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Laurine Roux : « Ce repos, n'est-ce pas la justice ? » (Trois fois la colère)
Laurine Roux (c) Eléonore Wallet D'abord, un titre qui cueille : trois fois la colère. Une colère qui s'annonce par le constat tranchant de sa somme. Ensuite, la première phrase du roman : « Le sac brinquebale contre le flanc du cheval ». À l'intérieur de ce sac, une tête coupée. D'emblée nous savons de qui est la tête « prisonnière du chanvre » : celle d'Hugon de Bure, dit Hugon le Terrible, actuel roi. Et nous savons qui l'a tranché : la cavalière adolescente appelée Miou,

Apolline Limosino
il y a 4 jours


Isis Labeau-Caberia : L’avenir du passé (Chères ancêtres - Contre-histoire des résistances féminines et anticoloniales)
« Je prends conscience non seulement de la proximité troublante de ce passé servile, mais surtout, de l’amnésie tenace qui l’enserre » Comment vivre aujourd’hui ? En tissant profondément les liens avec les femmes du passé, esclavisées, dominées, qui ont su inventer des stratégies de résistances pouvant inspirer nos luttes d’aujourd’hui. En ce printemps 2026, Isis Labeau-Caberia offre une recherche et une exploration intime du rapport que chacun.e peut entretenir avec un

Christiane Chaulet Achour
6 juil.


Rêver le paysage & faire commun ?« La Cerisaie » – Aurélie Van Den Daele
(c) Thierry Laporte La Cerisaie – dernière pièce de Tchekhov parue en 1903 et, sûrement, la plus parfaite – s’écrit à la lisière d’une ère nouvelle et s’étend à perte de vue sur le paysage théâtral depuis plus de 120 ans, tout en faisant du basculement le cœur de sa dramaturgie. Aurélie Van Den Daele, la directrice du Théâtre de l’Union – CDN du Limousin, s’en empare avec une troupe de comédien.nes époustouflante, capable de faire vraiment de ce lieu mythique le centre i

Delphine Edy
29 juin


Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot : « Ce qui nous passionne chez Arno Schmidt, c’est sa manière d’être moderne : expérimental mais sachant raconter des histoires »
Arno Schmidt (c) DR Un grand entretien avec Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gaillot, des éditions Tristram, qui, à l’occasion de la parution de la récente parution de Paysage lacustre avec Pocahontas d’Arno Schmidt traduit par Claude Riehl, reviennent sur leur monumentale édition des oeuvres de l’écrivain allemand en français. Maurice Nadeau introduit Arno Schmidt en France en l’accueillant d’abord dans sa collection « Lettres Nouvelles » aux éditions Julliard puis en le publi

Christophe Solioz
24 juin


Mariana Alves : « Écrire ce récit, au-delà de l’hommage, a été clairement un acte militant » (La Classe et la fonction)
Indéniablement, avec La Classe et la fonction, Mariana Alvès signe un des très grands récits de cette année, comme on en lit rarement. En un style sec et ramassée, elle livre un premier roman, celui du récit mesuré mais poignant de la « Grande Petite » qui, fille de concierges portugais, va scruter la loge où ses parents exercent. Un lieu ramassé sans intimité, au cœur du 16e arrondissement, où locataires et propriétaires, les « Autres », les font se sentir comme des fantômes

Johan Faerber
23 juin


Hassan Wahbi ou l’écriture comme seule illusion ? (Carnet de voyage dans le Sud marocain - III)
Hassan Wahbi (c) DR Je ne prétends pas bien connaître Hassan Wahbi, je l’ai rencontré en janvier à Agadir, chez mes amis Mark et Carole Edwards. Depuis, je l’ai lu. Pas entièrement, bien sûr, sa production (en l’occurrence de la poésie, des essais, des travaux critiques, des carnets, des aphorismes, des livrets de conférence, des beaux-livres et des réflexions poétiques) est importante. Et elle est explicitement inachevée, plusieurs ouvrages étant signalés comme « en deven

Jean-Michel Devésa
22 juin


Gwendoline Soublin : « En ce moment, on a besoin d'une littérature explosive, qui s'invente, qui réinvente » (Seuls dans la nuit)
Gwendoline Soublin (c) Geoffrey Fages Aujourd'hui, un grand entretien avec Gwendoline Soublin autour de son oeuvre par Delphine Edy. Delphine Edy – De manière à poser un cadre, je voudrais qu'on revienne sur le contexte d'écriture de ce texte, une commande du metteur en scène, Anthony Thibault, datant de 2019, qui n'est paru qu'en 2026 aux éditions Espaces 34. Est-ce que tu veux bien nous en dire quelques mots ? Gwendoline Soublin – Seuls dans la nuit est en effet un texte

