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Grégoire Sourice : « Pour continuer à écrire sur le lotissement et faire exister autrement mes avatars sur Le Bon Coin, j’ai compris qu’il fallait aller vers le roman »(SecondeMain)
Grégoire Sourice (c) Adrien Bardi Aucun doute possible : avec SecondeMain, Grégoire Sourice ne signe pas seulement son premier roman mais l’un des romans les plus remarquables de l’année. Paru aux éditions José Corti, ce récit, bref, incisif et elliptique, raconte l’histoire singulière de HB, jeune étudiant revenu chez ses parents, qui retrouve un ami d’enfance qui poste sur un site de revente en ligne, Seconde Main, des objets de toute sorte. Magnétique et ambiguë, leur amit

Johan Faerber
il y a 1 jour


La prison de fer sombre au soleil d'une hérésie - Notes sur "Théorie du navigateur solitaire" de Gilles Grelet
Photo du compte Twitter de Gilles Grelet (c) DR Hors du commun La lecture de Théorie du navigateur solitaire m’a rendu moins seul. Non que ma vie soit dépeuplée, ni celle d’un célibataire. Mais me voilà moins seul à oser déclarer une certaine forme de non-appartenance au monde - alors que ne s’affirme aujourd’hui que le contraire : l’appartenance totale, à la Terre ou à la nation, à une identité ou un groupe socio-économique, leur description sociologique valant pour impérat

Frédéric Neyrat
il y a 1 jour


« Capturer les spectres : les voix fantômes de Sandra Moussempès » Chambre obscura (1994-2026) et Cassandre phonographiée
Sandra Moussempès (c) Corinne Salen Ce printemps, Sandra Moussempès fait paraître aux éditions MF son anthologie, Chambre obscura, une anthologie « augmentée », accompagnée d’une annexe sonore sous forme de QR code, Cassandre phonographiée, d’une préface écrite par la poétesse elle-même, et de six postfaces d’universitaires et d’auteurices. Retraçant trente-deux années d’un parcours poétique marqué par l’étrange et le sortilège, l’énigme et le non-dit, Chambre obscura a la pa

Sasha Auffret
13 mai


Camille Ruiz : « Lorsqu’on est assignée à la classe des femmes, on est d’abord une femme, et un chien est d’abord un chien » (Un chien arrive)
Camille Ruiz & Ziggy (c) José Corti Avec Un chien arrive, Camille Ruiz signe un des livres parmi les plus importants de ces dernières années. Paru aux éditions José Corti, ce livre se présente comme une enquête autour de Camille Ruiz et de son chien si singulier, Ziggy avec lequel elle tisse dans son quotidien brésilien un lien affectif très fort. Loin de se limiter à un exploration de la relation maîtresse-chien, cet essai, qui est aussi une prospection biographique, dévoil

Johan Faerber
12 mai


Penelope Lively : Kaléidoscopie existentielle (Moon Tiger)
Détail de couverture Moon Tiger © L’Olivier Claudia a soixante-seize ans et même si elle est hospitalisée et oscille entre veille et éveil, elle reste celle qu’elle a été par le passé – quoique cela recouvre plusieurs versions d’elle-même. Historienne anticonformiste, volontiers frondeuse, femme enveloppée d’un glacis de froideur caustique qui cache des souvenirs brûlants et un cœur qui a battu trop vite, trop fort. Voilà Claudia faite chair grâce à ses mots – la Claudia d’h

Cécile Péronnet
12 mai


Agathe Charnet : « Face à la maladie, face à la catastrophe, face au drame, pour retrouver la joie, il faut refaire sens » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel Agathe Charnet vient de publier son premier « roman », Peut-être le hasard aux éditions Les corps conducteurs. Dans ce récit - dont Cécile Vallée s’est fait l’écho pour Collatéral en mars dernier –, elle revient sur la fin de vie de sa mère, professeure de philosophie, fauchée trop jeune par un Alzheimer précoce. Non seulement, l’autrice redonne à Marie-Pierre toute sa place de mère et de femme, en revenant sur le parcours de combattantes qu’el

Delphine Edy
6 mai


Marielle Hubert : « Mon livre est un lieu de recueillement puisque je ne sais pas s’il existe une tombe où aller déposer mon hommage » (Selon toi)
Marielle Hubert (c) Aurélie Foussard Beau et poignant : tels sont les mots qui viennet à l'esprit pour qualifier le troisième récit de Marielle Hubert, Selon toi qui vient de paraître chez POL. Après Ceux du noir et Il ne faut rien dire, la romancière propose ici de rendre hommage à Pascale Lemée, sa professeure de théâtre : Pascale l'aimée qui, vite, va lui offrir le goût des planches et de la plume. Soeur de Yann Lemée, le Yann Andréa de Duras, c'est aussi à l'oeuvre de Dur

