top of page


Une traversée nocturne stroboscopique au cœur de l’absence : 'Des hommes endormis' de Martin Crimp / mise en scène Ludovic Lagarde
Crédit photo - Marie Gioanni La pièce de Martin Crimp, Des hommes endormis – initialement une commande de Katie Mitchell pour la troupe du Deutsches Schauspielhaus de Hambourg (2018), traduite en français par Alice Zeniter – met en scène deux couples dans un appartement bourgeois : Julia et Paul ont tout donné à leurs carrières respectives, leur métier a tout rempli, ou plus exactement – on le comprend au fil des minutes qui s’écoulent – tout vidé. Même dans leur espace vita

Delphine Edy
26 mai


Fariba Hachtroudi : Edition et (in)visibilité (Guerre en Iran - Journal de bord 2025-2026)
« Je me couche à deux heures du matin, avec en tête un vœu simple, banal : dormir. Pourquoi est-elle si belle la nuit, et la rivière d’étoiles qui se déverse sur nous ? Nul doute, le plus beau refuge du monde est la langue des poètes de mon pays » (p. 88-89). Fariba Hachtroudi a publié de nombreux essais et récits ; on peut l’entendre dans certaines émissions de radio, lire parfois ses articles dans la presse. Elle est connue donc comme écrivaine et surtout comme militante

Christiane Chaulet Achour
26 mai


L’effort de deuil et de trace dans l’œuvre d’Idir
Détail de couverture © Éditions du Rocher « Donne-moi la flûte et chante Car le chant est le secret de l’existence Et le sanglot de la flûte survivra Quand aura péri l’existence » Gibran Khalil Gibran « Cette petite flûte de nos montagnes Où la liberté s’engouffre S’unit au souffle du monde Et chante » Jean Sénac La force du mythe en littérature réside dans sa capacité, bien paradoxale, à évoquer des mondes qui, peut-être, n’existèrent jamais mais persistent au présent. Ré

Salah Améziane
20 mai


Sophie Fontanel : Le retour de la Sultane (Shéhérazade et la 602e nuit)
« Anahide n’avait rien fait d’autre avec moi que de m’ouvrir un destin […] Un livre, ça ne naît pas qu’à un endroit, ca naît d’une gerbe de concordances » (p. 253) Les Mille et une nuits sont un espace de création très particulier : le flou autour de leur naissance et de leur diffusion, leur construction précaire et fragmentée, leur résurrection par la traduction, par le rassemblement des textes et par leur voyage dans plusieurs langues expliquent, en partie, leur exception.

Christiane Chaulet Achour
18 mai


Louisa Yousfi : De quelle méthode s’agit-il ? (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) La Fabrique Une gaouria au pays du père : « - Comment ressaisir les vieilles protections ? Les formules, les gestes, les rituels ? -Il faut les réinterpréter. Non pas les mimer, mais les réactiver ». Louisa Yousfi est journaliste et écrivaine. En 2022, elle a publié Rester barbare. En 2024-2025, elle a été pensionnaire à la Villa Médicis. D’où ce livre. Lorsqu’on consulte le site de son éditeur, on voit le nombre assez impressionnant de rencontres dans tout

Christiane Chaulet Achour
11 mai


Annemarie Schwarzenbach – ange rebelle
Annemarie Schwarzenbach (DR) Avec la publication simultanée d’un recueil d’essais et de quatre inédits relatant les séjours à Paris d’Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) entre 1928 et 1930, les éditions Payot mettent à l’honneur l’ange rebelle[1]. Cette heureuse initiative éditoriale est complétée par une bio graphique témoignant du vif intérêt que suscite tant l’œuvre que le parcours de la célèbre écrivaine et photographe helvétique. Précédemment, le travail de María Castre

Christophe Solioz
11 mai


Madeleine Pelletier féministe : la nuance à son radical
Madeleine Pelletier (c) DR Radical. Étymologie : racine. Madeleine Pelletier, dans son féminisme, retourne au radical de la pensée : elle l’enracine dans des prémisses rigoureuses et une finesse chirurgicale, en dépit de ce qui survit de sa réputation de fauteuse de trouble virago : la femme sera libre, ou ne sera pas. Loin d’être une misandre dégainant pistolets et canifs à toute occasion, elle se montre en réalité particulièrement critique et nuancée vis-à-vis du « féminis

