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« Si on ne fait rien où on va ? » se demandent Blanches et Nour, les deux héroïnes de Nadia Daam et Gwendoline Soublin
Une pièce de théâtre sur des ovnis vus en pleine nuit, et un récit sur la disparition volontaire de femmes. Nadia Daam et Gwendoline Soublin déplient, chacune à leur manière, la violence aussi bien faite aux femmes qu'absorbée par elles. Que ce soit la violence des tâches répétitives pour une aide à domicile en milieu rural, ou le choix de plusieurs d'entre elles de disparaître, les femmes de ces ouvrages sont farouches, et armées. * Il y a Nour, 55 ans, et aide à domici

Apolline Limosino
il y a 4 jours


Asmaa Azaizeh : Journal d’un corps en temps de guerre (Ne me croyez pas si je vous parle de la guerre)
Asmaa Azaizeh (c) Dirk Skiba Dans la postface de sa traduction du troisième recueil d’Asmaa Azaizeh, l’universitaire et traducteur marocain Chakib Ararou a raison d’inviter le lectorat à ne pas réduire ce livre à « un texte de circonstance » ni à « la chronique événementielle du drame palestinien ». Dès l’injonction paradoxale du titre, la tentation est en effet grande de lire la poésie d’Azaizeh à travers le seul prisme de la guerre génocidaire qui se poursuit à Gaza, malgr

Khalid Lyamlahy
5 août


Elke de Rijcke : Une poétique écologique du vivre « avec » (Paradisiaca. Un Lac-Opéra)
Elke de Rijcke (c) Elke de Rijcke Il existe des livres qui se donnent d'emblée et d'autres qui semblent se transformer à chaque nouvelle lecture. Paradisiaca. Un Lac-Opéra appartient à cette seconde catégorie. À chaque retour au récit, une nouvelle image surgit, une vocalité se glisse, une autre strate de sens (du sensible) apparaît, comme si l'œuvre elle-même demeurait ouverte. Le livre d'Elke de Rijcke compose une expérience de lecture-écoute, où le lac de Constance devien

Coral Nieto Garcia
3 août


Séverine Daucourt : précis merveilleux de résistance sociale (Le Monsieur)
Séverine Daucourt (c) DR Dans son premier roman, Séverine Daucourt fait le choix de la densité, de la profondeur, et du merveilleux. Un pari risqué, qui porte cependant ses fruits : Le Monsieur se déploie comme un kaléidoscope dont l’économie et la cohérence littéraires permettent une exploration de problématiques contemporaines plurielles et essentielles. Par la médiation du conte, l’écrivaine met notamment sur la table le féminisme, la critique de l’âgisme, du mépris de cl

Pauline de Toffoli
27 juil.


Penser, lutter, résister (Théories féministes)
Camille Froidevaux-Metterie (c) Bénédicte Roscot/Le Seuil Avec Théories féministes, Camille Froidevaux-Metterie propose bien davantage qu’un ouvrage de référence : elle offre une cartographie indispensable des pensées qui, depuis plusieurs siècles, travaillent à rendre visibles les mécanismes de domination patriarcale. Ce collectif rassemble une pluralité de voix et de traditions — féminismes matérialistes, intersectionnels, décoloniaux, queer, réflexions sur le corps, la se

Simona Crippa
20 juil.


Laurine Roux : « Ce repos, n'est-ce pas la justice ? » (Trois fois la colère)
Laurine Roux (c) Eléonore Wallet D'abord, un titre qui cueille : trois fois la colère. Une colère qui s'annonce par le constat tranchant de sa somme. Ensuite, la première phrase du roman : « Le sac brinquebale contre le flanc du cheval ». À l'intérieur de ce sac, une tête coupée. D'emblée nous savons de qui est la tête « prisonnière du chanvre » : celle d'Hugon de Bure, dit Hugon le Terrible, actuel roi. Et nous savons qui l'a tranché : la cavalière adolescente appelée Miou,

Apolline Limosino
13 juil.


Isis Labeau-Caberia : L’avenir du passé (Chères ancêtres - Contre-histoire des résistances féminines et anticoloniales)
« Je prends conscience non seulement de la proximité troublante de ce passé servile, mais surtout, de l’amnésie tenace qui l’enserre » Comment vivre aujourd’hui ? En tissant profondément les liens avec les femmes du passé, esclavisées, dominées, qui ont su inventer des stratégies de résistances pouvant inspirer nos luttes d’aujourd’hui. En ce printemps 2026, Isis Labeau-Caberia offre une recherche et une exploration intime du rapport que chacun.e peut entretenir avec un

Christiane Chaulet Achour
6 juil.