Johan Faerber
5 mai


Eliot Ruffel : « L’écriture est un moyen de me confronter à des choix qui s’imposent dans la narration quand il serait parfois difficile de les faire dans la vie » (Pilote automatique)
Eliot Ruffel (c) Patrice Normand/L'Olivier Une grande et forte réussite : tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour qualifier le second roman d’Eliot Ruffel, Pilote automatique qui vient de paraître à L’Olivier. Après le formidable Après ça qui fut l’un des temps forts de la rentrée 2024, Eliot Ruffel revient avec un récit qui sonde à nouveau le malaise conjoint de la masculinité et des jeunes adultes dans ce personnage d’Oscar. Employé comme livreur d’électroménager, l

Johan Faerber
15 avr.


à Hélène Perlant, une lettre de loin
(c) Jean-Michel Devésa Depuis quelque temps, entre nous, chère Hélène, il est beaucoup question de lettres. Et pas seulement parce que désormais nous habitons à mille deux cents kilomètres l’un de l’autre. Ces lettres auxquelles je fais allusion, ce sont celles, « volées », qui traînent sur les manteaux des cheminées et qui demeurent invisibles à la semblance de celle qu’a imaginée Edgar Allan Poe ( The Pulaned Letter , 1844) et du commentaire desquelles bien des psychanalys

Jean-Michel Devésa
15 avr.


Vitaliano Trevisan : De la littérature de chantier (Works)
Vitaliano Trevisan (c) Tiziana Cera Rosco S’il est rare que les esprits de géométrie soient fins, et que les esprits fins soient géomètres, il est des auteurs qui rassemblent, selon une grâce devenue peu courante, une manière d’y mêler le génie technique à l’observation de l’esprit du temps qui faisait, jadis le bonheur de certains esprits de la Renaissance italienne. Avec une longueur de retard sur celle-ci, l’oeuvre de Vitaliano Trevisan, Works, parue en 2016 chez Einaudi

Edouard de Montvalon
14 avr.


Pablo Gubitsch : Quand les mots photographient le réel (Quitter Forbach)
Pablo Gubitsch (c) Hippolyte Cail Quitter Forbach est l’œuvre d’un primo-romancier, né en 1998, que la présentation de l’éditeur résume parfaitement : « Pablo a quitté Forbach, une petite ville du bassin minier lorrain, en 2017. Ses notes sont au cœur de ce récit, dans lequel il tente de maintenir en vie un passé pas si lointain mais déjà disparu, fait d’anecdotes, d’excitation, d’histoires incomplètes, d’espoirs et de désillusions. » C’est aussi une œuvre qui en évoque de

Jan Baetens
14 avr.


Entretien avec Lénaïg Cariou : "Prendre langue"
Lénaïg Cariou (c) DR les dires de Lénaïg Cariou sont nés d’un projet d’entretiens radiophoniques, avant de devenir une série de poèmes conversationnels. Ils proposent de travailler la parole recueillie comme un matériau, de faire de la poète non pas seulement celle qui parle, mais celle qui écoute, et retranscrit. Dans la retranscription poétique, des paroles se perdent, d’autres se modifient : c’est un résidu de paroles, passées au crible de la mémoire. Des traces de dia

Raphaël Sigal
8 avr.


Ocean Vuong : Parce que « la vie est belle » (L’Empereur de la joie)
Ocean Vuong (c) DR Hai – la « mer » en vietnamien – est arrivé dans le Connecticut à deux ans. Désormais jeune homosexuel, aspirant écrivain, endeuillé de bientôt vingt ans, « au beau milieu de la nuit de l’enfance », il n’arrive pas à se passer de la douce torpeur promise par la « magie des comprimés » opioïdes-poison. Il pleure Noah, mort trop tôt, et sa mère dont il s’est éloigné par crainte de la décevoir une nouvelle fois. Celle qui travaille dans un salon de manucure d

Cécile Péronnet
8 avr.