Pauline de Toffoli
4 mai


Evelyne Trouillot : Le nom du père, l’origine occultée (Sara Sans-Souci)
Evelyne Trouillot (c) DR Que devient un nom quand nul ne le porte » (p. 24) « Quiconque arrive ici sait que cette vaste demeure fut construite au début du XIXe siècle, pour un roi noir et par des Noirs tout juste sortis de l’esclavage. Ainsi, le voyageur est vite déchiré entre le sentiment de désolation qui façonne le présent de Sans-Souci et la conscience furtive d’une gloire révolue. Il y a si peu à voir ici, et tant à deviner. Quiconque arrive ici arrive trop tard, lon

Christiane Chaulet Achour
4 mai


à Hélène Perlant, une lettre de loin
(c) Jean-Michel Devésa Depuis quelque temps, entre nous, chère Hélène, il est beaucoup question de lettres. Et pas seulement parce que désormais nous habitons à mille deux cents kilomètres l’un de l’autre. Ces lettres auxquelles je fais allusion, ce sont celles, « volées », qui traînent sur les manteaux des cheminées et qui demeurent invisibles à la semblance de celle qu’a imaginée Edgar Allan Poe ( The Pulaned Letter , 1844) et du commentaire desquelles bien des psychanalys

Jean-Michel Devésa
15 avr.


Sarah Kechemir : Réenchanter le quotidien dans le fracas algérien (La vie au-dedans)
Sarah Kechemir (c) DR Premier recueil de nouvelles qui ont pris le temps de la maturation et du dépouillement, La vie au-dedans de Sarah Kechemir raconte les vies presque ordinaires de femmes algériennes et leurs luttes quotidiennes pour réclamer leurs voix. Pas de grandiloquence dans l’écriture de Sarah Kechemir, mais un effort constant pour donner à entendre des voix intérieures malmenées par les pressions sociales et les bouleversements de l’histoire. La vie-au-dedans ,

Walid Bouchakour
13 avr.


Maïssa Bey, trente ans de création
Maïssa Bey (c) DR C’est la couverture originale par son titre et son regard de l’album édité en 2008, préfacé par Maïssa Bey, que je propose à l’initiale de cet article ; regard original par rapport à ce que l’on entend habituellement sur l’Algérie : « Claire et Reno Marca sont allés à la découverte de l'Algérie d'aujourd'hui une Algérie colorée, surprenante, fraternelle, chaleureuse, vibrante de générosité et riche d'une diversité culturelle infinie ». Il ouvre ainsi le col

Christiane Chaulet Achour
13 avr.


Akram Belkaid : A contre-courant : de quelques préjugés, de quelques pratiques (Chroniques du ramadan - Voyage intimiste au cœur du jeûne)
« La surprise teintée de méfiance demeure de rigueur. Si ça jeûne, allez savoir ce que ça cache, ce que ça pense vraiment et, surtout, ce que ça pourrait commettre » Une nouvelle fois, le ramadan vient de se terminer. Mis en librairie en février, l’ouvrage d’Akram Belkaïd s’est adressé à un double public : celui des jeûneurs qui ne savent pas toujours le sens des rites et qui sont invités à réfléchir à leur pratique ; celui des non-jeûneurs, essentiellement les non-musulmans

Christiane Chaulet Achour
7 avr.


Carole Edwards ou le Maroc comme « patrie mentale » (Carnet de voyage dans le Sud marocain - II)
Carole Edwards (c) DR Carole Edwards n’est pas seulement une collègue, elle est une amie – au sens fort du terme, elle n’est en rien une relation. J’ai fait sa connaissance en 2016, lors du colloque international (« L’Espace caribéen, chaudron des Amériques : du déracinement et de la pensée de la « trace » au devenir historique et à ses représentations ») que j’ai co-organisé à Trinidad (à The University of West Indies) avec Savrina Chinien (laquelle avait été ma doctorante à

Jean-Michel Devésa
31 mars


Lucile Novat : « Les histoires fantastiques m’intéressent lorsqu’elles arrivent à capturer ce qu’on n’aurait pas su articuler dans un discours sagement déplié » (Voir venir)
Lucile Novat (c) Hugo Paturel Gothique, magnétique, fascinant : tels sont les trois mots qui viennent à l’esprit à la lecture de l’éclatante réussite que constitue le premier roman de Lucile Novat, Voir venir qui paraît ces jours-ci aux Éditions du sous-sol. Après De grandes dents qui offrait une réflexion sur le conte, Lucile Novat livre le récit de quatre pensionnaires de la Maison de la légion d’honneur à Saint-Denis qui vont évoluer entre les murs de cet internat élitiste