Rêver le paysage & faire commun ?« La Cerisaie » – Aurélie Van Den Daele
(c) Thierry Laporte La Cerisaie – dernière pièce de Tchekhov parue en 1903 et, sûrement, la plus parfaite – s’écrit à la lisière d’une ère nouvelle et s’étend à perte de vue sur le paysage théâtral depuis plus de 120 ans, tout en faisant du basculement le cœur de sa dramaturgie. Aurélie Van Den Daele, la directrice du Théâtre de l’Union – CDN du Limousin, s’en empare avec une troupe de comédien.nes époustouflante, capable de faire vraiment de ce lieu mythique le centre i

Delphine Edy
29 juin


Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot : « Ce qui nous passionne chez Arno Schmidt, c’est sa manière d’être moderne : expérimental mais sachant raconter des histoires »
Arno Schmidt (c) DR Un grand entretien avec Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gaillot, des éditions Tristram, qui, à l’occasion de la parution de la récente parution de Paysage lacustre avec Pocahontas d’Arno Schmidt traduit par Claude Riehl, reviennent sur leur monumentale édition des oeuvres de l’écrivain allemand en français. Maurice Nadeau introduit Arno Schmidt en France en l’accueillant d’abord dans sa collection « Lettres Nouvelles » aux éditions Julliard puis en le publi

Christophe Solioz
24 juin


Mariana Alves : « Écrire ce récit, au-delà de l’hommage, a été clairement un acte militant » (La Classe et la fonction)
Indéniablement, avec La Classe et la fonction, Mariana Alvès signe un des très grands récits de cette année, comme on en lit rarement. En un style sec et ramassée, elle livre un premier roman, celui du récit mesuré mais poignant de la « Grande Petite » qui, fille de concierges portugais, va scruter la loge où ses parents exercent. Un lieu ramassé sans intimité, au cœur du 16e arrondissement, où locataires et propriétaires, les « Autres », les font se sentir comme des fantômes

Johan Faerber
23 juin


Hassan Wahbi ou l’écriture comme seule illusion ? (Carnet de voyage dans le Sud marocain - III)
Hassan Wahbi (c) DR Je ne prétends pas bien connaître Hassan Wahbi, je l’ai rencontré en janvier à Agadir, chez mes amis Mark et Carole Edwards. Depuis, je l’ai lu. Pas entièrement, bien sûr, sa production (en l’occurrence de la poésie, des essais, des travaux critiques, des carnets, des aphorismes, des livrets de conférence, des beaux-livres et des réflexions poétiques) est importante. Et elle est explicitement inachevée, plusieurs ouvrages étant signalés comme « en deven

Jean-Michel Devésa
22 juin


Gwendoline Soublin : « En ce moment, on a besoin d'une littérature explosive, qui s'invente, qui réinvente » (Seuls dans la nuit)
Gwendoline Soublin (c) Geoffrey Fages Aujourd'hui, un grand entretien avec Gwendoline Soublin autour de son oeuvre par Delphine Edy. Delphine Edy – De manière à poser un cadre, je voudrais qu'on revienne sur le contexte d'écriture de ce texte, une commande du metteur en scène, Anthony Thibault, datant de 2019, qui n'est paru qu'en 2026 aux éditions Espaces 34. Est-ce que tu veux bien nous en dire quelques mots ? Gwendoline Soublin – Seuls dans la nuit est en effet un texte

Delphine Edy
17 juin


Vincent Laisney : « Je me souviens » de mes années d’HDR
Tribulations d’un chercheur en littérature est un livre double. D’un côté, Vincent Laisney présente le résultat d’une investigation. Intrigué par l’écriture d’un certain type de souvenirs, Vincent Laisney exhume – ce qui revient à dire : crée– un genre, qu’il est le premier à identifier comme tel : le « souvenir littéraire », soit le témoignage de quelqu’un, généralement un auteur plus ou moins obscur qui consigne par écrit, en principe vers la fin de sa vie, les souvenirs pe