Ismaël Jude : « La poésie, ce ne serait pas revenir à la nature. Ce serait revivre la séparation et essayer de venir à bout de la scission de notre langage avec la nature. »(Une vie de Jasmin)
Ismaël Jude (c) Francesca Mantovani/Gallimard Avec Une vie de Jasmin, qui vient de paraître chez Verticales, Ismaël Jude signe un des plus beaux contes de printemps. Suivant Jasmine, fille-fleur, le récit se déploie, entre conte et fable, pour tracer la vie d'un personnage à fleur de peau, qui ne cesse de s'exposer à des métamorphoses au contact d'un monde qui peine à l'accueillir. Derrière le merveilleux de ce monde se donne à lire avec acuité une forte réflexion politique s

Johan Faerber
7 avr.


Michel Jullien : À l’écart et au-dessus du lot (Le Format d'un livre)
Michel Jullien (c) DR/Verdier Que la lecture du dernier ouvrage de Michel Jullien soit une expérience proprement jubilatoire, enthousiasmante comme peu le sont, c’est ce dont je ne pouvais douter après avoir assisté en janvier dernier à la lecture publique, en avant-première, au Théâtre de Saint-Nazaire, de quelques extraits du livre par un excellent comédien, Philipe Houriet. Peintre de mœurs Le titre pourrait laisser croire qu'il va s'agir d'un livre austère, ingrat

Jean-Claude Pinson
31 mars


Agathe Charnet : « On passe notre vie à cela, n'est-ce pas ? Faire résonner les instants aveugles au présent où l'on peut enfin tisser des indices » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel/LCC Agathe Charnet, dramaturge et metteuse en scène, choisit le roman pour raconter sa mère atteinte d’une maladie neurodégénérative précoce qui lui fait perdre l’usage complet du langage, afin de tenter de donner un sens à l’insensé, l’inconcevable, l’insupportable. « Quelque chose dont plus tard on pourra se souvenir. Quelque chose qu'il faudra peut-être un jour raconter pour poser une chronologie. Comme on le fait des générations après po

Cécile Vallée
30 mars


Valerie Fritsch : L'ogre, la sorcière et le rêveur amoureux (L’invention de la douleur)
Valerie Fritsch (c) Martin Schwartz Ce roman commence comme commencerait un conte, peuplé d’un ogre qui violente un enfant, d’une sorcière aux pommes rougissantes qui se croit « princesse sans couronne » et d’August, leur fils au corps parsemé de bleus, bientôt plongé dans un « grand sommeil », le visage blanc comme la neige, pantin de bois dont le cœur est meurtri sans qu’il ne comprenne vraiment pourquoi. [Il] cherchait à établir en avalant sa première gorgée de schnaps s

Cécile Péronnet
30 mars


Soundouss Chraïbi : Un entre-soi féminin (Le soleil se lève deux fois)
Soundouss Chraïbi (c) Gallimard « Je crée une fiction, encore une, dans cette histoire de souvenirs restitués, reconstitués, déformés. Une histoire de souvenirs perdus, et retrouvés trop longtemps après les faits pour être tout à fait fiables » (p. 182) Un premier roman est toujours une découverte intéressante quand on aime la littérature. D’autant plus quand il vient d’une plume qui s’est distinguée en critique littéraire. Journaliste pour le magazine marocain TelQuel (cr

Christiane Chaulet Achour
18 févr.


Aurélien Gautherie : Le pouls de Gjо́gv (L’enfant du vent des Féroé)
Aurélien Gautherie Ph. MATSAS / NOTABILIA Aux confins des Féroé, aux confins du monde, « posé au bord de l’eau, au milieu de nulle part », se dresse Gjо́gv, farouche village de pêcheurs qui abrite toujours quelques âmes et surtout le souvenir de celles qui y ont pleuré il y a des décennies de cela. Sa voix retentit dans les pages de ce premier roman – elle raconte les couleurs que l’on provoque et que l’on peint pour égayer les jours trop pâles, les vagues qui lèchent les ri

Cécile Péronnet
9 févr.


Jonas Sollberger : « La fuite me fascine, peu importe ce qui nous fait fuir » (Viens Elie)
Jonas Sollberger (c) Zazzo/Minuit Aucun doute possible : avec Viens Elie, son premier roman qui paraît chez Minuit, Jonas Sollberger signe l'un des textes les plus puissants de cette rentrée d'hiver. La veille de partir pour le recrutement militaire, le jeune Elie s'aventure dans la forêt qui entoure la maison familiale avec son oiseau, Moïse. Mais l'oiseau s'enfuit. Il disparaît. Débute alors une recherche de plus en plus fiévreuse qui ressemble à une fuite avant. Roman poét

Johan Faerber
2 févr.
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