de paraître aux Editions de Minuit. Après le fulgurant L’Âge de détruire, couronné par le Goncourt du premier roman et en parallèle d’une riche carrière dramaturgique, la jeune autrice signe un singulier et très riche récit, celui d’Emily qui, recluse et solitaire, vit dans la forêt en

Johan Faerber
5 janv.


Une rentrée rurale, intime et vocale pour rebattre les cartes du contemporain ?
Comment évoquer cette rentrée d’hiver 2026 qui des mois durant va nous occuper sans revenir avant tout sur l’étonnante rentrée littéraire de septembre 2025 dont on n’a pas fini d’entendre parler ? Comment débuter notre éditorial d’hiver sinon en faisant retour sur ces quatre courts mois qui, de mémoire de contemporain, ont été de loin le théâtre de l’une des rentrées littéraires parmi les plus resserrées ? De fait, comme rarement, la rentrée littéraire de septembre 25 a opér

Simona Crippa & Johan Faerber
5 janv.
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