Johan Faerber
25 mars


Anne Bourrassé : « Démontrer chirurgicalement les processus de discriminations à l’œuvre dans mon milieu » (Les Refusées)
Anne Bourrassé (c) Astrid de Crollalanza Avec Les Refusées. Les artistes femmes n’existent pas (Seuil, janvier 2026), Anne Bourrassé propose un essai aussi incisif que nécessaire, qui s’attaque aux angles morts de l’histoire de l’art. Critique d’art et curatrice d’exposition, elle y met au jour les mécanismes d’invisibilisation qui ont durablement relégué les artistes femmes hors du récit dominant, en interrogeant les conditions mêmes de la reconnaissance et de la légitimité

Simona Crippa
24 mars


Fanny Taillandier : « Je crois que la littérature romanesque, c’est toujours aussi confronter les enjeux moraux les plus absolus à une réalité matérielle concrète » (Sicario Bébé)
Fanny Taillandier (c) Leslie Moquin/Rivages Avec Sicario Bébé, paru chez Rivages, Fanny Taillandier achève de s’imposer comme l’une des voix majeures de notre littérature contemporaine. Nouvelle pièce de son cycle romanesque des Empires, ce roman, bâti comme un polar marxiste, présente l’histoire d’un couple d’adolescents, Djen et Blaise, qui attendent un enfant mais qui, encore scolarisés, sont contraints de sombrer dans la délinquance pour subvenir aux besoins du futur nouv

Johan Faerber
23 mars


« Forcenés » : Une échappée performative qui fait du mythe cycliste un moment fragile où poésie et performance se conjuguent dans un véritable contre-la-montre
Avec Forcenés , le metteur en scène Jacques Vincey adapte pour la scène théâtrale – avec délicatesse et intensité – la déclaration d’amour au cyclisme de Philippe Bordas [1] et offre à Léo Gardy, jeune comédien et ancien coureur de haut niveau dans l’équipe junior du Limousin, un rôle à sa pleine mesure. Dans une course soutenue où la démesure des mots se conjugue à celle de l’effort physique, les artistes créent une tension maximale pour sonder l’économie du désir de ces ch

Delphine Edy
23 mars


Mascare : « Je ne souhaite pas être un étendard, je ne porte pas la mémoire de tous les harkis, de tous les humiliés, j’ajoute ma pierre à l’édifice » (Belgazou)
Mascare (c) Teresa Suarez C’est sans doute l’un des plus grands chocs littéraires de cette saison sinon de ces dernières années : avec Belgazou, son premier texte qui paraît chez Corti, Mascare signe une véritable déflagration. A mi-chemin entre l’enquête personnelle et l’investigation généalogique, Mascare fore la mémoire des siens, celle d’une petite-fille de harki qui porte le poids de « la déjà vieille guerre des années 60, 1960 ». Au cœur d’un pays déchiré par l’extrême

Johan Faerber
18 mars


Arundhati Roy : « Lisez donc ce livre comme si c'était un roman. Il n'a pas de plus vaste ambition » (Mon refuge et mon orage)
Arundhati Roy (c) Gallimard C’est ce que conseille l’autrice indienne au lecteur de ce récit autobiographique qui raconte sa relation avec sa mère, une femme aussi féroce que généreuse et engagée. Il est aussi question de son propre parcours d’écrivaine, elle qui a obtenu un succès planétaire avec son premier roman Le Dieu des petits riens , et qui a consacré sa plume à des combats importants dans son pays, le troisième personnage de ce récit romanesque, donc, qui dit la com

Cécile Vallée
18 mars


Emmanuelle Walter : « Le féminicide autochtone canadien est un exemple paroxystique parmi d’autres de la guerre mondiale faite aux femmes »
Emmanuelle Walter © Lynn S.K. Avec Sœurs volées, enquête sur un féminicide au Canada (Lux Éditeur, 2014), Emmanuelle Walter propose un récit rigoureux et engagé sur l’une des violences structurelles les plus persistantes du Canada contemporain : les disparitions et assassinats de femmes et de jeunes filles autochtones. À partir du cas de deux adolescentes anishnabées, Maisy Odjick et Shannon Alexander, disparues au Québec en 2008, l’autrice met en lumière, à travers une inv

Simona Crippa
17 mars
bottom of page