Delphine Edy
17 juin


Vincent Laisney : « Je me souviens » de mes années d’HDR
Tribulations d’un chercheur en littérature est un livre double. D’un côté, Vincent Laisney présente le résultat d’une investigation. Intrigué par l’écriture d’un certain type de souvenirs, Vincent Laisney exhume – ce qui revient à dire : crée– un genre, qu’il est le premier à identifier comme tel : le « souvenir littéraire », soit le témoignage de quelqu’un, généralement un auteur plus ou moins obscur qui consigne par écrit, en principe vers la fin de sa vie, les souvenirs pe

Jan Baetens
17 juin


Frédéric Forte : « Notre époque est terriblement violente. Aurais-je besoin de structurer ma poésie comme je le fais si c’était moins le cas ? » (Le Sentiment général)
Frédéric Forte (c) DR Avec Le Sentiment général qui vient de paraître chez POL, Frédéric Forte signe sans nul doute un des textes poétiques les plus remarquables de notre contemporain. Devant un monde chaotique, secoué et soulevé par une crise générale, le poète oppose la mesure comptée et la douceur feutrée d’une poésie qui cherche à forer les sentiments particuliers et le sentiment général de frayeur. Un grand texte structuré autour de la question formelle du sonnet, de la

Johan Faerber
16 juin


Karine Miermont : Impromptus (Les Instants les merles)
Karine Miermont (c) DR Karine Miermont possède un sens indéniable de l’observation et l’on retrouve, dans Les Instants les merles paru à L’Atelier contemporain, ce qu’on avait aimé dans la prose de ses livres précédents, Marabout de Roche et Vies de forêt, parus chez le même éditeur en 2021 et 2022, une attention aux choses et au vivant qui ne se dément point, une sensibilité particulière pour ce qui arrive, l’inopiné, le surgissement ; que ce soit celui d’une bête sauvage,

Jules Vipaldo
16 juin


Omar Merzoug : Camus, une statue intouchable ou un homme dans son siècle ? (Camus - L’écrivain désengagé)
Albert Camus (c) DR « Camus parle de son amour pour la terre algérienne, de son amitié pour les Algériens ; mais de la dignité des Algériens, de leur désir de liberté, il ne dit rien ». Cette affirmation peut servir véritablement d’exergue aux propos de l’auteur, dans son livre édité en octobre 2025, Camus L’écrivain désengagé. A cette citation, Omar Merzoug oppose immédiatement une citation de la « Lettre à un jeune Français d’Algérie » de Jean Sénac publiée dans Esprit en

Christiane Chaulet Achour
15 juin


Mariana Alves : « La loge est un croquemitaine qui brise les rêves de ceux qui osent à peine y croire» (La Classe et la fonction)
Janine Niepce (c) DR Tout commence par le cadre spatial, celui du 16e arrondissement parisien, dont la narratrice commence par décrire le luxe et le calme. Cependant, elle fait rapidement passer le regard des miroirs profonds à un lieu caché, invisibilisé : la loge du concierge. De courts chapitres, comme des poèmes en prose, parfois introduits par une sorte de titre en italique, racontent l’enfance de la « Grande petite » dans une de ces loges, et la vie de ses parents venu

Cécile Vallée
15 juin


Elena Ferrante / Gaia Saitta : Quand la descente aux enfers d’une femme se métamorphose en ascension libératrice pour toutes (Les jours de mon abandon)
(c) Vahid Amanpour De la maison bourgeoise, il ne reste que la structure, les armatures métalliques. Et à l’intérieur, tout va de guingois : l’évier est posé à même le sol, le canapé totalement bancal, la table de la salle à manger a été remplacée par une porte intérieure posée en pente, comme si l’ensemble avait été littéralement déséquilibré. Le sol est recouvert par endroits de monticules de ce qui ressemble à du sable brun : les gravas des cloisons détruites ? Mais quel

