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Carole Edwards ou le Maroc comme « patrie mentale » (Carnet de voyage dans le Sud marocain - II)
Carole Edwards (c) DR Carole Edwards n’est pas seulement une collègue, elle est une amie – au sens fort du terme, elle n’est en rien une relation. J’ai fait sa connaissance en 2016, lors du colloque international (« L’Espace caribéen, chaudron des Amériques : du déracinement et de la pensée de la « trace » au devenir historique et à ses représentations ») que j’ai co-organisé à Trinidad (à The University of West Indies) avec Savrina Chinien (laquelle avait été ma doctorante à

Jean-Michel Devésa
il y a 3 jours


Lucile Novat : « Les histoires fantastiques m’intéressent lorsqu’elles arrivent à capturer ce qu’on n’aurait pas su articuler dans un discours sagement déplié » (Voir venir)
Lucile Novat (c) Hugo Paturel Gothique, magnétique, fascinant : tels sont les trois mots qui viennent à l’esprit à la lecture de l’éclatante réussite que constitue le premier roman de Lucile Novat, Voir venir qui paraît ces jours-ci aux Éditions du sous-sol. Après De grandes dents qui offrait une réflexion sur le conte, Lucile Novat livre le récit de quatre pensionnaires de la Maison de la légion d’honneur à Saint-Denis qui vont évoluer entre les murs de cet internat élitiste

Johan Faerber
25 mars


Anne Bourrassé : « Démontrer chirurgicalement les processus de discriminations à l’œuvre dans mon milieu » (Les Refusées)
Anne Bourrassé (c) Astrid de Crollalanza Avec Les Refusées. Les artistes femmes n’existent pas (Seuil, janvier 2026), Anne Bourrassé propose un essai aussi incisif que nécessaire, qui s’attaque aux angles morts de l’histoire de l’art. Critique d’art et curatrice d’exposition, elle y met au jour les mécanismes d’invisibilisation qui ont durablement relégué les artistes femmes hors du récit dominant, en interrogeant les conditions mêmes de la reconnaissance et de la légitimité

Simona Crippa
24 mars


Fanny Taillandier : « Je crois que la littérature romanesque, c’est toujours aussi confronter les enjeux moraux les plus absolus à une réalité matérielle concrète » (Sicario Bébé)
Fanny Taillandier (c) Leslie Moquin/Rivages Avec Sicario Bébé, paru chez Rivages, Fanny Taillandier achève de s’imposer comme l’une des voix majeures de notre littérature contemporaine. Nouvelle pièce de son cycle romanesque des Empires, ce roman, bâti comme un polar marxiste, présente l’histoire d’un couple d’adolescents, Djen et Blaise, qui attendent un enfant mais qui, encore scolarisés, sont contraints de sombrer dans la délinquance pour subvenir aux besoins du futur nouv

Johan Faerber
23 mars


« Forcenés » : Une échappée performative qui fait du mythe cycliste un moment fragile où poésie et performance se conjuguent dans un véritable contre-la-montre
Avec Forcenés , le metteur en scène Jacques Vincey adapte pour la scène théâtrale – avec délicatesse et intensité – la déclaration d’amour au cyclisme de Philippe Bordas [1] et offre à Léo Gardy, jeune comédien et ancien coureur de haut niveau dans l’équipe junior du Limousin, un rôle à sa pleine mesure. Dans une course soutenue où la démesure des mots se conjugue à celle de l’effort physique, les artistes créent une tension maximale pour sonder l’économie du désir de ces ch

Delphine Edy
23 mars


Mascare : « Je ne souhaite pas être un étendard, je ne porte pas la mémoire de tous les harkis, de tous les humiliés, j’ajoute ma pierre à l’édifice » (Belgazou)
Mascare (c) Teresa Suarez C’est sans doute l’un des plus grands chocs littéraires de cette saison sinon de ces dernières années : avec Belgazou, son premier texte qui paraît chez Corti, Mascare signe une véritable déflagration. A mi-chemin entre l’enquête personnelle et l’investigation généalogique, Mascare fore la mémoire des siens, celle d’une petite-fille de harki qui porte le poids de « la déjà vieille guerre des années 60, 1960 ». Au cœur d’un pays déchiré par l’extrême