Jan Baetens
17 juin


Frédéric Forte : « Notre époque est terriblement violente. Aurais-je besoin de structurer ma poésie comme je le fais si c’était moins le cas ? » (Le Sentiment général)
Frédéric Forte (c) DR Avec Le Sentiment général qui vient de paraître chez POL, Frédéric Forte signe sans nul doute un des textes poétiques les plus remarquables de notre contemporain. Devant un monde chaotique, secoué et soulevé par une crise générale, le poète oppose la mesure comptée et la douceur feutrée d’une poésie qui cherche à forer les sentiments particuliers et le sentiment général de frayeur. Un grand texte structuré autour de la question formelle du sonnet, de la

Johan Faerber
16 juin


Karine Miermont : Impromptus (Les Instants les merles)
Karine Miermont (c) DR Karine Miermont possède un sens indéniable de l’observation et l’on retrouve, dans Les Instants les merles paru à L’Atelier contemporain, ce qu’on avait aimé dans la prose de ses livres précédents, Marabout de Roche et Vies de forêt, parus chez le même éditeur en 2021 et 2022, une attention aux choses et au vivant qui ne se dément point, une sensibilité particulière pour ce qui arrive, l’inopiné, le surgissement ; que ce soit celui d’une bête sauvage,

Jules Vipaldo
16 juin


Omar Merzoug : Camus, une statue intouchable ou un homme dans son siècle ? (Camus - L’écrivain désengagé)
Albert Camus (c) DR « Camus parle de son amour pour la terre algérienne, de son amitié pour les Algériens ; mais de la dignité des Algériens, de leur désir de liberté, il ne dit rien ». Cette affirmation peut servir véritablement d’exergue aux propos de l’auteur, dans son livre édité en octobre 2025, Camus L’écrivain désengagé. A cette citation, Omar Merzoug oppose immédiatement une citation de la « Lettre à un jeune Français d’Algérie » de Jean Sénac publiée dans Esprit en

Christiane Chaulet Achour
15 juin


Mariana Alves : « La loge est un croquemitaine qui brise les rêves de ceux qui osent à peine y croire» (La Classe et la fonction)
Janine Niepce (c) DR Tout commence par le cadre spatial, celui du 16e arrondissement parisien, dont la narratrice commence par décrire le luxe et le calme. Cependant, elle fait rapidement passer le regard des miroirs profonds à un lieu caché, invisibilisé : la loge du concierge. De courts chapitres, comme des poèmes en prose, parfois introduits par une sorte de titre en italique, racontent l’enfance de la « Grande petite » dans une de ces loges, et la vie de ses parents venu

Cécile Vallée
15 juin


Elena Ferrante / Gaia Saitta : Quand la descente aux enfers d’une femme se métamorphose en ascension libératrice pour toutes (Les jours de mon abandon)
(c) Vahid Amanpour De la maison bourgeoise, il ne reste que la structure, les armatures métalliques. Et à l’intérieur, tout va de guingois : l’évier est posé à même le sol, le canapé totalement bancal, la table de la salle à manger a été remplacée par une porte intérieure posée en pente, comme si l’ensemble avait été littéralement déséquilibré. Le sol est recouvert par endroits de monticules de ce qui ressemble à du sable brun : les gravas des cloisons détruites ? Mais quel

Delphine Edy
10 juin


Esther Salmona : Le mode incisif (Ce qui marque, incise)
Esther Salmona (c) Annabelle Verhaeghe Après Amenées (Éric Pesty Éditeur, 2017), le nouveau livre d’Esther Salmona, Ce qui marque, incise, écrit-composé à la fois dans la brisure et la retenue, dans l’aporie et le retrait, fait montre, comme sa maison d’édition, d’une belle discrétion dans chacune de ses pages, où quelques vers, seulement, s’agrippent à la verticalité de la page, se tiennent haut et tiennent bon dans le blanc tournant, courts et ramassés qu’ils sont, en quel

Jules Vilpado
10 juin


Anne F. Garréta : savoir enchaîner, savoir adapter, savoir composer (DJ, Portrait de l’artiste en animale nocturne)
Anne F. Garréta et une amie (c) Anne F. Garréta Par-delà les clichés associés au métier de DJ, le nouveau livre d’Anne F. Garréta, intitulé DJ, Portrait de l’artiste en animale nocturne, donne à voir l’essence d’un art dont la littérature parle peu, et que l’autrice fut la première à utiliser dans Sphinx (1986) pour construire un personnage de roman. Aujourd’hui comme alors, la mémoire et l’expérience personnelle servent de fondement à l’écriture, mais selon deux modalités t

Anne Boquel
9 juin
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