Delphine Edy
10 juin


Esther Salmona : Le mode incisif (Ce qui marque, incise)
Esther Salmona (c) Annabelle Verhaeghe Après Amenées (Éric Pesty Éditeur, 2017), le nouveau livre d’Esther Salmona, Ce qui marque, incise, écrit-composé à la fois dans la brisure et la retenue, dans l’aporie et le retrait, fait montre, comme sa maison d’édition, d’une belle discrétion dans chacune de ses pages, où quelques vers, seulement, s’agrippent à la verticalité de la page, se tiennent haut et tiennent bon dans le blanc tournant, courts et ramassés qu’ils sont, en quel

Jules Vilpado
10 juin


Anne F. Garréta : savoir enchaîner, savoir adapter, savoir composer (DJ, Portrait de l’artiste en animale nocturne)
Anne F. Garréta et une amie (c) Anne F. Garréta Par-delà les clichés associés au métier de DJ, le nouveau livre d’Anne F. Garréta, intitulé DJ, Portrait de l’artiste en animale nocturne, donne à voir l’essence d’un art dont la littérature parle peu, et que l’autrice fut la première à utiliser dans Sphinx (1986) pour construire un personnage de roman. Aujourd’hui comme alors, la mémoire et l’expérience personnelle servent de fondement à l’écriture, mais selon deux modalités t

Anne Boquel
9 juin


Spectres de Derrida : Chantier ouvert
Jacques Derrida (c) DR Après la nouvelle édition de Spectres de Marx en 2024, les éditions du Seuil récidivent avec l’assemblage de trois volumes publiés initialement aux éditions Galilée et maintenant à nouveau accessibles dans une édition augmentée : Force de loi (1994), Fichus (2002), Voyous (2003) – « voyous » en référence aux États (Irak, Iran, Corée du Nord) désignés comme tels par le président des USA George W. Bush en 2002[1]. Pour qui douterait de l’actualité de

Christophe Solioz
9 juin


Johann Chapoutot : Qui hissa Hitler au pouvoir ? Une histoire bien connue (Brecht, La résistible ascension d'Arturo Ui)
Johann Chapoutot & Bertolt Brecht (c) DR Non, Hitler n'a jamais été élu, et les nazis n'ont pris le pouvoir qu'à partir du moment où il leur fut donné, en janvier 1933 – alors qu'eux-mêmes n'y croyaient plus. Penser le contraire décrédibilise aujourd'hui encore notre confiance en la démocratie. « Uppercut : un essai & une pièce. Le politique, à l’entrechoc », voilà l'audacieuse et percutante ligne éditoriale de la nouvelle collection des éditions de L'Arche, cet éditeur d

Apolline Limosino
8 juin


Daniel Maximin : Une géopoétique pour dessiner l’avenir (L’Invention des désirades)
« Nous recréerons la poésie antillaise, blues taillé dans la pierre, notre cri de galet policé par la mer. Oui, faisons des diamants de nos injures. Collons au sol nos oreilles pour écouter passer demain. » (L’Isolé Soleil) Edité par Présence Africaine en 2000, ce recueil poétique de l’écrivain guadeloupéen bénéficie d’une nouvelle réédition dans la collection Points Poésie, aux éditions du Seuil, après avoir été réédité en 2009. Toute réédition, surtout dans une collection

Christiane Chaulet Achour
8 juin


Louisa Yousfi : « Je revendique le droit de disparaître dans le travail de la forme » (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) Anthony Francin/La Fabrique Avec La Grande méthode, Louisa Yousfi signe un livre important. Important par sa force narrative, celle qui permet de creuser au plus profond de soi pour interroger ce qui reste du père quand celui-ci vient à mourir. Un texte qui n’hésite pas à dissoudre toutes les frontières génériques pour venir sonder les régimes de vérité, les régimes de croyances et offrir une parole neuve qui cherche à situer où nous sommes. Occidentée, la v

Johan Faerber
2 juin


Olivier Smolders : Liberté et résistance : leçons d’une histoire belge (Horace Van Offel. Histoire d’une trahison)
Le nom d’Horace Van Offel (1876-1944) ne dit pas grand-chose au public français. Même en Belgique, il a été vite oublié, malgré son rôle dans un épisode capital de l’histoire politique et culturelle du pays. En 1940, pendant quatre mois, Van Offel fut en effet le rédacteur en chef du journal Le Soir, dit « Le Soir volé », organe de presse choisi par les Allemands comme outil de propagande de l’idéologie nazie (il n’y avait pas en Belgique d’équivalent de la NRF). Rapidement d

Jan Baetens
2 juin
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