Johan Faerber
18 mars


Arundhati Roy : « Lisez donc ce livre comme si c'était un roman. Il n'a pas de plus vaste ambition » (Mon refuge et mon orage)
Arundhati Roy (c) Gallimard C’est ce que conseille l’autrice indienne au lecteur de ce récit autobiographique qui raconte sa relation avec sa mère, une femme aussi féroce que généreuse et engagée. Il est aussi question de son propre parcours d’écrivaine, elle qui a obtenu un succès planétaire avec son premier roman Le Dieu des petits riens , et qui a consacré sa plume à des combats importants dans son pays, le troisième personnage de ce récit romanesque, donc, qui dit la com

Cécile Vallée
18 mars


Emmanuelle Walter : « Le féminicide autochtone canadien est un exemple paroxystique parmi d’autres de la guerre mondiale faite aux femmes »
Emmanuelle Walter © Lynn S.K. Avec Sœurs volées, enquête sur un féminicide au Canada (Lux Éditeur, 2014), Emmanuelle Walter propose un récit rigoureux et engagé sur l’une des violences structurelles les plus persistantes du Canada contemporain : les disparitions et assassinats de femmes et de jeunes filles autochtones. À partir du cas de deux adolescentes anishnabées, Maisy Odjick et Shannon Alexander, disparues au Québec en 2008, l’autrice met en lumière, à travers une inv

Simona Crippa
17 mars


Mélikah Abdelmoumen : A la Recherche de soi : entre moi et l’autre
« Moi, habitée par deux identités supposées contradictoires, mais qui avaient dû apprendre à cohabiter » Baldwin, Styron et moi , p. 165 Mélikah Abdelmoumen, écrivaine québécoise, publie, ce printemps 2026, chez LUX (Montréal), un essai attachant et dérangeant, Traité de la petite bonté - Lettre à une jeune amie tsigane . Elle avait auparavant publié plusieurs romans et, dans une autre maison montréalaise, Mémoire d’encrier, Baldwin, Styron et moi en 2022 qui a remporté

Christiane Chaulet Achour
17 mars


'Le Projet Barthes' de Sylvain Maurice et Vincent Dissez : « Tant que la langue vivra »
Le Projet Barthes (c) Christophe Raynaud de Lage On se souvient de la conférence-performance de Fanny de Chaillé Désordre du discours , à partir de la leçon inaugurale de Michel Foucault au Collège de France prononcée le 2 décembre 1970. Avec le comédien Guillaume Bailliart, tous deux avaient cherché à donner du corps à cette pensée à partir de l’archive. « Parce que penser c’est bouger, comment ça bouge quand ça pense ? » Dans une forme qui a, elle aussi, tout de la...

Delphine Edy
16 mars


Écrire la vie : la parole d’Annie Ernaux au cinéma avec Claire Simon et Judith Godrèche
Annie Ernaux (c) DR/Gallimard En tant que femme qui écrit et qui s’interroge sans cesse sur le sens du geste d’écrire, sur la narration à partir de soi, j’ai relu récemment la réflexion de Simone de Beauvoir selon laquelle il faut sortir de l’enfermement de soi et en soi pour faire un saut vers l’objectivité. Je trouve que cette réflexion est d’une telle actualité qu’elle se place au cœur du débat culturel et littéraire contemporain, précisément dans la période historique qu

Sara Durantini
16 mars


Pourquoi les hommes ont peur des femmes : entretien avec Chloé Thibaud
Chloé Tihibaud (c) Laurie Bisceglia Chloé Thibaud est journaliste et essayiste. Spécialiste des sujets de société et de culture, elle adopte dans ses travaux une perspective au féminin et, parce qu’elle a à cœur d'être accessible et de s'adresser au public le plus large possible, c’est la pop culture qui constitue principalement son terrain d’exploration. Longtemps en charge de la newsletter « La Pause Simone [1] », elle vient de lancer sa propre newsletter « L’Assertive ».

Delphine Edy
12 mars


Michèle Audin, l’écriture des traces
Michèle Audin (c) Mathieu Zazzo « Je pense qu’en littérature le jeu entre la rigueur et l’imagination et du même ordre qu’en mathématique » Michèle Audin, 2023 Ce mois de janvier 2026 a été publié un nouvel et dernier ouvrage de Michèle Audin (1954 – 2025), Berbessa - Mes ancêtres colons (éditions EHESS). Cette écrivaine, aux multiples passions, néanmoins convergentes, était tout à la fois mathématicienne, historienne et romancière, membre de l’Oulipo depuis 2009 et enga

Christiane Chaulet Achour
16 févr.


Œdipe-Roi de Eddy d’Aranjo : « Passez le mythe à la machine, faites-le bouillir… »
OEpide Roi (c) Simon Gosselin Dans le spectacle qu’il crée à l’Odéon Théâtre de l’Europe, Eddy d’Aranjo ne propose pas une énième mise en scène d’ Œdipe-Roi . Il crée un Après à Sophocle et pose avec détermination et fermeté l’impossibilité d’un inceste inaperçu, insoupçonné, inconscient. Dès lors, l’artiste remet en cause la dramaturgie de l’aveuglement. Il nous faudra donc avancer les yeux grands ouverts ! ***** Sur le large plateau des Ateliers Berthier, une machine

Delphine Edy
11 févr.


« Chiens » de Lorraine de Sagazan : quand la cantate se fait l’écrin d’une tragédie contemporaine
"Chiens" (c) Jean-Louis Fenrandez Quatrième volet d’une recherche au plateau autour des failles du système social contemporain, Chiens de Lorraine de Sagazan s’appuie sur l’affaire judiciaire French Bukkake [1] , du nom du site internet détenu par Pascal Ollitrault qui diffusait des vidéos pornographiques d’une extrême violence, mettant en scène de jeunes femmes recrutées par le biais d’annonces trompeuses, puis humiliées, torturées, violées, des actes relevant de l’exploit

Delphine Edy
9 févr.


ContinUuisme (Sur Laura Vasquez, Sarah Bernstein & Gaëlle Obiégly)
Laura Vasquez (c) Editions du sous-sol « Ici, rien à apprendre, le désert, un ruban de mots comme une piste sans fin, sans but, qui ne mène nulle part, et qui s'achèvera sans doute comme elle a commencé (...) » Nous pourrions remonter loin, jusqu'à la figure du précurseur Charles Péguy et jusqu'aux stances infinies de son Porche du Mystère de la deuxième vertu . Mais c'est un siècle plus tard qu'est à nos yeux posé l'acte fondateur du continuuisme : en 2003, à la parution ch

Guillaume Augias
4 févr.


L’Agonie des étoiles dans le ciel de Merzouga (Carnet de voyage dans le Sud marocain I)
(c) Jean-Michel Devesa Fin janvier, j’ai brièvement séjourné dans le Sud marocain avec un de mes (jeunes) parents, Guillaume Gauthier, un ethno-méthodologue et analyste conversationnel – élève de Lorenza Mondada –, en poste à l’université de Bâle. Au Maroc, chacun d’entre nous était déjà allé, à titre privé ou dans un cadre professionnel ; or, depuis une année, nous éprouvions l’un et l’autre le besoin de marcher dans le désert, Guillaume n’en avait jamais eu l’occasion et l

Jean-Michel Devésa
3 févr.


Marwan Makhoul, la permanence du poème politique
Marwan Makhoul (c) DR Quatre vers avaient suffi à le faire connaître du monde entier : « Pour écrire une poésie qui ne soit pas politique / Il faut que j’entende le chant des oiseaux / et pour que je l’entende / il faut que le bombardier se taise ». Dans l’introduction à son anthologie de la poésie gazaouie publiée l’année dernière, le poète marocain Abdellatif Laâbi signalait à juste titre le « retentissement mondial » de ces vers qui ont fait l’objet de nombreuses repr

Khalid Lyamlahy
2 févr.


Elvira Hernández : une poésie de la mesure à l'intersection des engagements (Tout ce qui vole n’est pas oiseau)
Elvira Hernández (c) DR Porte-parole de la résistance anti-Pinochet et autrice d’un recueil essentiel de poésie politique, cinglante critique de l’alibi nationaliste de la dictature, La bandera de Chile (« Le Drapeau du Chili », livre écrit en 1981, immédiatement après l’arrestation de l’écrivaine, et publié seulement dix ans plus tard), Elvira Hernández, née en 1951, n’est que la deuxième femme à avoir reçu le grand prix national de poésie de son pays. Jusqu’ici, son œuvre

Jan Baetens
28 janv.


Voyages au bout de la psyché. lx : variations & Ce qui m’a pris de Marcos Caramés-Blanco
Le jeune auteur Marcos Caramés - Blanco revient à Théâtre Ouvert en proposant deux spectacles radicaux et instables, des portraits fragiles et fragmentaires d’êtres fissurés, en prise avec une violence qu’il leur faut traverser pour mieux s’en affranchir. ***** En octobre dernier, sur la scène de la petite salle de Théâtre Ouvert, on avait quitté Alann et Valentin (un spectacle écrit à quatre mains avec Pauline Peyrade) sur cette citation du réalisateur Leos Carax : «

Delphine Edy
27 janv.
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